12 septembre 2023

Rencontre avec l'oeuvre de Mariano Otero - échappée de deux jours en Morbihan (12 au14 septembre 2023)

Daniella a récemment publié sur son blog un article dédié à Mariano Otero, peintre d'origine espagnol,  breton d'adoption, à qui le musée départemental La Cohue de Vannes consacre une belle exposition jusqu'au 31 décembre 2023. Le peu que Daniella en a écrit m'a décidée à aller voir cette exposition en sa compagnie, ce qui m'a permis de lui faire une  petite visite à la Fontaine Dernan, en même temps.

Vidéo publiée sur la chaine Youtube de FR3 Bretagne
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Mariano Otero (1942-2019) - La grâce du trait 
Essentiellement connu pour sa peinture des femmes, on voit dans l'exposition quelques-unes de ses "baigneuses" aux formes avantageuses, 
et de ses "danseuses de tango", pleines de sensualité 
mais surtout son principal modèle, Marie-Alice Villeneuve, sa muse devenue son épouse, puis ses filles. 

Le peintre s'exprime surtout avec du pastel, ce qui donne un grain très particulier à ses portraits, mais bien sûr l'expo présente aussi quelques huiles sur bois et deux ou trois sculptures en papier mâché.
 
Mariano Otero a dessiné et peint toute sa vie et est resté fidèle à son identité et à sa culture espagnole (cf. articles de presse ci-dessous)

J'ai évidemment beaucoup aimé ses toiles, mais la surprise la plus grande pour moi vient du fait qu'il a entretenu une correspondance illustrée tout au long de sa vie, les enveloppes sont dessinées à la plume et aquarellées (on ne parle pas là d'art postal, et pourtant) destinées essentiellement à Marie-Alice,  sa femme, ses enfants, ses parents et sa belle famille.  Malheureusement, la largeur de la vitrine d'exposition ainsi que le reflet de l'éclairage m'ont empêchée de faire des photos comme j'en aurai eu envie. En voici quelques-unes néanmoins, pleines d'imperfections, mais qui sont très parlantes ... 


Ah comme j'aurai aimé être cette "Marie-Alice", son grand amour et recevoir de telles missives!

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Le peintre Mariano Otero excellait dans les portraits de femmes, à la sensualité généreuse. © Archives Ouest-France

Le peintre des femmes, Mariano Otero s’en est allé
Le peintre rennais, célèbre pour ses baigneuses et danseuses de tango, était un portraitiste des femmes hors pair. Espagnol exilé sous Franco, c’était aussi un artiste engagé.

Les Rennais ne croiseront plus le peintre Mariano Otero, qui se rendait à vélo, sept jours sur sept, à son atelier. À Rennes, où il vivait, et à Dinard, où la galerie Vue sur mer exposait le peintre depuis 27 ans, tout le monde connaissait ses baigneuses aux formes généreuses et ses danseuses de tango. À 77 ans, le peintre d’origine espagnole, qui ne passait pas un jour sans dessiner, s’est éteint d’une maladie foudroyante, entouré de sa femme, de ses filles et de son frère Antonio.

C’est pour rejoindre son père, Républicain espagnol exilé à Rennes sous Franco, que le jeune Mariano Otero était arrivé dans la capitale bretonne, en 1956, à l’âge de 14 ans. Trop jeune pour s’inscrire en école d’art, il obtient bientôt une dérogation et devient le plus jeune diplômé des Beaux-arts de France. Avec son frère Antonio, qui épousera la peintre Clotilde Vautier, ils réaliseront leurs premières expositions à trois.

Artiste engagé :
Les convictions antifascistes de son père ne quitteront pas Mariano Otero. Dans les années 1960-1970, membre de l’union des étudiants communistes, il réalisera de nombreuses affiches militantes : contre la dictature au Chili, pour Amnesty international ou la défense des immigrés.

« C’est un artiste engagé politique et humaniste, son œuvre se comprend à travers l’histoire de l’Espagne déchirée » , expliquait Delphine Durand, docteure en histoire de l’art, lors d’une conférence sur le thème Mariano, peintre de l’exil, qui a fait salle comble le 2 avril, à Rennes.

Admirateur des portraits en clair-obscur de Velázquez, mais aussi de Goya et de Picasso, Mariano Otero était très attaché à la culture espagnole. Il avait fondé, en 1999, le centre culturel espagnol à Rennes.
 
Portraitiste des femmes :
C’était avant tout un portraitiste des femmes hors pair, dont il excellait à transcrire la sensualité généreuse et un peu mystérieuse, en particulier au pastel. C’est par elles qu’il s’était lancé en peinture. « J’ai réalisé le portrait de ma mère, ma sœur, mes petites amies, confiait-il en avril, à Ouest-France. Jusqu’à Marie-Alice, mon modèle privilégié, devenu ma femme. »

Le festival du film britannique de Dinard ne s’y était pas trompé, en lui confiant la réalisation de son affiche à plusieurs reprises. On se souvient notamment de ses baigneuses au maillot reprenant le drapeau britannique.
Mariano Otero, dans son atelier, quartier Cleunay. | Archives Ouest France
« Paris, Londres, New York et bien sûr Madrid : notre galerie a vendu ses œuvres dans le monde entier, souligne Thierry Dobé, son galeriste dinardais. Il était sans doute trop figuratif pour les musées, dont il n’a pas cherché la reconnaissance. Ce n’est pas cela qui l’intéressait. »

Actif jusqu’au bout, Mariano Otero s’en est allé après avoir mis la dernière main à deux nouvelles expositions de ses œuvres, prévues en août, à Roscoff et à Dinard.

Source : Article du Fabienne RICHARD. Ouest-France du mardi 9 juillet 2019

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Hommage à Mariano Otero
(extraits du courrier  adressé à sa femme, ses filles, son frère, et son petit fils Juan)

Chers amis, Cher(e)s camarades,

Quand la nouvelle du décès si brutal de Mariano Otero s’est abattue, une immense tristesse s’est emparée de chacune et chacun d’entre nous....

Avec Mariano, le monde perd un artiste à l’œuvre d’une incroyable densité. La France et la Bretagne pleurent l’un de leurs fils adoptifs, et l’Espagne l’un des témoins vigilants de sa terrible déchirure.

Et nous sommes aujourd’hui nombreux à perdre un camarade irréductiblement fidèle à l’idéal communiste qui resta, la vie durant, résolument lié aux militants de notre, de sa si chère région tout en restant attaché à sa patrie et au Parti Communiste Espagnol celui de la passionaria Dolorès Ibarruri et aux liens de solidarité indéfectible que le parti Espagnol noua avec la Parti communiste Français.

La figure admirable de Mariano draine derrière elle le souvenir d’un siècle terrible où l’engagement s’affirmait pour tout humaniste comme une exigence. Il avait pris chez lui la forme d’un engagement indissociablement artistique et politique.

Enfant de la lutte contre le fascisme, témoin des affres d’une époque prométhéenne, Mariano mêla dans son œuvre le sentiment personnel et le tumulte de l’Histoire, le goût des beautés simples de l’existence et l’engagement politique, le banal transfiguré et la recherche de l’idéal.

Qu’il ait épousé avec tant de facilité, de complicité et de bonheur ces terres brétiliennes et la ville de Dinard ne saurait faire oublier les douleurs de l’exil.

Un exil contraint par la violence fasciste d’une Espagne placée sous le joug d’une terrible dictature dont le père de Mariano, Antonio Otero Seco, grand intellectuel républicain, eut à subir les geôles avant de lutter dans la clandestinité puis dans l’exil au cœur de cette ville de Rennes devenue refuge solitaire et solidaire.

Mariano et vous-même, cher Antonio, n’économisèrent ni votre temps, ni votre énergie pour que le souvenir de cette remarquable figure tutélaire ne sombre dans l’oubli, et avec elle un pan de la mémoire républicaine forgée dans la lutte et l’exil.

L’ouvrage de témoignages inédits de l’oppression franquiste récemment édité par vos soins atteste de cette belle abnégation à faire vivre le souvenir de ces « vies entre parenthèses ». Surtout nous vient en mémoire la création par Mariano du Centre culturel espagnol de Rennes en 1999 qui entretient la mémoire de la République et travaille aujourd’hui encore à éclairer les zones d’ombres de l’Espagne post-franquiste. .

Mariano n’avait que 14 ans lorsqu’il mit les pieds en France pour la première fois pour rejoindre avec mère, frère et sœur un père et un mari qui enseignait sa langue et sa culture originelle dans la Faculté des Lettres de Rennes.

La France d’alors sût se montrer généreuse et accueillante envers cette famille que l’on qualifie communément d’immigrés, mais qui, de fait, était une famille de réfugiés.

Notre pays leur offrit l’asile, donnant ainsi vie au principe édicté pour la première fois de notre histoire dans l’article 120 de la Constitution montagnarde de 1793 qui dispose que « le peuple français donne l’asile aux étrangers bannis de leur patrie pour la cause de la liberté ». Principe qui trouva d’heureuses suites dans le droit national et international mais qui tend aujourd’hui à s’évanouir dans cet égoïsme des nations rivales que Mariano exécrait tant.

La solidarité militante, ouvrière et internationaliste, qui elle ne dérogea pas aux principes arrachés pour la dignité humaine, contribua enfin à offrir à ses camarades de combats ce sentiment fraternel si précieux aux cœurs bannis.

Nous y voyons le juste prolongement des liens tissés entre les militants progressistes et communistes de nos deux peuples lorsqu’en 1936, les brigades internationales partirent secourir la République assiégée par les hordes fascistes.

Mariano dont la vocation artistique semblait innée, entra immédiatement aux Beaux-arts pour en sortir plus jeune diplômé en 1962 à seulement 20 ans, âge des découvertes et des formations intellectuelles où l’on n’est pas encore tout à fait sérieux.

Dès lors, il ne lâcha plus fusains, pinceaux et pastels chaque jour, chaque semaine, et resta pour toujours l’artiste habité par la soif créatrice que chacun connait faisant sans doute sienne cette interpellation de Baudelaire : « le meilleur témoignage que nous puissions donner de notre dignité, c’est la culture ».

Sa modestie et sa simplicité seules empêcheront plus tard une pleine reconnaissance académique. Mais à quoi bon sacrifier le temps compté de la création pour satisfaire quelque marchand d’art ? Mariano ne s’en souciait guère. Il avait adopté cette parole prononcée par Jack Ralite aux Etats généraux de la culture : « quand un peuple abandonne son imaginaire aux grandes affaires il se condamne à des libertés précaires ». La reconnaissance de son travail et la fascination qu’il suscitait, particulièrement ici, sur ces terres bretonnes, suffisait – semble-t-il-amplement à son bonheur.

Nous avons en mémoire ces baigneuses qui, au premier coup d’œil, laissent planer ce parfum de congés payés, ce goût du bonheur, cette sensualité pastelle magnifiée par le gris lumineux des bords de mer océans. L’on songe encore à ces danseurs de tango aux corps fiévreux et élancés, aux membres lascivement articulés. Peintre de la volupté, Mariano sublima les corps, particulièrement ceux des femmes, et donna à toute une galerie de portraits la profondeur empruntée à Vélasquez où l’on plonge dans un regard comme l’on cherche une vérité. Mariano portraitisait avec un immense plaisir et nous légua par dizaines ces visages de femmes et d’hommes inconnus ou imaginés, comme de poètes suppliciés ou exilés. Peut-être est-ce dans ces portraits burinés que se dévoile le mieux l’intimité de l’artiste ?

Mariano avait pris le parti de la figuration à une époque où l’art s’éprenait d’abstraction, voire d’un certain hermétisme. A travers ce choix, les corps et les visages devenaient autant de témoignages d’une humanité bien vivante, en lutte, mêlée d’espoirs et de craintes, à la recherche de plaisirs charnels, malgré les guerres et l’horreur fasciste.

C’est ainsi que l’on peut lire son œuvre comme un grand cri humaniste...

Source L'humanité du lundi 15 juillet 2019- Rennes - Patrick le Hyaric - Directeur de L’Humanité

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Je t'adresse un très grand merci  Daniella, toi qui m'a permis de découvrir cet artiste dont j'ignorai tout et merci aussi de ton chaleureux accueil et pour les balades que le beau temps nous a autorisé à Vannes et dans le joli petit bourg de Saint-Goustan. 




et comme, même en voyage,  on n'oublie pas les amis : photo de gauche, une pensée pour Fabienne avec un ex-voto "bateau", une pensée pour Eric à droite avec une girouette "sirène"

11 septembre 2023

Sous le soleil revenu, une fillette ukrainienne saute à la corde, de Lubomyr

Quel plaisir de trouver dans ma boite aux lettres ce jour une enveloppe très rebondie en provenance d'Ukraine, et j'y reconnais l'écriture de ce mail-artiste combattant, Lubomyr.

Il lui arrive de trouver le moyen d'entretenir une correspondance mail-artistique, avec comme support, ce qu'il peut trouver ou fabriquer aisément. Cette fois, le contenu principal de l'enveloppe est cette carte façonnée sur un bout de carton d'emballage, tellement touchante.

Oui la roue tournera un jour, et toutes les petites filles d'Ukraine pourront à nouveau en toute insouciance sauter à la corde, à la lumière du soleil revenu, lorsque la paix sera de retour, le plus tôt possible.

Le petit mot de remerciements écrit en français, s'il vous plait, est tellement gentil!


l'enveloppe mystère contenait aussi :
  • une feuille de timbre d'artistes (artistamps), 
  • la reproduction d'un portrait modifiée et assortie d'une mention en ukrainien que je ne sais pas traduire (s'agit-il d'une personne disparue, auréolée comme un martyr?)
  • un marque page joliment tamponné
  • une planche d'étiquettes
  • une carte tamponnée
c'est donc un vrai paquet cadeau, à chaque fois, c'est comme cela que je le reçois, lorsque l'on sait les conditions qui sont celles des Ukrainiens en ce moment, c'est beau de vouloir continuer à pratiquer  sa passion et à entretenir une correspondance, ainsi;

Un très grand merci à toi, Lubomyr, que le courage et la chance t'accompagne tous les jours dans ton  combat pour la liberté et la paix. 

Un animal imaginaire, pour la Médiathèque Pablo Neruda de Malakoff

En préparant un article sur le Chili, je suis tombée cette information : la Médiathèque Pablo Neruda de Malakoff organise cet été,  sur le thème de l'animal imaginaire, son déjà 5e concours d'art postal, car seul Facebook s'en est fait l'écho. C'est dommage car il reste fort peu de temps, d'ici au 15 septembre 2023, pour participer.

Comme j'apprécie infiniment les belles initiatives des lieux de culture qui font le maximum pour que leurs concitoyens, toutes générations confondues, puissent se rassembler sur un beau projet,  j'ai décidé d'y participer.

Voici donc cette bête hybride, à tête d'oiseau combinée à un corps de chauve-souris surmontant des extrémités tentaculaires.  J'ai utilisé un fond qui me restait dans un tissu teinté à la rouille (trempé longuement dans une soupe de clous rouillés) et largement rebrodé à la main cette curieuse créature.

d'après une affiche d'un théatre polonais, représentant un Papageno fantastique

Je vous souhaite une bonne réception de cette carte textile brodée : que votre 5e concours d'art postal remporte le plus grand succès !

Travaux d'aiguilles à l'école des filles , pour Sylvie

Mailarter en brodant sur une photo de classe en noir et blanc, voilà qui va peut-être rappeler des souvenirs à Sylvie, ma correspondante jurassienne. 

Bon c'est vrai, ici il ne s'agit pas de petites têtes blondes, mais de jeunes femmes adolescentes a qui l'on enseigne la broderie à la main, dans une classe équipée pour apprendre la couture à la machine. 

Photo en noir et blanc rebrodée à la main - Cours de broderie à Hoerdt en février 1927 
©Hoerdt, images d'une histoire, Carré BlanC Editions, 2006, coll. Mémoires de vies ®
Une petite broderie au point de chainette pour dissimuler les visages et une petite dentelle ancienne bleue pour encadrer la photo, et voilà un nouveau mail-art que j'ai eu tant de plaisir à réaliser. 

Je t'en souhaite une très belle réception, chère Sylvie, et te souhaite une belle fin d'été. 

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Sur le site "Le temps des Instituteurs", vous trouverez un article très bien documenté sur les travaux d'aiguilles à l'école depuis 1836 jusqu'aux années 1960, où le statut de la "femme au foyer" est considérablement modifié par l'évolution technique et industrielle de la société. 

Portail ancien magnifié par la présence d'un moineau, pour Jeanne-Marie

Dans le courant du premier semestre, j'ai beaucoup trop négligé mon amie savoyarde qui, elle, produit des mail-arts en série, avec une créativité toujours vive. Alors voici pour elle un nouvelle porte ancienne avec des clous et ferrures, comme elle les aime.

Le moineau posé sur le heurtoir m'a fait choisir ce portail-là, car cela me permet d'adresser à Jeanne-Marie un mail-art comportant un autre de ses thèmes de prédilection, celui des oiseaux.

Cette fois encore, j'ai utilisé un morceau de carton ondulé que j'ai gratté, désossé et coloré aux crayons aquarellables pour créer un fond en adéquation avec la structure tourmentée de la vieille porte, battue et façonnée par les assauts du temps. 

Je t'en souhaite une très bonne réception, Jamari, ainsi qu'une très belle fin d'été.

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Où sont passés les moineaux de Paris ? 

Qu'arrive-t-il aux piafs de Paris qui semblent déserter la capitale? Les moineaux quittent Paris, comme ils se sont déjà évaporés de Londres et d'un certain nombre de capitales européennes, aussi bien au sud qu'au nord.

Le CORIF, centre ornithologique d’Île de France, et la LPO, la Ligue de Protection des oiseaux, comptent les moineaux depuis une bonne douzaine d'années. Et depuis 2010, ils constatent que c'est un peu l'hécatombe. Population estimée à 43.000 couples en 1962 et à moins de 10.000 aujourd'hui.

Les causes sont multiples et les chats ne sont pas, de loin, les seuls responsables. L'une des principales raisons de leur disparition concerne leur habitat

La rénovation des quartiers - comme celle du XIe - nuit à l'habitat des moineaux car les moineaux doivent trouver un endroit où faire leur nid et trouver de la nourriture. Ils font leur nid de préférence dans des trous, forcément dans des trous de bâtiments puisqu’ils sont en ville, mais la rénovation des bâtiments bouche les trous. Paris ne compte presque plus de friches, explique Frédéric Malher, le président du CORIF.

Autre explication à cette raréfaction du moineau, l’apparition de l’épervier dans la capitale. Un prédateur redoutable, notamment pour les plus jeunes représentants de l'espèce.
Par Béatrice Dugué Publié le lundi 29 août 2016 à 06h07  
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Le Moineau 
Je suis né moineau
Sur le bord d’un toit.
Je suis comme il faut
Que le moineau soit.

Allègre, narquois,
Tout en petits sauts,
Je suis né moineau,
En mai sur le toit.

Je ne suis pas beau
Et j’ai peur des chats.
Oui, mais quelle joie
Quand je crie là-haut
Sur le bord du toit

Maurice Carême

En vert mais contre nous, pour Rémy

Si nous regardons bien dans les différents  rayons des grandes surfaces, nous voyons bien que la couleur verte est partout : c'est tellement plus vendeur d'être plus écolo plus naturel, plus végétal, plus bio, etc.. : ne soyons pas dupes, la couleur de l'emballage ne fait pas tout, ouvrons plutôt l'oeil sur la composition du produit !

C'est le message que ma carte textile veut porter à Rémy, cet artiste limougeaud confirmé dans sa longue pratique de l'art postal, et qui pratique lui-aussi du recyclage à haute dose lorsqu'il compose ses fameux stampoèmes.

l'homme vert, photo trouvée sur Pinterest, sans nom d'auteur

Je t'en souhaite une bonne réception Rémy, ainsi qu'une belle fin d'été!

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Packaging et greenwashing ou comment repeindre l’emballage en vert

Une « voiture verte » par-ci, une « banque verte » par-là. Des fruits et des légumes « 100% d’origine naturelle ». Des cosmétiques avec des « actifs végétaux » dedans (le reste, on n’en parle pas). Cerise sur le gâteau, un désherbant ultra-polluant présenté comme « biodégradable » – pour celle-ci, Monsanto a été condamné, c’est même devenu un cas d’école. Bref, le greenwashing est partout.

Plus les consommateurs semblent sensibles au développement durable, plus les emballages verdissent. La preuve par l’image :

Si certains appliquent la peinture verte au rouleau (confère la pub McDo ci-dessus), le pinceau fin a aussi ses adeptes. Le « verdissage » est alors plus difficile à identifier. Alors pour ne vous faire avoir et finir vert de rage, petit décryptage du greenwashing en trois points.

1. Qu’est ce que le greenwashing ?
Le greenwashing, ou écoblanchiment en français, désigne « un procédé de marketing ou de relations publiques utilisé par une organisation, entreprise, administration, etc., pour se donner une image écologique responsable.

« La plupart du temps, nous apprend Wikipédia, l’argent est davantage investi en publicité que pour de réelles actions en faveur de l’environnement et du développement durable. » Autrement dit, on utilise une communication mensongère pour tromper délibérément les consommateurs. L’image montrée est celle d’un acteur engagé dans le développement durable alors que dans les faits, il n’en est rien. Le greenwashing n’est pas uniquement réservé à l’écologie ou à l’environnement. Le même procédé peut être utilisé pour donner à l’entreprise une image responsable, et ce quel que soit ce domaine de responsabilité : éthique, social, emploi, diversité, etc.

Tout ça pour quoi ? Pour donner bonne conscience à ses clients, c’est-à-dire à vous et à moi.

2. Comment fonctionne le greenwashing ?
C’est le principe des fake news: on fait passer une fausse information pour vraie. Vous êtes une entreprise nocive du point de vue social ou environnemental mais vous aimeriez préserver et étendre votre marché ? Présentez-vous comme un ami de l’environnement et/ou un leader du combat pour l’égalité ou contre la pauvreté, utilisez une présentation déformée des faits et de la vérité et le tour est joué !

Bien sûr, la publicité mensongère est interdite. Mais le greenwashing est malin : il se glisse dans les interstices de la loi et profite du flou juridique. Quant aux tentatives de régulation par la profession, elles incitent mais n’obligent à rien… Au rayon greenwashing, les procédés sont nombreux. Certains sont assez faciles à identifier, d’autres moins. De manière générale, les incitations à gaspiller, à surconsommer, comme la banalisation/ minimisation de la crise climatique, sont des indices probants.

Dans le détail, le greenwashing utilise des produits verts par une entreprise qui ne l’est pas, utilise des images suggestives, des slogans abusifs, prétend qu’il est le premier d’une classe en oubliant de mentionner que c’est la classe des cancres, emploie un jargon écologique, des mots approximatifs, des arguments de vente factices, n’apporte aucune preuve de ce qu’il avance.

Sur les emballages, cela se traduit par des allégations mensongères parce que sans fondement. Par exemple : des études et/ou des chiffres qui n’ont rien de scientifique des promesses exagérées, de faux écolabels, auto-attribués et qui ne correspondent à aucun référentiel, une mise en avant hors contexte du produit, avec des « résultats » obtenus dans des conditions d’utilisation qui n’ont rien de réel, une fausse exclusivité.

L’appétit est au bio, au naturel ? Allons-y pour les « recettes traditionnelles » quand elles ne sont pas carrément « ancestrales », les « règles de l’art » et les «ingrédients naturels ». Naturels comme l’uranium ou le plomb par exemple
.
Le végétal a la cote ? Et hop, une mention « d’origine végétale ». La ciguë est 100% végétale, sa consommation n’est pas conseillée pour autant.

Au rayon cosmétique, tous les produits affichent fièrement la mention « sans paraben » mais à la place, la composition révèle un conservateur pire que les parabens utilisés il y a 20 ans : les isothiazolinone (methylisothiazolinone par exemple). Mais pas un mot sur les tensioactifs sulfatés irritants.

3. Comment ne pas tomber dans le panneau
Savoir que le greenwashing existe est un bon départ. Savoir l’identifier c’est encore mieux. Les techniques de greenwashing se déclinent sur tout ce qui construit la marque ou le produit (nom, slogan, champ lexical utilisé, identité visuelle) mais elles se concentrent sur l’emballage. Faites de même : concentrez-vous sur l’emballage !Faites preuve de bon sens – rappelez-vous, l’uranium est naturel et la ciguë 100% végétale.

  • Lisez attentivement les étiquettes et décortiquez la composition des produits étiquettes
  • Vérifiez les termes et/ou labels que vous ne connaissez pas avant l’achat
  • Informez-vous auprès des organismes et associations qui travaillent sur ces questions.Le site de l’ADEME recèle quantité d’informations, notamment un guide anti-greenwashing à télécharger. Les associations de consommateurs et/ou de préservation de l’environnement pourront également vous renseigner.

Source https://vieverte.fr/2019/06/03/packaging-et-greenwashing-ou-comment-repeindre-lemballage-en-vert/

*** De quoi qu'on s'mail, Rémy? ***

J'ai l'immense chance de correspondre depuis deux ans avec cet artiste plasticien, mail-artiste de la première heure, Monsieur Rémy Pénard, qui pratique depuis les années 1970 ce que l'on n'appelait pas encore de l'art postal. Nos relations épistolaires sont assez espacées, mais j'apprécie nos échanges.

Je vous le laisse découvrir dans cette une vidéo Youtube où il explique son parcours et sa technique.
Vidéo Youtube de 7ALimoges - Remy Pénard, de quoi j'me mail

L'autre 11 septembre, le coup d'état au Chili en 1973 - Hommage à Victor Jara

Le 11 septembre n'est pas uniquement le jour des attentats terroristes qui ont détruit les tours jumelles à New York en 2001. Cette date maudite est aussi celle du coup d'Etat militaire du général Pinochet qui a renversé la démocratie chilienne en 1973 et entraîné la mort du président Salvador Allende.
Photo de  Marcelo Montecino relayée sur Nantes Révoltée


Le 11 Septembre 1973, le palais présidentiel de La Moneda,dans lequel s'est retranché le président Salvador Allende, 
subit les assauts des troupes dirigées par Augusto Pinochet. ©AFP/Archives 
El Estadio nacional devint pour quelques semaines le principal centre de détention, de tortures et d’exécutions du pays

Scènes de rue : autodafé, arrestations multiples 
La dictature chilienne reste dans les mémoires car elle a été sanglante et longue. Le régime de Pinochet va torturer, tuer et faire disparaître des milliers d’opposants, et ira jusqu’à jeter certains prisonniers depuis des hélicoptères au dessus de l’océan. Beaucoup sont encore portés disparus. Pendant 17 ans, les exactions de ce régime fasciste ont durablement traumatisé le peuple chilien.

Si cela vous dit, je vous  conseille les films de Patricio Guzman, qui éclairent intelligemment ce qui s'est passé là-bas (Nostalgie de la Lumière 2010, Le bouton de nacre 2015). Je vois qu'il a filmé son pays dans un autre film que je ne connais pas encore (La cordillière des songes 2019).

Aujourd'hui, 50 ans après ces évènements tragiques, comment ne pas se rappeler les horreurs qui ont été perpétrées là-bas? il est tellement essentiel de permettre à chaque chilien de pouvoir retrouver dignité et humanité et à nous; de ne jamais oublier leur martyr.

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CHILI. Cinquante ans après le coup d’État, il est vital pour l’avenir du pays de stimuler la mémoire historique

Des étudiants de l'Université du Chili lors d'une marche à l'occasion de la Journée des personnes disparues-Photo de Getty Images

Afin de panser les blessures infligées par le régime militaire dirigé par Augusto Pinochet, le Chili doit tirer les leçons de son histoire et reconstruire les fondements d’une société plus respectueuse de la dignité humaine, a déclaré Amnesty International à l’occasion de la commémoration des 50 ans du coup d’État qui a donné lieu à d’innombrables crimes de droit international et à de cruelles violations des droits humains dans ce pays.

Sous le régime Pinochet, les garanties constitutionnelles ont été suspendues, le Congrès a été dissous et l’état de siège a été déclaré dans tout le pays. La torture et les disparitions forcées, entre autres pratiques, sont devenues la politique de l’État. D’après les chiffres officiels, le régime a fait 40 175 victimes, parmi lesquelles des personnes torturées, exécutées, détenues ou disparues ; selon les dossiers de l’Observatoire de la justice de transition, dans plus de 70 % des cas de personnes exécutées ou soumises à une disparition forcée, il n’y a pas eu de justice, de vérité ni de réparations.
 

Entre 1973 et 1990, 3 216 personnes ont été tuées ou ont fait l’objet d’une disparition forcée. À ce jour, on estime que les corps de 1 469 personnes détenues ou exécutées n’ont pas été retrouvés. Il est impératif que le Plan national de recherche annoncé par le président Gabriel Boric permette d’élucider les circonstances de la disparition de ces personnes et le sort qui leur a été réservé. Ce programme doit être mené en partenariat avec les familles, être doté de moyens suffisants pour sa mise en œuvre effective et déboucher sur des enquêtes pénales sur l’ensemble des personnes soupçonnées d’avoir une responsabilité individuelle.


"La recherche des détenu·e·s disparus est une question de justice, mais aussi d’humanité. Non seulement retrouver leur trace, les identifier et restituer leurs dépouilles à leurs familles soulagera ces dernières, mais cela contribuera également à guérir la profonde blessure qui est manifeste au sein de la société chilienne. Il est donc essentiel que les personnes qui se sont obstinées à ne pas fournir d’informations complètes sur ce qui s’est réellement passé le fassent enfin. Cette mesure, ainsi que d’autres récemment annoncées par le gouvernement, sont essentielles pour que le Plan national de recherche puisse remplir sa mission", a déclaré Rodrigo Bustos.

Le Congrès doit se rendre disponible afin de progresser vers la justice et soutenir les projets de loi proposés par le gouvernement. L’élimination du caractère secret des lois adoptées sous le régime de Pinochet et la levée de la confidentialité des témoignages des victimes de torture devant la commission Valech sont des éléments qui permettront au Chili de devenir un pays qui s’acquitte de ses dettes en matière de droits humains.

La mémoire historique est un pilier fondamental des mesures visant à éviter que des événements aussi dévastateurs se reproduisent. Cinquante ans après le coup d’État, le Chili ne dispose toujours pas d’une loi visant à protéger les sites mémoriels, ni d’archives nationales de la mémoire. Il est crucial que les autorités concrétisent l’initiative visant à se doter d’archives, qu’elles fixent des objectifs précis pour leur fonctionnement et réfléchissent à la participation de la société civile. Il est par ailleurs urgent qu’elles répondent aux besoins du réseau des sites mémoriels et qu’elles adoptent des mesures de protection et de préservation des lieux où des violations des droits humains ont été commises. Dans ce contexte, l’annonce récente par le gouvernement d’une politique nationale de la mémoire et du patrimoine est bienvenue, et il est essentiel que le Congrès soutienne cette initiative.
"Les sites mémoriels doivent être respectés, entretenus et valorisés de sorte à remplir leur fonction éducative. La présence de ces lieux sera un rappel pour les nouvelles générations, afin qu’elles n’oublient jamais les atrocités qui y ont été commises et qu’elles grandissent avec la conviction que ces pratiques ne doivent jamais se répéter", a déclaré Rodrigo Bustos.

"Il est essentiel d’entretenir la mémoire, pour que les nouvelles générations n’aient pas à vivre les atrocités que nous avons connues dans le passé", rappelle Rodrigo Bustos.

Aujourd’hui, alors que les victimes, leurs familles et les groupes de défense des droits humains persévèrent encore, après des décennies de quête de justice, certaines personnalités et autorités publiques diffusent de manière irresponsable des discours de haine. Ces agissements sont réellement dangereux car ils minimisent les souffrances des victimes, nient le droit à la vérité, désinforment, affaiblissent les institutions et favorisent l’impunité et la répétition de l’histoire.

"Nous ne pouvons pas laisser l’oubli et les discours de haine entraver le fonctionnement de la société. Il est essentiel d’entretenir la mémoire, pour que les nouvelles générations n’aient pas à vivre les atrocités que nous avons connues dans le passé. Un rejet ferme des violations des droits humains et un engagement inébranlable en faveur de la vérité, de la justice, de la réparation et des garanties de non-répétition constitueraient un signal fort indiquant que notre pays mérite de vivre", a conclu Rodrigo Bustos.

Source ; https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2023/09/chile-50-years-since-the-coup-detat-exercising-historical-memory-is-vital-for-the-countrys-future/

*** Hommage à Victor Jara ***

Par Marcelo Urra from Santiago, Chile —  https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=11915623

Il y a des personnes qui nous touchent
Au plus profond de nous
Et même sans les connaître on les connaît
Il y a dans notre cœur une porte
Qui s’est ouverte pour eux.
C’est un être de lumière
Un distributeur de tendresse
Un rayonneur
Un troubadour à la voix de velours
Il a donné à l’humanité sa nature profonde
Et tout l’éclat de son message
Par la chanson, porté aux 4 coins du monde.
Il y a des êtres lumineux
Eternellement éternels et
Ceux qui les ont fauchés
N’y sont pas étrangers
On les regarde on les écoute
Une beauté terrible et essentielle vient en notre âme
Planter une flèche à jamais
C’est répétable à merci
Est-ce de connaître leur terrible destinée
Qui nous les rend émouvants, attachants, si chers ?
Il est des êtres qui nous marquent à jamais
Et l’un d’entre eux
C’est Víctor Jara.

Carole Radureau (30/11/2020)
Source : http://caro-hobo.over-blog.com/2020/11/lumineux.html

Víctor Lidio Jara Martínez (né à San Ignacio, province de Ñuble, le 28 septembre 1932 et mort à Santiago, vers le 15 septembre 1973) est surtout connu comme chanteur populaire chilien, et cantautor (auteur-compositeur-interprêtre). Mais il fut aussi un homme de théâtre, metteur en scène et professeur de théâtre universitaire reconnu. Il est enfin resté dans la mémoire du Chili et du monde pour sa fin tragique lors du coup d'État fasciste du 11 septembre 1973 à Santiago.

Au titre de sa carrière musicale, il est un des représentants les plus célèbres d'un courant qu'on a appelé la Nueva canción (« Chanson nouvelle »), avec Violeta Parra (Chili), Carlos Puebla (Cuba) et Mercedes Sosa (Argentine), et d'abord la nueva canción chilena (« nouvelle chanson chilienne ») avec des groupes comme Quilapayún, Inti Illimani et Illapu. Il a d'ailleurs parfois chanté sur scène et enregistré avec ces trois groupes, de même que sa route a croisé celle d'Isabel et Ángel Parra, ne serait-ce qu'à la Peña de los Parra, le lieu culturel créé et animé par les enfants de Violeta ; il a parfois mis des chansons de cette dernière à son répertoire, et il l'évoque avec tendresse et respect dans certaines de ses propres chansons (Manifiesto, par exemple).

La Nueva canción est un mouvement musical qui se trouve à la confluence de racines autochtones, folkloriques et populaires revendiquées (avec notamment des genres qu'on a appelés Alto folclore), ou la musique andine, ainsi qu'avec la déclinaison latino-américaine de la Canción de protesta (« chanson engagée ») et de la canción social (« chanson sociale »), tout comme le protest song nord-américain (de Joan Baez ou de Bob Dylan première période, par exemple).

Il fut l'un des principaux soutiens de l'Unité populaire et du président Salvador Allende. Ses chansons critiquent la bourgeoisie chilienne, contestent la guerre du Viêt Nam, chantent la grève contre la répression, la réforme agraire , la révolution...Ses chants, écrits par lui ou par d'autres, rendent hommage aux grandes figures révolutionnaires latino-américaines.

Arrêté par les militaires lors du coup d'État du 11 septembre 1973, il est emprisonné et torturé à l'Estadio Chile (aujourd'hui nommé stade Víctor Jara en mémoire de son martyre) puis à l'Estadio Nacional avec de nombreuses autres victimes de la répression qui s'abat alors sur Santiago.
Source : Wikipédia

Voici d'abord en vidéo le bel hommage que lui a rendu Julos Beaucarne, si émouvant.

Vidéo de la chanson "Lettre à Kissinger" chantée par Julos Beaucarne, 
publiée sur la chaine Youtube de Marijoe Be 
Et quelques vidéos sur les chants magnifiques de Victor Jara
Concierto Víctor Jara au Pérou - 17 juillet 1973 (Récital complet)- 
vidéo publiée sur la chaine Youtube de Felipe Rebolledo Saez

Canto libre de Victor Jara, vidéo publiée sur le youtube d'Enriquevicsaa

CANTO LIBRE de Victor Jara

Recherche de l’endroit où nicher / Que busca donde anidar
Éclate et déploie ses ailes / Estalla y abre sus alas
Voler et voler / Para volar y volar
Ma chanson est une chanson libre / Mi canto es un canto libre
Que voulez-vous offrir / Que se quiere regalar
Qui lui serre la main / A quien le estreche su mano
Quiconque veut tirer / A quien quiera disparar
Ma chanson est une chaîne / Mi canto es una cadena
Pas de début ni de fin / Sin comienzo ni final
Et dans chaque lien il y a / Y en cada eslabón se encuentra
Le chant des autres / El canto de los demás
Continuons à chanter ensemble / Sigamos cantando juntos
À toute l'humanité / A toda la humanidad
Que la chanson est une colombe / Que el canto es una paloma
Qui vole pour trouver / Que vuela para encontrar
Éclate et déploie ses ailes / Estalla y abre sus alas
Voler et voler / Para volar y volar
Ma chanson est une chanson libre / Mi canto es un canto libre

et sur l'hommage que ses compatriotes lui rendent dans cette magnifique chanson.
"Victor Libre" musique de Carlos Noguera, paroles de Carlos Noguera et Maneco Galeano
Vidéo publiée sur la chaine Youtube de Carlos Alberto

Victor Libre

Où est resté ton regard pur, / Dónde quedó tu mirada limpia,
sourire ouvert dans la nuit, / sonrisa abierta en la noche,
ailes de mouette et de poignard. / alas de gaviota y puñal.

Le Chili pleure ton chant immolé, / Chile llora tu canto inmolado,
de Víctor Libre est la lumière, / de Víctor Libre es la luz,
de Patrie et de Jara la voix. / de Patria y Jara la voz.

Pierre, passion, une prière, / Piedra, pasión, plegaria,
un murmure araucan, / arrullo araucano,
libre est né le soleil / libre ha nacido el sol
après sa mort. / después de morir.

Une rivière de lune baigne ton visage / Un río de luna baña tu rostro
de poésie et de honte / de poesía y vergüenza
qui est défi au traître. / que es desafío al traidor.

Les quatre vents soufflent / Soplan los cuatro vientos,
de braves cavaliers de la victoire / valientes jinetes de la victoria
éclairante et finale. / esclarecedora y final.

Pierre, passion, une prière, / Piedra, pasión, plegaria,
un murmure araucan, / arrullo araucano,
libre est né le soleil / libre ha nacido el sol
après sa mort. / después de morir.

http://cocomagnanville.over-blog.com/2016/11/victor-libre.html

10 septembre 2023

Le miracle du "Kindertransport" : un voyage vers la vie

La cérémonie du Souvenir à la mémoire des Déportés et des Victimes de la Shoa a lieu aujourd'hui dimanche 10 septembre à la Grande Mosquée de Paris, avec comme thème pour 2023 "les enfants cachés".

Le devoir de mémoire est une chose essentielle pour moi. Il me semble capital de transmettre aux générations suivantes les faits historiques qui ont façonné le destin des hommes pendant le 20e siècle, si tragique, maintenant qu'il n'y a quasiment plus de témoins de ces évènements encore en vie. 

Pour que plus jamais de telles horreurs ne se reproduisent!

Le Kindertransport 1938-1940

Rappeler l'histoire du transport de nombreux enfants juifs exfiltrés d'Europe où ils étaient pourchassés par les nazis du 3e Reich m'a paru important, sauf qu'une fois que j'ai eu réalisé cet art postal, je n'ai pas su à qui l'envoyer, de peur de risquer de froisser l'un ou l'autre de mes correspondants.

Ci-dessus la statue du groupe d'enfants dit "L'arrivée" devant la station de métro de Liverpool Street à Londres.
sculpture de Frank Meisler (1925–2018) 
Frank Meisler réalisa plusieurs statues sur le même sujet, en différents lieux de départ des enfants, comme à Berlin, Hambourg (Allemagne), Hoek (Hollande) ou encore Gdansk (Pologne)

Mémorial de Berlin
Mémorial de Gdansk (Pologne)

Mémorial de Hambourg
Mémorial de Hoek (Hollande)

Source : https://encyclopedia.ushmm.org/content/fr/article/kindertransport-1938-40

Le Kindertransport (transport d'enfants) est le nom informel d'une série d'opérations de sauvetage qui permit, entre 1938 et 1940, de transférer d'Allemagne nazie vers la Grande-Bretagne des milliers d'enfants juifs réfugiés.

Après les violences antisémites organisées par les autorités nazies pendant la "Nuit de cristal" en novembre 1938, le gouvernement britannique rendit moins contraignantes les restrictions en matière d'immigration pour certaines catégories de réfugiés juifs. Sous la pression de l'opinion publique britannique et des comités d'aide aux réfugiés, et plus particulièrement du British Committee for the Jews of Germany et du Movement for the Care of Children from Germany, les autorités britanniques acceptèrent d'autoriser un nombre indéterminé d'enfants de moins de 17 ans en provenance d'Allemagne et des territoires occupés par l'Allemagne (c'est-à-dire d'Autriche et des territoires tchèques) à entrer en Grande-Bretagne.

Des citoyens privés ou des organisations devaient s'engager à subvenir aux besoins et à l'éducation de chaque enfant, ainsi qu'à prendre en charge le moment venu son émigration hors de Grande-Bretagne. En contrepartie de cet engagement, le gouvernement britannique acceptait de permettre à des enfants réfugiés non accompagnés d'entrer dans le pays munis de simples visas de tourisme. Il était entendu à l'époque que lorsque la "crise serait passée", les enfants retourneraient dans leur famille. Les parents ou les tuteurs n'étaient pas autorisés à accompagner les enfants. Les quelques enfants en bas âge inclus dans le programme furent ainsi placés, pendant la durée du transport, sous la responsabilité d'autres enfants.

Le premier convoi d'enfants arriva à Harwich, en Grande-Bretagne, le 2 décembre 1938. Il s'agissait d'environ 200 enfants provenant d'un orphelinat juif de Berlin qui avait été détruit pendant la Nuit de Cristal. A l'instar de ce convoi, la plupart des transports se firent par train au départ de Berlin, de Vienne, de Prague ainsi que d'autres grandes villes d'Europe centrale. Les enfants des petites villes et des villages devaient se rendre dans des points de rencontre pour rejoindre les transports. Des organisations juives établies au sein du Reich grand-allemand — notamment le Conseil central des Juifs d'Allemagne, dont le siège était à Berlin (puis après 1939, l'Association des Juifs d'Allemagne qui lui succéda) et l'organisation de la communauté juive de Vienne (Kultusgemeinde)  — organisaient les transports.

Ces associations favorisaient en général les enfants dont l'émigration était urgente parce que leurs parents étaient en camp de concentration ou n'étaient plus en mesure de s'occuper d'eux. La priorité était également donnée aux enfants sans domicile et aux orphelins. Les enfants choisis voyageaient en train jusqu'en Belgique et aux Pays-Bas, d'où ils prenaient le bateau jusqu'à Harwich. (Au moins l'un des premiers convois quitta le port de Hambourg en Allemagne, et certains enfants de Tchécoslovaquie prirent directement l'avion pour la Grande-Bretagne). Le dernier transport en provenance d'Allemagne partit en septembre 1939, juste avant le début de la guerre, et le dernier en provenance des Pays-Bas partit le 14 mai 1940, le jour de la reddition des forces armées du pays. En tout, les opérations de sauvetage permirent de faire immigrer en Grande-Bretagne de 9 000 à 10 000 enfants, dont 7 500 enfants juifs, d'Allemagne, d'Autriche, de Tchécoslovaquie et de Pologne.

Après leur arrivée à Harwich, les enfants qui étaient parrainés étaient envoyés à Londres pour faire la connaissance de leur famille d'accueil. Les autres étaient hébergés dans une colonie de vacances de Dovercourt Bay ou dans d'autres centres jusqu'à ce que des familles acceptent de les prendre en charge ou que des structures d'accueil en mesure de recevoir des groupes d'enfants soient mises en place. Nombreux furent les individus et les organisations qui participèrent à ce sauvetage. En Grande-Bretagne, c'est le Movement for the Care of Children from Germany qui en assura la coordination. Des Juifs, des quakers et des chrétiens de nombreuses confessions travaillèrent de concert pour accueillir les enfants réfugiés. Environ la moitié des enfants furent placés dans des familles d'accueil, l'autre moitié séjournant dans des auberges de jeunesse et des fermes sur l'ensemble du territoire britannique.

En 1940, les autorités britanniques firent interner, en tant qu'étrangers ennemis environ 1 000 enfants du Kindertransport sur l'Ile de Man et dans d'autres camps d'internement au Canada et en Australie. Malgré cette qualification d'étrangers ennemis, certains des jeunes garçons s'enrôlèrent plus tard dans l'armée britannique et combattirent contre l'Allemagne.

Après la guerre, de nombreux enfants du programme de transport d'enfants devinrent citoyens britanniques ou émigrèrent en Israël, aux Etats-Unis, au Canada ou en Australie. La plupart de ces enfants ne revirent jamais leurs parents, exterminés pendant la Shoah.


Frank Meisler (1925–2018)*

Sculpteur, né à Danzig, aujourd'hui Gdansk, Pologne, qui a déménagé en Angleterre en tant que réfugié des nazis en 1939, s'installant plus tard en Israël, basé à Jaffa. Il a montré en Angleterre et a eu pendant un certain temps un studio à Londres; a été inclus dans l'exposition Heart of Israel à Alexandra Palace, 1988; et sa sculpture en métal La lampe israélienne a été dévoilée près du Royal Shakespeare Theatre, Stratford-upon-Avon, en 1990. L'œuvre la plus remarquable de Meisler est probablement son Mémorial de l'Holocauste à Mannheim, en Allemagne. Il y avait un autre mémorial de l'Holocauste par lui à Miami, en Floride. Meisler avait une réputation considérable en Israël, ses œuvres y compris une fontaine à l'hôtel King David, à Jérusalem.

Source du texte : "Artistes en Grande-Bretagne depuis 1945" par David Buckman (Art Dictionaries Ltd)

6 septembre 2023

Une épave et des céphalopodes, vers Eric - Carnet 33-6/3

Nous ne nous mettons aucune pression pour réaliser ce carnet-navette avec Eric mais lorsque l'inspiration m'est venue d'un coup,  je me suis laissée portée par l'ambiance particulière des profondeurs de l'océan. Et pourtant ce n'était pas gagné, car la dernière double page magnifiquement composée par Eric pointait sur ce que j'avais imaginé mettre en images pour la suite...si bien que le challenge fut complet puisqu'il m'a fallu repenser à une toute nouvelle composition. 

Vient maintenant le temps où notre carnet à quatre mains entreprend son troisième voyage et repart vers Eric, pour y être complété, selon son feeling, son tempo et sa guise. 

photo centrale extraite de "Naufrage", par Erica Grenci trouvée sur le site Artstation


C'est en visionnant la photo d'un naufrage et en extrayant la partie la plus sombre avec la carcasse d'un bateau échoué, que j'ai eu le déclic. Il n'est pas facile d'imaginer un monde foisonnant dans une atmosphère aussi peu lumineuse que celle des abysses, alors de voir cette épave-au dessus de laquelle des rayons de lumière font une trouée où l'on voit tournoyer des requins a été particulièrement inspirante pour imaginer un monde autour.

J'espère qu'Eric recevra notre carnet en bon état car cette fois, ma double page comporte un peu d'épaisseur. Je lui souhaite autant de plaisir pour la réalisation de la suite, que j'ai pu en éprouver à faire cette composition.

article du 30 août publié le 6 septembre pour ménager la surprise à Eric

5 septembre 2023

EL154 - Couleurs d'Afrique et empreinte de ses éléphants, de Nicole

Dans ma boîte aux lettres du jour j'ai trouvé une enveloppe kraft magnifiquement colorée, sur le thème de l'Afrique et des éléphants (sur le morceau de tissu qui en garni le base et sur le timbre empreinte de pas d'un pachyderme) : c'est l'amie Nicole, qui se remet au mail-art pour la rentrée, d'une manière magnifique.

bande de tissu avec impression d'éléphants stylisés
Quelle chance j'ai de t'avoir pour correspondante, tu es érudite sur tant de sujets que c'est un bonheur d'avoir des échanges avec toi! 

Mais cette fois-ci, comme si cela ne suffisait pas, tu as rajouté un cadeau dans l'enveloppe d'où l'épaisseur. Et c'est un livre de Thierry Dedieu, aux éditions Seuil Jeunesse,  qui raconte une histoire d'initiation et de choix... m'écris-tu. Je pense qu'il me faudra attendre quelques années avant que je puisse le faire lire à ma petite-fille, mais je ne manquerai de lui proposer,  le moment venu. 

Et même si ce n'est pas sur le même continent, j'ai beaucoup aimé la carte qui accompagne ton envoi, présentant un masque Sugpiak, Alutiiq (Archipel de Kodak, Alaska) du 19e siècle. Les fentes très étroites prévues pour laisser passer le regard évoquent immédiatement l'immense réverbération du soleil sur la glace, dont il fallait absolument se protéger. 

Un très très grand merci Nicole pour cette enveloppe garnie, et pour ton grand coeur.

4 septembre 2023

Sur les traces d'un randonneur, pour Christophe

Dans le massif du Vercors qu'il habite désormais, l'ami Christophe a souvent l'occasion de porter les chaussures de randonnée pour arpenter les sentiers balisés et découvrir toute la beauté de cet environnement de montagne et sa flore si abondante et si variée en été. 

Alors,  en souvenir du temps où je pouvais encore moi-même pratiquer cette saine activité, j'ai pensé en composant ce mail-art,  au doux moment où l'on peut enfin se déchausser après une belle journée passée à crapahuter sur les sentiers... fourbue mais contente. 

"Marcher est une manière de ralentir le temps et de gouter la vie "  Frédéric Gros 
photo trouvée dans Pinterest sans nom d'auteur, rebrodée à la main

Je te souhaite une bonne réception de ce mail-art, cher Christophe,  ainsi qu'une belle fin d'été.