30 septembre 2024

Agnès Varda : ses correspondances, son lien avec le Palais Idéal d'Hauterives, pour Christophe

Comment ne pas mettre en lumière cet aspect là de la personnalité d'Agnès, alors que je suis mail-artiste et que rien ne saurait me faire plus plaisir que de recevoir du beau courrier avec quelques mots d'un correspondant ou d'un ami? Lorsqu'elle vivait encore,  j'ai été tentée d'adresser un courrier d'art postal à Agnès pour la remercier de son oeuvre et pour lui signifier toute mon admiration, mais finalement je n'ai pas osé :  j'ignorai totalement qu'elle avait aussi cette passion-là.

 le Palais Idéal du Facteur Cheval à Hauterives dans la Drome :Photo Frederic JOUHANIN-Le Labo
Quelques photos de l'exposition  "Correspondances d'Agnès Varda" de 2020 tenue dans le Palais idéal du Facteur Cheval - Photos Origins Studio 
Je choisi d'illustrer cet aspect-là de cette artiste si inspirante pour mon ami Christophe Blaise, proche  de la Drome et de  Hauterives, qui a lui aussi un lien particulier avec le Facteur Cheval et son Palais, et qui a créé dans son jardin un mini-musée de l'Art Postal : le MIAP.

J'espère que ce nouveau mail-art te plaira Christophe et que tu le recevras sans souci. Passes un bel automne dans de jolies couleurs au coeur du Vercors.

*** "Agnès Varda Correspondances: exposition au Palais du Facteur Cheval ***

En 2020, Le Palais Idéal, à Hauterives dans la Drôme, a proposé une étonnante exposition autour de la passion d'Agnès Varda, pour  les correspondances, pour les lettres, les cartes postales et les facteurs qui traversent souvent ses films. Agnès Varda a toujours été très attachée à l’œuvre du Facteur Cheval et a aimé revenir visiter son Palais Idéal à de nombreuses reprises depuis les années 50. 

Tournée géniale :
Les points de convergences entre Agnès et Ferdinand ne manquent pas : inlassables constructeurs d’une œuvre unique dont ils furent les précurseurs (l’une de la Nouvelle Vague, l’autre d’un courant architectural naïf), ils vouaient pour des raisons diverses un attachement particulier à l’acte épistolaire. Nul besoin d’en dire plus pour Cheval, facteur rural de son état ; pour Agnès en revanche, écrire ou recevoir du courrier procédait d’une cérémonie entre l’intime et l’extime — n’a-t-elle pas, à de nombreuses reprises dans ses fictions ou documentaires, représenté des missives et des facteurs à l’écran ? Échangeant avec des spécialistes du mail art ou du m@il art que sont Kikie Crêvecour ou Chris Marker, conservant les plis de ses expéditeur célèbres (Calder…) ou anonymes, collectionnant les cartes postales thématiques (les “Pensées“, les “Annonciations“…), allant jusqu’à entretenir une correspondance forcément univoque car posthume avec son défunt époux Jacques Demy (à l’adresse du cimetière du Montparnasse !), cette archiviste du quotidien faisait de la conversation scripturaire une relation merveilleuse qui, en ces temps de « distanciation sociale » stupéfie par son actualité.

Cette exposition "Agnès Varda Correspondances" a mis à jour les liens qui unissaient Agnès à ce lieu unique à travers son goût pour les relations épistolaires, sa passion pour les cartes postales, ses références à la figure emblématique du postier-facteur qui traversera souvent son œuvre cinématographique et documentaire.

Des photographies d’Agnès Varda et œuvres en lien avec certains de ses films comme Les glaneurs et la glaneuse ou Deux ans après ont été présentées ainsi que de nombreuses pièces de sa collection personnelle : lettres échangées avec des artistes tels Calder, Pierre François ou Chris Marker, collections de cartes postales anciennes, témoignages de spectateurs qui ont aimé ses films.

Des personnes connues ou inconnues ont alimenté ce plaisir postal tout au long de sa vie comme en témoignent de nombreux documents, art-mails ou cadeaux d’art modestes, témoins créatifs et ludiques mis en correspondances.

Agnès Varda était fascinée par le Palais Idéal du Facteur Cheval. Architecture fantastique, construite avec des pierres ramassées dans les chemins et un imaginaire fou. "Les facteurs sont des messagers du destin", disait la cinéaste. Le Facteur Cheval renvoie à l'image des glaneurs qui ramassent des pommes de terre ; autre passion symbolique et poétique d'Agnès Varda. 

Dans l'exposition, l'immense image du facteur Jacky Patin qui était collé sur les murs de Bonnieux, pour le film "Visages Villages " avec JR. Magnifiques; les lettres et les enveloppes dessinées par Calder. Très émouvantes, aussi, ces cartes qu'Agnès Varda écrivait à Jacques Demy et adressée au cimetière du Montparnasse, c'était pour un projet de livre. Avec cette phrase tendre et espiègle : J'ai bien aimé être la moitié d'un Demy !

Sources texte et photographies : 
- extrait d'article de Vincent Raymond du 29-05-2020, paru dans la rubrique Expo du Petit Bulletin de Lyon 
- extrait d'un article sur le magazine Connaissance des Arts 

Agnès Varda et son amour des chats, pour Marc

Pour parler des chats d'Agnès Varda , je ne pouvais omettre d'adresser un mail-art à Marc, lui qui aime tant les chats et les dessine ou peint, dans toutes les attitudes. Voici donc ce qui lui est destiné, je ne sais pas encore s'il aime ou non les réalisations multiples de cette artiste protéiforme, toujours curieuse et enjouée jusqu'à la fin de sa vie. 

Les photos des chats d'Agnès avec ou sans elle sont à mettre au crédit de Ciné-Tamaris tout comme la reproduction du logo/la vitrine avec les chats est une photo de l'exposition Viva Varda publiée par Sortir à Paris 

Dans le portrait chinois d'Agnès Varda, à la question "quel animal auriez vous voulu être?", la réponse fuse aussitôt : "un chat ". Autour d'elle et dans toutes ses oeuvres, le chat est très souvent présent. Pour commencer il trône en maître sur le logo de sa société de production Ciné-Tamaris 

Ci-après Agnès nous présente sa chatte Zgougou qui est un peu envahissante dans les studios de Ciné-Tamaris 
Vidéo hommage à Zgougou, publiée sur la chaine Youtube de Gristal
Le félin est présent dans ses installations comme ici, avec le tombeau de Zgougou abrité dans une cabane dans le jardin de la Fondation Cartier pour l'Art Contemporain de  Paris. La cabane est réelle, le tumulus à l'intérieur aussi,  mais c'est une vidéo qui passe, filmée sur le vrai tombeau de la chatte qui repose  dans l'Ile de Noirmoutier. 
Agnès Varda et Vinciane Despret - Rencontre à côté du Tombeau de Zgougou - 2016
Vidéo publiée sur la chaine Youtube de la Fondation Cartier pour l'Art Contemporain
Rencontre dans le jardin de la Fondation Cartier entre Agnès Varda (artiste) et Vinciane Despret (philosophe, éthologue, anthropologue des éthologues, auteure au catalogue de l'exposition Le Grand Orchestre des Animaux). Dans la collection de la Fondation Cartier, une œuvre d'Agnès Varda, Le Tombeau de Zgougou, perpétue, tel un temple protecteur dédié à l'esprit des animaux de compagnie, la mémoire de sa bien-aimée et à jamais regrettée chatte Zgougou. Agnès Varda Le Tombeau de Zgougou, 2006 Installation vidéo Durée : 3 min 40 (en boucle) Musique : Steve Reich, Pour cordes (avec vents et cuivres) Collection Fondation Cartier pour l'art contemporain, Paris Entretien réalisé dans le cadre de l' exposition Le Grand Orchestre des Animaux présentée du 2 juillet 2016 au 8 janvier 2017 à la Fondation Cartier pour l'art contemporain Du 2 juillet 2016 au 8 janvier 2017, la Fondation Cartier pour l'art contemporain présente Le Grand Orchestre des Animaux, inspiré par l'œuvre de Bernie Krause, musicien et bioacousticien américain. L'exposition, qui réunit des artistes du monde entier, invite le public à s'immerger dans une méditation esthétique, à la fois sonore et visuelle, autour d'un monde animal de plus en plus menacé.

ou bien dans les Jardins de Chaumont sur Loire en 2019, avec l'arbre à Nini, l'une de ses trois ultimes installations puisqu'Agnès s'éteindra le jour de l'inauguration.
crédit photos : Frédérique Lecomte /ONF

Commentaires de l'article de l'Office National des Forêts : à 90 ans, la célèbre réalisatrice de cinéma, photographe et "jeune plasticienne" comme elle aimait se définir, venait d'inaugurer un triptyque reliant l'art et la nature au festival Saison d'art au domaine de Chaumont-sur-Loire. Pour l'une de ces œuvres, intitulée "L'arbre de Nini", Agnès Varda a utilisé une souche d'arbre offerte par l'ONF. Cet épicéa renversé par le vent, provenant de la forêt domaniale de Raismes (Nord), a été utilisé pour rappeler l'arbre de la cour de sa maison à Paris, sur lequel sa chatte Nini aimait grimper.

On retrouve les minets partout sur des photos représentant l'artiste rue Daguerre  :
    
A gauche, avec Zgougou, à droite avec Nini - Crédit photos Ciné Tamaris

et bien entendu ils étaient bien présents à la superbe exposition de l'an passé à la Cinémathèque de Paris Viva Varda dont je vous ai parlé déjà parlé, où figurait en vitrine sa collection de chats!

A écouter Agnès parler de ses chats disparus, et de l'attention qu'elle leur porte encore, on sent combien cette femme est pétrie d'humanité et sait traduire avec force toutes ses émotions pour les sublimer et les transformer en des créations qui nous touchent toutes et tous, qu'elle qu'en soit la forme.

Merci Agnès, quel cadeau ce fut de pouvoir te connaître (pas en vrai, mais j'aurai bien aimé) à travers tes nombreuses oeuvres. Tu aimes les gens, tu aimes les animaux, tu aimes la vie! merci!

Agnès Varda, une artiste engagée pour les droits des femmes, pour Chantal

Pour ma correspondante Chantal, j'ai voulu réaliser un mail-art représentant tout l'engagement d'Agnès Varda pour la cause des femmes, une constante dans son oeuvre  aussi une des raisons pour laquelle je me sens proche d'elle. 

Carlos Santos, Delphine Seyrig et Agnès Varda lors d’une manifestation féministe, vers 1972. © Carlos Santos / article de Libération sur les photos et les noms des signataires dit Manifeste des 343 salopes /
photo du film L'une chante l'autre pas droit Ciné-Tamaris -

Si sa dernière apparition forte sur le sujet remonte à 2018 où 80 femmes cinéastes et actrices se sont installés sur les Marches du Palais du Festival de Cannes pour dénoncer les brimades et le sexisme  dont elles sont victimes dans l'industrie du cinéma (après l'affaire Weinstein et l'arrivée du mouvement Me Too en France), Agnès Varda a toujours été du coté des femmes, pour qu'enfin elles soient reconnues à leur juste valeur et libres. 

Agnès Varda – Montée des Marches de 82 femmes au Festival de Cannes 2018 – © Alberto Pizzoli/AFP

Dans ces combats-là, Agnès Varda n'a jamais désarmé : cette volonté était en elle, toute jeune déjà elle n'a pas accepté le prénom que ses parents lui avait attribué (Arlette car conçue à Arles), elle a préféré se choisir celui d'Agnès.

Dans son métier, très vite elle a compris qu'il lui fallait être autonome pour être libre : elle a toujours mené sa vie comme elle l'entendait, personnelle comme professionnelle. Enceinte de Rosalie, elle a fait le choix de quitter son compagnon, pour vivre sa grossesse et élever son enfant seule.

Elle ne voulait pas se soumettre aux volontés des sociétés de production classiques qui auraient interférer sur sa manière de procéder. C'est pourquoi elle a créé très vite créer sa propre société de production Tamaris-Films devenue Ciné-Tamaris, même si ses choix lui ont occasionné forcément de nombreuses galères de financement.

Agnès s'est battue pour le droit à la contraception,  pour le droit à l'IVG, elle a défilé aux cotés de Delphine Seyrig et de Gisèle Halimi pour que ne se reproduise plus des drames comme celui enduré par Marie-Claire qui fut exposé lors du procès de Bobigny. Elle figurait sur la liste des femmes ayant eu le courage d'affirmer avoir avorté publié sous le titre des "343 salopes" dans le journal Le Nouvel Obs en 1971. 

Son film "L'une chante, l'autre pas", traite justement de cette question du droit de disposer de son corps et de choisir si l'on veut ou non d'une maternité. 

"S'il y a une lutte racontée dans ce film c'est celle pour la contraception, pour la liberté sexuelle ou corporelle des femmes. Dans l'histoire de cette lutte, le procès de Bobigny -qui a abouti à la loi Simone Veil autorisant la contraception- est plus important que 68." Agnès Varda

*** réflexions d'Agnès Varda sur les femmes et le cinéma ***

La cinéaste française Agnès Varda s'exprime sur la place des femmes dans le cinéma alors qu'elles sont désormais totalement acceptées en tant que réalisatrices et scénaristes. Une interview diffusée dans Lucarne ovale le 3 mars 1978 - Vidéo publiée par les archives de la RTS


Agnès Varda et le féminisme - Vidéo publiée sur la chaine Youtube Ciné-Tamaris 

Les plages d'Agnès Varda : auto-documentaire pour Sylvie

Bien qu'elle ne soit pas une "fille du bord de mer", je suis sûre de faire plaisir à ma correspondante du Jura, car il me semble avoir déjà discuté avec Sylvie de la carrière et des films d'Agnès Varda,  pour laquelle elle a aussi beaucoup d'admiration. 

C'est du film "Les plages d'Agnès" dont il est question ici : j'ai réalisé un mail-art sur un fond de dentelle beige clair, comme la couleur du sable, Pour plus de vraisemblance, j'y ai rajouté un petit coquillage et un brin d'algue séchée.

Les droits des photos tirées du film et celle du DVD Les plages d'Agnès appartiennent   à Ciné-Tamaris  

« Si on ouvrait des gens, on trouverait des paysages. Si on m'ouvrirait moi, on trouverait des plages" se plaisait à dire Agnès

Synopsis : En revenant sur les plages qui ont marqué sa vie, Varda invente avec Les Plages d’Agnès une forme d’auto-documentaire. Agnès se met en scène au milieu d’extraits de ses films, d’images et de reportages. Elle nous fait partager avec humour et émotion ses débuts de photographe de théâtre, puis de cinéaste novatrice dans les années 1950, sa vie avec Jacques Demy, son engagement féministe, ses voyages à Cuba, en Chine et aux États-Unis, son parcours de productrice indépendante, sa vie de famille et son amour des plages. 

Une partie très importante de son existence est jalonnée par les plages où elle a des souvenirs forts : de celle de la mer du Nord  à Knokke le Zout ou à la Panne de sa tendre enfance, à celles de Sète dans sa jeunesse, puis plus tard, les plages de Noirmoutier que lui fit connaître Jacques Demy, d'autres rivages plus lointains lorsqu'elle se rendit avec son mari à Los Angelès dans les années 65-66.

 de gauche à droite : Plage de Knokke le Zoute (site de la Saison bleue) / plage de Sète / plage de Los Angelès, plage de Noirmoutier La Guérinière

En plus des plages déjà citées, Agnès poussa le bouchon jusqu'à créer une plage à Paris, au bout de sa rue. Après s'être fait livré tout un camion de sable, elle a installé tout le staff de son équipe de production de Ciné-Tamaris, dans une sorte de Daguerre-Plage (par analogie avec le fameux Paris-Plage). Ce film déborde de fantaisie tout en retraçant le parcours si riche de cette belle artiste.

Daguerre-Plage avec toute l'équipe de Ciné-Tamaris - tiré du film les Plage d'Agnès - droits photographiques : Ciné-Tamaris

Agnès Varda et les fresques murales, pour Michèle

Comme elle est très passionnée et amatrice de street-art, c'est à ma correspondante Michèle que j'ai pensé pour ce nouveau mail-art, où j'ai voulu mettre en avant la manière dont Agnès Varda s'est enthousiasmée par les peintures murales qu'elle a découvertes à Los Angeles lors de son séjour états-unien au mitant des années 60. 

Fresques murales de Los Angeles et du DVD du film "Mur Murs" - crédit photo Ciné-Tamaris
Photo de la Fresque de JPC, auteur de la photo Lionel Gripon pour le site https://www.trompe-l-oeil.info/ 

Chère Michèle, je t'en souhaite une bonne réception ainsi qu'un beau début d'automne. 

*** Le film Mur Murs  ***

Dans son film "Mur murs" sorti en 1980, Agnès dresse "un portrait de Los Angeles par ses peintures murales, cela représente la vitalité des habitants qui ont quelque chose à dire, dans notre civilisation on a perdu ce sens spontané de l'art, ces peintures disent des choses, elles rouspètent, ce sont des peintures de revendication...". On y rencontre à la fois des habitants du quartier qui racontent comment ils vivent dans cet environnement, on y voit des oeuvres qui peuvent être hautes de plusieurs étages ainsi que les artistes qui les ont peint et leur motivation. C'est alors un lieu d'expression privilégié pour les minorités, principalement des latinos et chicanos,  dans cette grande ville multiculturelle.

Cette déambulation et cette curiosité pour les gens ordinaires et pour l'art qui s'écrit sur les murs (comme au temps de la préhistoire) résument encore une fois tout ce que j'apprécie chez Agnès, dans une exubérance et un foisonnement de couleurs, ici. Plutôt que de raconter la ville de Los Angeles, capitale du cinéma et son mythique quartier d'Hollywood, ce sont les petites gens encore une fois qui l'ont immédiatement séduite.

Voici le livret sur les fresques murales de Los Angelès du film Mur Murs d'Agnès Varda 
En parallèle, je montre une fresque qui a été réalisée l'année d'après sa disparition par l'artiste JBC dans une rue du 14e arrondissement de Paris, son quartier de prédilection : elle y est représentée ainsi que certaines figures de ses films (cf. ci-dessous).

*** la fresque hommage à Agnès Varda ***
Auteur de la fresque JBC, auteur de la photo Lionel Gripon pour le site https://www.trompe-l-oeil.info/ 

Jean Baptiste Colin alias JBC est un artiste français qui utilise des couleurs chaudes et des éléments végétaux dans ses fresques. Ce choix rappelle l'importance des tropiques dans l'imaginaire de l'artiste, fruit de ses nombreux voyages en Amérique latine.
Il nous propose une longue fresque rendant hommage à Agnès Varda, de gauche à droite on peut voir :
- Agnès Varda (1928 – 2019) : Photographe et réalisatrice de cinéma
- Cléo de 5 à 7 avec Corinne Marchand : Un film d’Agnès Varda sorti en 1962.
- Le lion pour « Le lion volatil », un court métrage d’Agnès Varda avec Julie Depardieu de 2003.
- Les personnages de la partie droite sont les commerçants de la rue Daguerre et le magicien Mystag présents dans le film Daguerréotypes (film d’Agnès Varda de 1975). Daguerréotypes est long métrage documentaire qui se situe entre les numéros 70 et 90 de la rue Daguerre (à 200 mètres de la fresque) (clichés du 22/08/2020).

Localisation : Rue Charles Divry & Rue Boulard, Paris 14ème (Dépt 75 – Paris)
Date de réalisation : Juillet 2020

*** La Grande Muraille de Los Angeles ***
extrait d'un article relevé sur le site de SPARC (Art- Création de Sites de mémoire publique depuis 1976)

La Grande Muraille de Los Angeles est l'un des véritables monuments culturels de Los Angeles et l'un des monuments les plus respectés et les plus grands du pays en matière d'harmonie interraciale. Premier projet d'art public de SPARC et véritable pièce maîtresse de son projet, la Grande Muraille est une représentation picturale historique de l'histoire des peuples ethniques de Californie de la préhistoire aux années 1950, conçue par la directrice artistique et fondatrice de SPARC, Judith F. Baca. Commencée en 1974 et achevée sur cinq étés, la Grande Muraille a employé plus de 400 jeunes et leurs familles issus de milieux sociaux et économiques divers, travaillant avec des artistes, des historiens oraux, des ethnologues, des universitaires et des centaines de membres de la communauté.

Sa longueur d'un demi-mile (830 m) dans le canal de contrôle des crues de Tujunga dans la vallée de San Fernando, avec son parc et sa piste cyclable, accueille des milliers de visiteurs chaque année, offrant un hommage vibrant et durable aux travailleurs de Californie qui ont véritablement façonné son histoire. En 2000 et 2001, SPARC a reçu la reconnaissance et le soutien de la prestigieuse initiative Animating Democracy: The Role of Civic Dialogue in the Arts de la Fondation Ford et de l'initiative Partenariats Affirming Community Transformation de la Fondation Rockefeller. En 2013, elle a également reçu une subvention de 90 000 $ du National Endowment for the Arts pour poursuivre les travaux sur la Grande Muraille, organiser des séances de dialogue civique et, finalement, concevoir les quatre décennies restantes du siècle (des années 1960 aux années 1990).

La restauration de la fresque, un besoin crucial, et la poursuite de la réalisation de futurs panneaux réalisés par la prochaine génération d'enfants de la Grande Muraille demeurent un programme vital et permanent de SPARC. Nous lançons actuellement une importante campagne de collecte de fonds pour restaurer, agrandir et créer un parc à usage complet sur la Grande Muraille, établissant ainsi le site comme une destination éducative et culturelle internationale.

Un message personnel de Judy Baca :« En 1975, alors que la Grande Muraille n’était encore qu’un rêve, je n’aurais jamais imaginé qu’elle me ferait vivre, ainsi qu’aux plus de 400 jeunes « Mural Makers » et aux 35 autres artistes de mon équipe, une série d’expériences aussi émouvantes. Je n’aurais pas non plus pu imaginer que 27 ans après la première application de la peinture sur le mur, ce serait encore un travail en cours.
Lorsque j’ai vu le mur pour la première fois, j’ai imaginé un long récit d’une autre histoire de la Californie, une histoire qui inclurait des ethnies, des femmes et des minorités qui étaient si invisibles dans les récits classiques des manuels scolaires. La découverte de l’histoire des peuples multiculturels de Californie a été une révélation pour moi comme pour les membres de mes équipes. Nous avons appris chaque nouvelle décennie d’histoire par épisodes d’été : les années 20 en 1978, les années 30 en 1980, les années 40 en 1981 et les années 50 en 1983. Chaque année, nos visions se sont élargies au fur et à mesure que les images parcouraient le mur. Tandis que notre perception de la place de nos familles individuelles dans l’histoire prenait forme, nous sommes devenus une famille les uns pour les autres. Travailler à la réalisation d’un objectif commun difficile a modifié notre compréhension mutuelle et, surtout, de nous-mêmes.
J'ai conçu ce projet en tant qu'artiste qui s'intéresse non seulement aux considérations esthétiques physiques d'un espace, mais aussi aux problèmes sociaux, environnementaux et culturels qui affectent le site. Je ne suis pas une assistante sociale, même si les gens me qualifient à tort de telle, et je ne suis pas une enseignante, même si j'ai des compétences pédagogiques. Je m'appuie sur des compétences que les artistes n'utilisent pas normalement. J'ai autant appris que j'ai enseigné des jeunes que j'ai eu la chance de connaître en travaillant à leurs côtés. Ils m'ont appris, entre autres, à rire de moi-même, à mettre du plaisir dans le travail acharné et à ne pas avoir peur de croire en quelque chose. Je leur en suis extrêmement reconnaissante.
Ce qui m’a le plus marqué dans l’expérience de la Grande Muraille, c’est peut-être le courage des individus qui ont enduré, qui ont parlé et qui ont surmonté des obstacles apparemment insurmontables. C’est vrai pour les gens que nous avons représentés et pour nous-mêmes, les créateurs de fresques murales" – Judith F. Baca

Vidéo de SPARC: Great Wall of LA: Bill Moyers-Creativity in America- 
Segment historique sur la Grande Muraille de Los Angeles de l'exposition de Bill Moyer « Creativity in America ». 1976-présent : La Grande Muraille de Los Angeles, un projet de fresque/d'éducation de 800 m de long, est l'un des véritables monuments culturels de Los Angeles et l'un des monuments les plus respectés et les plus grands du pays en faveur de l'harmonie interraciale. Premier projet d'art public de SPARC et sa véritable pièce de signature, la Grande Muraille est une représentation picturale historique de l'histoire des peuples ethniques de Californie de la préhistoire aux années 1950, conçue par la directrice artistique et fondatrice de SPARC, Judith F. Baca. Commencée en 1974 et achevée en six étés, la Grande Muraille a employé plus de 400 jeunes et leurs familles d'horizons sociaux et économiques divers travaillant avec des artistes, des historiens oraux, des ethnologues, des universitaires et des centaines de membres de la communauté.

Vidéo de PBS NewsHour : reportage sur la Gande Muraille et son instigatrice 
Comment les peintures murales de Judy Baca aident à reconstruire l'histoire grâce à la mémoire publique.

En visualisant ce reportage, je me dis que décidément cette artiste muraliste aurait bien plu à Agnès Varda si elles avaient pu se croiser.

Agnès Varda : la rue Daguerre et Paris 14ème, pour Michèle

Rue Daguerre, tout le monde savait où habitait Agnès Varda. Elle y était arrivée comme jeune photographe, à la recherche d’un atelier d’artiste. Elle en fit donc sa maison, y vécut avec Jacques Demy et ne l’a plus jamais quittée, jusqu’à ses derniers instants. Elle racontait en s'amusant "Il m'est arrivé de recevoir du courrier ainsi libellé : 'Agnès Varda Paris 14e'.»
 La maison d'Agnès au 86 de la rue Daguerre -  Crédit : François Kerlou via Instagram
Je suis certaine que Michèle ma correspondante parisienne apprécie comme moi l'oeuvre protéiforme de d'Agnès Varda. 
Photo de la place Jacques Demy trouvée sur le site "sortir à Paris 
 Corinne Marchant dans Cléo de 5 à 7 circulant boulevard du Montparnasse / Agnès circulant rue Daguerre, devant sa maison ou dans son patio au 86 de la rue Daguerre : crédit photo Ciné-Tamaris


C'est pourquoi je lui destine cet art postal textile consacré aux lieux de Paris qu'elle affectionnait tout particulièrement et lui en souhaite bonne réception.

*** Le Paris d'Agnès Varda ***

Paris, 1947. Une toute jeune bachelière du nom d’Arlette Varda arrive en ville. Sans repère. La petite belge qui a grandi à Sète, est montée à la capitale pour étudier la photographie aux Beaux-Arts, puis l’histoire de l’art à l’école du Louvre.

Entre elle et la Ville-Lumière, le coup de foudre n’est pas immédiat. Elle arpente les arrondissements à pied, à la recherche d’un endroit où bâtir son cocon et son atelier. C’est finalement dans le XIVe arrondissement, au 86 de la rue Daguerre qu’elle pose ses valises pour les 70 prochaines années. “En 1951, j’étais jeune et photographe et je cherchais un atelier dans ce quartier, populaire et artiste (…) Dans les annonces de fonds de commerce, j’ai trouvé un duo : une boutique d’encadrement qui se prolongeait par les ateliers avec, en haut, une grande pièce pour la dorure et une épicerie récemment fermée. Entre les deux, une ruelle. Le tout dans un état de demi-taudis avec pour seul sanitaire un cabinet à la turque dans la cour. L’espace m’a plu et j’ai imaginé vivre là. Daguerre, né avec la Révolution française, me protégerait." avait-elle expliqué dans Libération. Au fil du temps, l’artiste devient l’emblème de ce quartier aux allures de village. Elle disait d’ailleurs : “je n’habite pas Paris, j’habite Paris 14ème”. À sa mort en 2019 à l’âge de 90 ans, ses voisins et les commerçants environnants se souvenaient avec émotion de cette petite femme, souriante, accessible et définitivement moderne.

Lieu d’inspiration perpétuel : Le quartier Montparnasse est un terrain de jeu et une source d’inspiration inépuisable pour Agnès Varda . En 1961, elle y plante le décor de son deuxième long-métrage Cléo de 5 à 7. On y suit la déambulation d’une jeune femme, qui doit attendre les résultats de ses examens médicaux. Elle craint d’être atteinte d’un cancer, prédit auparavant par une cartomancienne. Dans ce parcours filmé en temps réel, la jeune chanteuse passe par la rue Delambre, la rue Huyghens où se trouve son appartement ou encore au café du Dôme, à l’intersection entre le boulevard Raspail et le boulevard Montparnasse. Le parc Montsouris avec ses balustrades imitant des branchages est quant à lui le théâtre de la rencontre entre Cléo et Antoine, un soldat qui doit repartir pour l’Algérie.

Le plus grand hommage à son quartier tient cependant dans les 80 minutes de son documentaire Daguerréotypes, réalisé en 1975. “Ce n’est pas un film sur la rue Daguerre, pittoresque rue du 14e arrondissement, c’est un film sur un petit morceau de la rue Daguerre, entre le n°70 et le n°90, c’est un document modeste et local sur la majorité silencieuse, c’est un album de quartier, ce sont des portraits stéréo-daguerréotypés, ce sont des archives pour les archéo-sociologues de l’an 2975. C’est mon Opéra-Daguerre” disait la cinéaste à propos de son travail. Le bazar, le marchand d’accordéon, le boulanger ou l’épicier sont passés devant la caméra de Varda, dont le câble de plus de 90 mètres dépassait de sa boîte aux lettres. Elle s’est donc attelée à dépeindre son quartier avec le plus de justesse possible en s’attardant sur des petites choses qu’on ne remarque pas.

Copie de photos extraites du film Daguerréothypes - droit réservés Ciné-Tamaris

En 2003, elle offre un os à ronger au lion de la place Denfert-Rochereau (14e) pour son court métrage Le Lion Volatil (2003) et déverse des tonnes de sable dans la rue Daguerre pour tourner une scène des Plages d’Agnès (2008).

Si le XIVe arrondissement a été marqué par Agnès Varda, il l’a été aussi par Jacques Demy, réalisateur des Demoiselles de Rochefort et époux de l’artiste pendant 32 ans. En 2004, la Mairie de Paris a d’ailleurs fait le choix de rebaptiser la place Mouton-Duvernet en place Jacques Demy. Le couple est resté fidèle à son quartier de cœur et a choisi comme dernière demeure le cimetière Montparnasse où ils reposent tous les deux.

photo relevée sur Wikipédia

Source : Extrait d'un article paru sur ZigZag Paris en 2019
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Le 14e arrondissement de Paris est souvent présent dans l'oeuvre d'Agnès Varda, comme l'artiste le précise dans cette vidéo.

Vidéo publiée sur la chaine Youtube des Nautes de Paris 
: Graff, tag peinture murale street-art des 13e et 14e arrondissement de Paris : 
on peut y retrouver la fresque Varda à compter de 3'11''

Agnès Varda : une femme d'images toute sa vie, pour Vincent

Quand on se penche les soixante années de sa longue carrière, Agnès Varda est toujours prête à déclencher l'obturateur d'un appareil photo, à lancer le moteur d'une caméra et à imprimer sur la pellicule tout ce qui a fait le  charme de ses films et documentaires :  un regard extrêmement attentif à toutes les petites choses de la vie des gens ordinaires, de monsieur et de madame Tout le monde.

Quand ce fut l'ère du numérique, elle utilisa le camescope beaucoup plus maniable seule pour aller butiner, ou glaner des images fugitives, mais tellement précieuses sur des moments de vie des uns et des autres... et en profiter pour recycler les pellicules désormais obsolètes de ses films pour les transformer en installations en 3D, mais toujours avec un sens du cadre extraordinaire. 

J'espère que Vincent a eu l'occasion de visualiser quelques unes de ses oeuvres et je lui souhaite une bonne réception de ce mail-art qui tente de résumer en quelques clichés tout l'itinéraire d'une femme artiste majeure.

Agnès dans ses trois vies : photographe, cinéaste et artiste visuelle : crédit photos Ciné-Tamaris

Quelle femme extrêmement moderne, féministe, engagée, joyeuse et même espiègle ce fut ! Outre son travail de photographe, de cinéaste (le plus connu) et d'artiste visuelle sur les 15 dernières années de sa vie, j'ai appris qu'elle avait été aussi parolières des chansons de son film L'une chante l'autre pas! Sacrée Agnès, tu nous étonneras toujours. 

J'ai toujours été terriblement admirative de son oeuvre et aussi de sa personnalité : je n'arrive pas vraiment à réaliser qu'elle n'est plus parmi nous : pour moi Agnès était à la fois un oeil (pour son talent et sa curiosité insatiable) et  un coeur  (pour son  humanité, son sens du partage, sa générosité).

Agnès Varda et JR : regards croisés et amitié complice, pour Michèle

Vous le savez tous, maintenant, je suis une inconditionnelle du cinéma d'Agnès Varda. 

Dans toute sa filmographie, j'ai particulièrement aimé "Visages, villages",  réalisé conjointement avec l'artiste photographe plasticien JR. C'est un joyeux road-trip où les deux protagonistes se titillent gentiment tout du long de leur cheminement, mais où l'amitié qui les lie est de plus en plus perceptible, malgré leur grande différence d'âge. 

 
Le voyage pouvait se passer en train (copie du générique du film)  ou Agnès Varda et JR circulaient dans le camion 
 Agnès Varda, JR Cine/Tamaris Social Animals
Tous les deux possèdent une qualité essentielle à mes yeux : ils sont extrêmement sensibles à l'humain, à l'éphémère aussi et savent capter des moments rares, de personnes ou d'évènements qui sont souvent "à la marge".
 

Le regard est la base de tout ce film  car ils sont partis tout deux avec un sujet préparé au minimum pour chaque direction prise, puis ils se laissent guider par leur intuition une fois sur place :  au finish c'est le seul fil du hasard qui leur a permis de faire de belles rencontres, avec des personnes qu'il est rare de voir ainsi mis en lumière (femme de mineur dans un coron où elle est la dernière à vivre, village de vacances abandonné avant sa livraison, femmes de dockers dans le port du Havre, chevrière, agriculteur suréquipé travaillant tout seul 800 hectares de terre, journée avec des ouvriers à l'usine, facteur...). C'est aussi une sorte de ballade dans la mémoire d'Agnès qui évoque des lieux, des personnes qu'elle a connu tout au long de sa longue et riche vie d'artiste.

3 femmes de dockers, dans le port du Havre / Jeanine, la dernière habitante d'un coron dans le nord de la France
deux photos extraites du livret de presse édité à l'occasion de la sortie du film Visages Villages droit Ciné-Tamaris

Je dédie ce mail-art à mon amie belge, une compatriote donc d'Agnès : ici figure entre autres le portrait en très grand d''un facteur vauclusien, du village de Bonnieux qui venait de prendre sa retraite au moment du tournage, après 33 ans de bons et loyaux services dans le département. Il y a aussi Jeannine, la dernière femme de mineur que les autorités pressent de quitter son coron voué à la démolition et qui refuse l'effacement total d'une tranche d'histoire capitale pour les gens du Nord. 

J'ai fait ce choix car Agnès aimait aussi les courriers artistiques et vouait une grande admiration aux facteurs, comme mon amie Michele, dont une partie de la famille a travaillé dans les mines en Belgique.

3 femmes de dockers, dans le port du Havre / Jeanine, la dernière habitante d'un coron dans le nord de la France le facteur de Bonnieux, trois photos extraites du livret de presse édité à l'occasion de la sortie du film Visages Villages droit Ciné-Tamaris
 

à gauche, une photo de ce qui reste de la photo dans le village de Bonnieux - Volets fermés(https://www.sunwhere.fr/2015/07/luberon-jr-varda.html)au milieu et à droite : se faire une idée de l'échelle de ces photos immenses réalisées par JR - extrait du film Visages Villages, droit des photos Ciné-Tamaris

Chère Michele, je te souhaite une bonne réception de ce mail-art hommage à deux artistes complémentaires que je sais que nous apprécions toutes les deux.

*** à propos du film Visages Villages ***

Agnès Varda parle de son film Visages Villages réalisé avec JR - publié sur la chaine Youtube de Télérama

Agnès Varda, une magnifique Dame Patate, pour L'Etre anonyme

Vous le savez déjà, l'artiste Agnès Varda est quelqu'un d'important pour moi, d'ailleurs je n'arrive toujours pas à parler d'elle au passé. Si je connais beaucoup moins son oeuvre de photographe dans la première partie de sa vie d'artiste,  j'aime infiniment son oeuvre cinématographique et ce qu'elle fit ensuite en tant qu'artiste visuelle. 

Aujourd'hui c'est sous sa facette de glaneuse que j'aime à vous la présenter : elle a toujours eu l'oeil pour aller chercher avec une très grande empathie des trésors dans la vie des petites gens, ceux qui sont à la marge ; elle a eu du génie pour en faire ressortir tout ce qui ne brille pas, n'est pas instagramable, mais qui est terriblement proche de tout ce qui fait notre humanité,  ce qui la rend si attachante.

Le cinéma était souvent pour elle un moment de découverte, de communion parfois, avec les gens. Elle l’avait prouvé en 2000 avec son film Les Glaneurs et la Glaneuse. Une plongée dans la vie de personnes démunies, récupérant dans les champs et sur les marchés les légumes abîmés ou invendus. « Dans ce monde de surconsommation, je voulais rencontrer ceux qui mangent ce que nous jetons. » Elle en avait gardé une sorte de passion artistique pour les vieilles pommes de terre. « Surtout celles en forme de cœur. Cela m’a voulu le surnom de Madame patate », s’amusait-elle.

C’est en 2000 que l’attachement d’Agnès Varda pour la patate, et tous les symboles qu’elle charrie avec elle, est dévoilé au public. Dans son documentaire Les Glaneurs et la Glaneuse, elle s’épanchait longuement sur les propriétés, les particularités et les pouvoirs de la pomme de terre, en retraçant le quotidien de ceux qui récupèrent, collectent, recyclent et redonnent vie aux objets et aliments dont on ne veut plus.
Sur un fond de récoltes de pomme de terres en plein champ,  une photo d'Agnès déguisée en patate lors de l'exposition
 « Y’a pas que la mer » au musée Paul Valéry de Sète le 24 novembre 2011ainsi qu'une autre photo où le visage d'Agnès  est intégralement cerné de pommes de terre : affiche de l'exposition Patatutopia à Bruxelles - crédits photos : Ciné-Tamaris

Ce mail-art est destiné à l'Etre anonyme car je pense qu'elle n'est pas passée à côté de cette femme engagée, généreuse et tellement proche des petites gens, Elle était écolo avant qu'on parle de récupération et de recyclage, habituée toute sa vie à bricoler avec des moyens limités pour ses créations. Bonne réception.

Vidéo publiée sur Youtube par Le Blob
À l'occasion de son installation artistique présentée dans l'espace Science Actualités à la Cité des sciences et de l'industrie, dans le cadre d'une enquête sur la pomme de terre (jusqu'en avril 2017), la cinéaste Agnès Varda raconte la genèse de son travail autour de ce tubercule entamé lors du tournage de son documentaire « Les glaneurs et la glaneuse ».

"Patatutopia" 

Ainsi est née sa passion, sinon son obsession, pour le tubercule, qui l’a amenée à stocker dans sa cave des tonnes de patates, trouvées, achetées ou envoyées par des agriculteurs de la France entière et vouées à être filmées et photographiées. Nombre d’entre elles se présentaient sous forme de cœur. Non pas par hasard, mais bien en référence à son documentaire, unanimement salué par la critique et le public.

Deux ans plus tard, c’était habillée d’un costume de patate en résine qu’elle se présentera à la cinquantième Biennale de Venise pour y présenter son exposition désormais culte "Patatutopia" : un parterre de 700 kg de pommes de terre récoltés au cours de l’année précédente accompagné d’images et de vidéos à l’honneur du tubercule. C’était sa toute première exposition, mais loin d’être la dernière.
"Patatutopia" célèbre leur résistance. C’est utopie de penser que, parmi les légumes et les fruits, elles sont modestes et pourtant les plus belles et les plus vivantes du monde”, disait-elle.

On se souviendra d’Agnès Varda sur les routes et plages de France, d’Agnès Varda au Festival de Cannes, d’Agnès Varda à Los Angeles. Mais il ne faudra jamais oublier l’Agnès Varda des patates-cœurs, jamais lassée de regarder germer, vieillir et renaître (“vivre”) ses précieux tubercules.

Mini-série : une vie Varda

Je vous en ai déjà parlé au fil des années sur ce blog c'est vrai ;  la regrettée Agnès Varda est une femme artiste et féministe dont l'oeuvre m'a toujours beaucoup touchée.

L'édition récente d'un timbre paru pour le 5e anniversaire de sa disparition a déclenché l'envie chez moi  de créer une petite série afin de remettre en lumière ce qui me plait tant chez elle : sa modernité, sa belle humanité, son combat auprès des femmes, sa curiosité insatiable des autres, surtout ceux qui ne comptent pas, ceux qui sont "à la marge" comme elle le disait, sa générosité et son envie de témoigner et de partager ces instantanés de vie saisis dans son objectif, son éclectisme,  son obstination à suivre la route qu'elle s'était tracée et l'autonomie dont elle a toujours fait preuve, même si cela lui a nui pour trouver des financements, son non- conformisme, son espièglerie, son humour,...

le timbre conçu en son honneur est illustré par une photographie réalisée par Didier Doussin.
On y voit Agnès Varda, accompagnée de son chat, Zgougou, symbolisant son approche personnelle et intime.Autour de la feuille de timbres, les titres de ses films les plus marquants encadrent son portrait, offrant ainsi un panorama de son œuvre cinématographique

Pour introduire cette mini-série, je vous offre la chanson de Vincent Delerm : voici comment le chanteur revient sur les pas de la cinéaste et célèbre sa personnalité généreuse.

Dans Les Plages d’Agnès, Agnès Varda revenait sur les rivages de sa jeunesse en empruntant les bords de mer qui ont marqué sa vie et ses œuvres – le littoral californien, les côtes de Sète ou l’île de Noirmoutier. Dans sa dernière chanson, Vie Varda, Vincent Delerm rend hommage à ce goût de la réalisatrice pour les périples maritimes. Parsemé de clins d’œil à son documentaire autobiographique -une chaise longue solitaire renversée sur la plage, des chemins étroits et des dunes de sable que le chanteur parcourt comme pour suivre les pas de la cinéaste, le clip convoque en creux sa présence dans de petits détails. Une chanson en forme d’hommage qui célèbre aussi, au-delà de son oeuvre, la personnalité généreuse d’Agnès Varda
 Vie Varda  - vidéo officielle sur la chaine Youtube de Vincent Delerm

Vie Varda
Si on peut oublier tout ça
Le stade Défense Arena 
Les charrues le concours sous la douche
Si on peut ce soir effacer 
Le carton trois millions d'entrées 
Simplement dire ce qui nous touche 
Si on peut vivre comme Agnès 
Se parler à deux dans la pièce 
Et ressentir une émotion 
Si on peut vivre une vie Varda 
Marcher sur le sable comme ça 
Faire une vie hors compétition 
Si on peut regarder ailleurs 
Pas le clash pas les chroniqueurs 
Quelquefois chercher l' élégance 
Si on peut trouver la beauté 
Un visage par le temps froissé 
Dans la nuit un danseur qui danse 
Si on peut vivre comme Agnès 
Se parler à deux dans la pièce 
Et ressentir une émotion 
Si on peut vivre une vie Varda 
Marcher sur le sable comme ça 
Faire une vie hors compétition 
Si je peux dormir contre toi 
Si je peux t'aimer dans le froid 
Si je peux jusqu'à la fin des temps 
Dans les rues te photographier 
À Lisbonne un matin d'été 
Si je peux encore un instant 
Si je peux vivre comme Agnès 
Parler avec toi dans la pièce 
Et ressentir une émotion 
Si je peux vivre une vie Varda 
Marcher sur le sable avec toi 
Faire une vie hors compétition 
Si je peux vivre comme Agnès 
Si je peux vivre une vie Varda

26 septembre 2024

AA09 - Des poissons colorés comme dans l'art aborigène, de France

Comme cela me fait plaisir de revenir à ce thème de la culture aborigène et de l'Australie, qui n'est pas franchement leader sur ce blog : c'est normal, cela ne parle pas forcément à tout le monde, la vie des peuples premiers et leur art sont assez loin de nous géographiquement. 

Cet art là n'a pas échappé à France qui m'a déjà gratifiée de plusieurs mail-arts sur le sujet que j'accueille toujours avec beaucoup de plaisir. Ma correspondante a réalisé un fond marin particulièrement élaboré avec du tissu peint en bleu et des points de colle espacés qui laissent à penser qu'il y a du mouvement ou tout au moins des bulles... c'est du plus bel effet, bravo

France, je te remercie infiniment pour cette jolie composition associé à un timbre sur les écailles d'un poisson, évidemment, parfait combo, merci beaucoup. Bel automne à toi.