Blog d'art-postal, essentiellement textile , créé pour satisfaire toutes mes envies de couture, broderie, embellissement, collages et autres fantaisies... en les appliquant aux univers riches et variés induits par les timbres postaux. Il peut m'arriver d'y noter mes coups de coeur pour des expositions ou des artistes, sources d'inspiration ou d'émotions.
BIENVENUE!
Voici un article récent du Dauphiné Libéré mettant l'accent sur cette belle activité qu'est l'art postal avec la nouvelle exposition du Musée International de l'Art Postal (le MIAP) de notre ami et correspondant Christophe Blaise, à Rencurel (Isère).
Pour la saison 2026, son dernier appel à mail-art sur le thème "Quoi ma gueule ?" lui a permis de recevoir quelques 300 pièces timbrées et postées, qu'il a exposées dans son MIAP, musée petit par la taille car installé dans une cabane de jardin mais tellement remarquable par la créativité et l'inventivité des auteurs de ces courriers originaux.
Christophe Blaise devant la galerie de portraits de sa dernière exposition, sur le thème “Quoi ma gueule ?”. Quelque 300 portraits réalisés par des artistes amateurs et professionnels du monde entier sont présentés cette année au Musée international de l’art postal./ Photos B.D. / Le Dauphiné Libéré
article de Bénédicte Dufour, dans le Dauphiné Libéré du 9 août 2026
Si vous passez par le Vercors cet été, n'hésitez pas à faire un petit détour par Rencurel pour visiter cet incroyable petit musée et découvrir l'art postal et toutes les fantaisies qu'il permet.
Ouvert à la belle saison, de début mai à fin septembre (sauf quelques jours en aout),
Tout le peuple italien en deuil rend hommage à Francesco Guccini, l'un des plus grands auteurs-compositeurs-interprètes de la Péninsule. Ses chansons, d'une grande portée artistique, existentielle, politique et sociale, ont marqué l'histoire de la chanson italienne. L'artiste s'est éteint à son domicile de Pavana, à l'age de 83 ans. "Guccio" comme il était aussi surnommé, était très populaire et très aimé, beaucoup par les provinciaux et les petites gens : aujourd'hui beaucoup ont le sentiment d'avoir perdu un ami véritable.
Je vous mets un lien vers son site internet officiel où sa biographie est détaillée, lui l'enfant de Modène né le 14 juin 1940 soit quatre jours après l'entrée en guerre de l'Italie fasciste.
Au cours des cinq décennies de sa carrière musicale, il a enregistré 16 albums et collections en studio et 6 albums live. Il est aussi écrivain, ayant publié des romans autobiographiques et des romans noirs, ainsi que comique. Francesco Guccini a également travaillé comme acteur, compositeur de bandes sonores, lexicographe et dialectologue.
Ses textes ont été loués pour leur valeur poétique et littéraire et ont été utilisés dans les écoles de poésie moderne. Guccini a gagné l'appréciation des critiques et des fans, qui le considèrent comme une figure emblématique. Il a reçu plusieurs prix pour ses travaux ; un astéroïde, une espèce de cactus et une sous-espèce de papillon ont été baptisés de son nom. L'instrument principal de la plupart de ses chansons est la guitare acoustique.
Personnage placé à gauche sur l'échiquier politique, Francesco Guccini a traité des questions politiques et plus généralement du climat politique de son époque dans certaines chansons.
(source Wikipédia)
Comme je ne parle pas sa langue, même si j'ai 50% de sang italien dans les veines, j'ai voulu, avec trois de ses chansons, vous donner à entendre et à lire la grande humanité et le profond engagement de cet immense auteur- compositeur-interprête, qu'était Francesco Guccini.
Premier choix : ode à la liberté
Chanson live La tua liberta - Vidéo publiée sur la chaine Youtube de Haller
LA TUA LIBERTA / TA LIBERTÉ
Oltre le mura / au-delà des murs Delle città / des villes Un orizzonte insegue un orizzonte / un horizon poursuit un horizon A un'autostrada, un'altra seguirà / une autoroute en suivra une autre Gli spazi sono fatti per andare / les espaces sont faits pour avancer La tua libertà / ta liberté Se vuoi / si tu le veux
La puoi trovare / tu peux la trouver
E un uomo saggio / Et un homme sage
Regole farà / fera des règles,
Una prigione fatta di parole / une prison faite de mots ;
I carcerieri di una società /les geôliers d’une société Ti impediranno di cercare il sole - vous empêcheront de chercher le soleil La tua libertà / ta liberté Se vuoi / si tu le veux
La puoi trovare / tu peux la trouver
Fossi un uccello / J’étais un oiseau
Alto nel cielo / haut dans le ciel Potrei volare senza aver padroni / je pourrais voler sans avoir de maîtres; Se fossi un fiume / si j’étais une rivière Potrei andare / je pourrais y aller Rompendo gli argini nelle mie alluvioni / en brisant les digues dans mes inondations
E boschi e boschi / Et bois et forêts Cerco attorno a me / je cherche autour de moi Dov'è la terra che non ha barriere? / Où est la terre qui n’a pas de barrières? Dov'è quel vento che ci spingerà / où est ce vent qui nous poussera Come le vele o come le bandiere / comme les voiles ou les drapeaux ; La tua libertà / ta liberté Se vuoi / si tu veux
La puoi trovare / tu peux l'avoir
Fossi un uccello / J’étais un oiseau
Alto nel cielo / haut dans le ciel Potrei volare senza aver padroni / je pourrais voler sans avoir de maîtres; Se fossi un fiume /si j’étais une rivière Potrei andare / je pourrais y aller Rompendo gli argini nelle mie alluvioni / en brisant les digues dans mes inondations
Ma sono un uomo / Mais je suis un homme Uno fra milioni / un parmi des millions E come gli altri ho il peso della vita / et comme les autres j’ai le poids de la vie E la mia strada lungo le stagioni / et ma rue au fil des saisons
Può essere breve, ma può essere infinita / peut être courte, mais elle peut être infinie ; La tua libertà / ta liberté
Deuxième choix : une chanson pour la mémoire et que jamais ne soient oubliés les millions de personnes qui partirent en fumée dans les camps nazis. Tout d'abord la version originale chantée par son auteur, puis, en live, cette magnifique chanson interprétée par le groupe folk-rock italien I Nomadi, pour le frisson, lorsque le public reprend à l'unisson.
La chanson de l'enfant dans le vent - Auschwitz - Chanson de Francesco Guccini ‧ 1967
LA CONZONE DEL BAMBINO NEL VENTO - AUSCHWITZ
LA CHANSON DE L ENFANT DANS LE VENT - AUSCHWITZ
Son morto con altri cento / Je suis mort avec cent autres Son morto ch'ero bambino / je suis mort quand j'étais enfant Passato per il camino / Passé par la cheminée E adesso sono nel vento / Et maintenant je suis dans le vent E adesso sono nel vento / Et maintenant je suis dans le vent
Ad Auschwitz c'era la neve / Il y avait de la neige à Auschwitz Il fumo saliva lento / La fumée montait lentement Nel freddo giorno d'inverno / Dans la froide journée d'hiver E adesso sono nel vento / Et maintenant je suis dans le vent Adesso sono nel vento / Maintenant je suis dans le vent
Ad Auschwitz tante persone / De nombreuses personnes à Auschwitz Ma un solo grande silenzio / Mais juste un grand silence È strano non riesco ancora / C'est étrange, je ne peux toujours pas A sorridere qui nel vento / Souriant ici dans le vent A sorridere qui nel vento / Souriant ici dans le vent
Io chiedo come può un uomo / Je demande comment un homme peut Uccidere un suo fratello /Tuer un de ses frères Eppure siamo a milioni / Pourtant nous sommes des millions In polvere qui nel vento / Épousseté ici par le vent In polvere qui nel vento / Épousseté ici par le vent
Ancora tuona il cannone / Le canon gronde encore Ancora non è contento / Il n'est toujours pas content Di sangue la belva umana / La bête humaine est ensanglantée E ancora ci porta il vento / Et toujours le vent nous amène E ancora ci porta il vento / Et toujours le vent nous amène
Io chiedo quando sarà / Je demande quand ce sera Che l'uomo potrà imparare / Cet homme peut apprendre A vivere senza ammazzare / Vivre sans tuer E il vento si poserà / Et le vent s'installera E il vento si poserà / Et le vent s'installera
Io chiedo quando sarà / Je demande quand ce sera Che l'uomo potrà imparare / Cet homme peut apprendre A vivere senza ammazzare / Vivre sans tuer E il vento si poserà / Et le vent s'installera E il vento si poserà / Et le vent s'installera E il vento si poserà / Et le vent s'installera
La conzone del bambino nel vento - Auswichz par le groupe I NOMADI
enregistrement live de 1992 publiée sur la chaine youtube du groupe
Dernier choix : une très belle chanson d'amour : Vorrei
VORREI, extraite de son album "D’amour, de mort et d’autres balivernes" (vidéo publié sur la chaine youtube de l'artiste)
VORREI / JE VOUDRAIS
Vorrei conoscer l'odore del tuo paese / J’aimerais connaître l’odeur de ton pays camminare di casa nel tuo giardino, /marcher de la maison dans ton jardin, respirare nell'aria sale e maggese, /respirer dans l’air salin et maigre, gli aromi della tua salvia e del rosmarino / les arômes de ta sauge et du romarin
Vorrei che tutti gli anziani mi salutassero / Je voudrais que tous les anciens me saluent parlando con me del tempo e dei giorni andati,/ me parlant du temps et des jours passés, vorrei che gli amici tuoi tutti mi parlassero, / J’aimerais que tous tes amis me parlent, come se amici fossimo sempre stati. / comme si on avait toujours été amis.
Vorrei incontrare le pietre, le strade, gli usci / Je voudrais rencontrer les pierres, les rues, les lieux e i ciuffi di parietaria attaccati ai muri, / et les mèches de pare-air attachées aux murs, le strisce delle lumache nei loro gusci, / les bandes des escargots dans leurs coquilles, capire tutti gli sguardi dietro agli scuri /comprendre tous les regards derrière les ténèbres
E lo vorrei / Et je le voudrais perché non sono quando non ci sei / pourquoi je ne suis pas quand tu n’es pas là e resto solo coi pensieri miei ed io... / et je reste seulement avec mes pensées et moi...
Vorrei con te da solo sempre viaggiare,/ J’aimerais voyager toujours seul avec toi, scoprire quello che intorno c'è da scoprire / découvrir ce qu’il y a à découvrir autour per raccontarti e poi farmi raccontare / pour te raconter et ensuite me faire raconter il senso d' un rabbuiarsi e del tuo gioire; / le sens d’un frisson et de ta joie ; vorrei tornare nei posti dove son stato, / je voudrais retourner dans les endroits où j’ai été, spiegarti di quanto tutto sia poi diverso / vous expliquer à quel point tout est différent e per farmi da te spiegare cos'è cambiato / et pour que tu m’expliques toi-même ce qui a changé e quale sapore nuovo abbia l'universo. / et quelle nouvelle saveur a l’univers.
Vedere di nuovo Istanbul o Barcellona / Voir à nouveau Istanbul ou Barcelone o il mare di una remota spiaggia cubana / ou la mer d’une lointaine plage cubaine o un greppe dell'Appennino dove risuona / ou une colline des Apennins où résonne fra gli alberi un'usata e semplice tramontana / parmi les arbres une tramontane simple et d’occasion
E lo vorrei / Et je le voudrais perché non sono quando non ci sei / pourquoi je ne suis pas quand tu n’es pas là e resto solo coi pensieri miei ed io... / et je reste seulement avec mes pensées et moi... Vorrei restare per sempre in un posto solo / Je voudrais rester pour toujours dans un seul endroit per ascoltare il suono del tuo parlare / pour écouter le son de votre parole e guardare stupito il lancio, la grazia, il volo / et regarder, étonné, le lancement, la grâce, le vol impliciti dentro al semplice tuo camminare / implicites à l’intérieur de ta simple marche e restare in silenzio al suono della tua / et rester silencieux au son de la tienne o parlare, parlare, parlare, parlarmi addosso / ou parler, parler, parler, me parler dimenticando il tempo troppo veloce / en oubliant le temps trop rapide o nascondere in due sciocchezze che son commosso. / ou cacher dans deux bêtises que je suis ému.
Vorrei cantare il canto delle tue mani,/ Je voudrais chanter le chant de tes mains, giocare con te un eterno gioco proibito / jouer avec toi un éternel jeu interdit che l'oggi restasse oggi senza domani / que l’aujourd’hui restait aujourd’hui sans demain o domani potesse tendere all'infinito / ou demain pourrait tendre à l’infini
E lo vorrei / Et je le voudrais perché non sono quando non ci sei / pourquoi je ne suis pas quand tu n’es pas là e resto solo coi pensieri miei ed io... / et je reste seulement avec mes pensées et moi...
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Comme je comprends l'immense peine des italiens si émus par la disparition de ce formidable artiste, lui qui savait si bien parler d'eux et de leur vie quotidienne, avec tant de poésie et une très grande liberté de ton.
Surtout ne vous limitez pas à la sélection forcément très parcellaire que je vous propose, allez l'écouter sur votre plateforme favorite ou sur internet où il est facile de traduire les paroles, comme je l'ai fait.
ADIEU et MERCI Maestrone! Soyez en Paix
***
Pour terminer voici ce qu'en dit la chaine italienne RAI-News
Le chanteur-compositeur qui a marqué toute une génération est décédé à 86 ans.
Le pays est en deuil, notamment sa région natale, l'Émilie-Romagne. Paolo Sommaruga -
Encore une belle missive que m'adresse l'Être anonyme, une correspondante fidèle parmi les fidèles qui, entre deux vagues de visiteurs qui passent une partie de l'été dans sa maison, a trouvé le temps et surtout l'énergie de faire de l'art postal et de penser à moi.
"Il n'y a point de recette pour embellir la nature, il ne s'agit que de voir" Auguste Rodin
Cette fois c'est le vert qui domine, comme cela nous fait du bien : après le noir et le gris des brûlis et des cendres laissés derrière l'orange et le jaune des flammes gigantesques qui ont ravagé notre pays en bien des endroits (Gironde, Var, Drome, Seine et Marne avec Fontainebleau, Aude, Corse, Alpes-Maritime, Bretagne, Loire-Atlantique, etc...), penser à la beauté de la nature dans sa simplicité et la louer est indispensable.
Puissions-nous nous mobiliser ensemble pour lui permettre de se régénérer, loin de toutes les artificialisations des sols par le béton et le bitume, et d'implantations supplémentaires d'entrepôts géants, de champs de panneaux photo-voltaïques ou de méga-datacenter- et pour la faune, loin des fusils des chasseurs pour la saison prochaine, au moins!
Pensées émues pour toutes les personnes déplacées, les personnes qui ont tout perdu leurs biens, les animaux et les végétaux irrémédiablement détruits dans ces méga-feux, force et courage à tous les pompiers et à tous les bénévoles qui ont fait des miracles là où nos dirigeants se sont montrés une fois de plus en dessous de tout... Qui aurait pu prévoir?
Merci l'Être anonyme pour ta fidélité et ta constance, ton enveloppe sur fond de caractères sténographiques me réjouit le coeur.
Puisque la
poésie N’a plus
beaucoup de place Dans ce
monde en charpie Où l’avenir
grimace Nous en
ferons une arme Une arme
issue du cœur Pour
transformer nos larmes En un projet
d’ampleur
Mettre en
lumière le beau
Pour ceux
qui ont laissé S’en aller
en lambeaux Leur âme
émerveillée A vous les
politiques Qui
manquez de courage De respect
et d’éthique Entendez-vous
la rage
De ceux
qui veulent sauver
L’habitabilité D’une
terre massacrée Par vos
lois insensées Quand les
scientifiques Annoncent l’étincelle L’inaction
climatique En devient
criminelle.
Et vous
autorisez
Les fameux
pesticides D’un Duplomb
acharné Marionnette
lucide Malgré les
pétitions L’avis des
médecins Aux lobbys
du poison Vous
donnez un blanc-seing
La
climatisation
Sur vos
lèvres, sans fin N’est pas
la solution Pour habiter
demain Elle n’est
qu’un argument De populiste
crasse Qui endort
et qui ment Sur ce qu’il
faut qu’on fasse
Le monde
entier suffoque Et vous pendant ce temps Dans vos
fauteuils baroques Vous vous
fichez des gens Des poissons,
des oiseaux, Des arbres
et des enfants, Des mers
et des ruisseaux En somme,
du vivant.
Vous
empoisonnez l’eau
Et vous
tuez le loup Peu
importe les maux Peu importe
les coups Avec vos
complices Et dans
leur intérêt Vous cédez
aux caprices De tous
les Pouyanné
Les
forêts, les étangs
Les jardins,
les vergers Et tous
leurs habitants Qui n’ont
rien demandé Meurent et
meurent sous nos yeux Des yeux qui
vont pleurer Avant que
d’être vieux Car vous aurez
tué
Tout ce
qui nous nourrit
Nous
apprend, nous anime Dans un
grand incendie Les chances
sont infimes Entendez-vous
le chant De la
colère qui gronde Dans les
rues, dans les champs Entendez-vous la fronde
Elle
viendra vous chercher, Vous demander
des comptes Peut-être
vous juger Au moins
vous faire honte Pour qu’enfin
d’une voix Nous soyons
entendus Et que
tombent les choix D’assemblées
corrompues
Puisque la
poésie
N’a plus
beaucoup de place Fabriquons
à l’envi Du merveilleux
tenace Ensemble,
unis et prêts Imaginons
demain Et le
chant des forêts Résonnera sans
fin…
Agnès Ledig
Jusqu'à il y a très peu de temps, je ne connaissais pas du tout l'auteure de cette poésie, mais j'admire cette femme d'honneur qu'est Agnès Ledig. Son nom m'est apparu ce mois de juillet, lorsqu'elle a fait l'actualité en annonçant qu'elle rendait sa décoration de la Légion d'honneur pour dénoncer l'inaction politique face à la crise climatique et la loi d'urgence agricole.
"Pour garder mon honneur, je vous rends ma Légion", annonce l'autrice Agnès Ledig, dans une lettre ouverte au président de la République, trois ans après avoir été médaillée. "Ceux qui ont les clés de la République ne nous respectent pas. Leur inaction climatique nous fais souffrir dans notre chair et notre cœur", déplore-t-elle.
Vous trouverez ci-après le texte original de la lettre ouverte au Président de la République d'Agnès Ledig, relayée par Michelle Tirone sur sa chaine Youtube "Regard citoyen".
Lecture de la lettre ouverte d'Agnès LEDIG par Michelle Tirone
Elle est un peu longue mais fort intéressante lorsqu'on apprend le parcours si particulier de cette femme maman de trois enfants (études scientifiques, pratique du métier de sage-femme pendant 10 ans, maintenant paysanne bio éleveuse de chèvres dans les Vosges - mais aussi autrice de romans à succès depuis la disparition de son fils de 5 ans, atteint de leucémie). Fondamentalement attachée au vivant, Agnès s'est toujours sentie concernée par la santé et une meilleure qualité de vie des hommes, mais également pour la nécessaire sauvegarde de la nature, faune et flore sont si essentielles à la survie de l'humanité.
Merci à elle pour ses mots percutants et pour son encouragement à ne pas rester passifs devant cette situation incroyable que nous sommes tous en train de (vivre) subir.
Voilà bien un courrier que je n'attendais pas, il m'arrive de Bretagne et c'est Aude qui en est l'émettrice.
Je la remercie pour son souci du détail afin de coller à mes thèmes de prédilection, utilisant toujours son support unique de pochette cristal de récupération, ce qui n'empêche nullement la créativité.
En effet, subtilement cachées par de la dentelle, il y a quelques violettes séchées, ces merveilleuses petites fleurs du printemps qui elles aussi aiment à se cacher, tellement courtes sur tiges qu'il faut bien regarder pour les trouver. L'ensemble de l'envoi est agencé avec du bleu partout, dans les différentes perles et sequins et des brillants pour plus de fun.
Je vois bien là qu'Aude n'est pas rancunière, je m'explique : lors de ma réponse à son premier courrier de l'été dernier , j'avais signifié à Aude que je ne comptais pas poursuivre cette correspondance entre nous, à un moment où déjà je me sentais déjà bien fatiguée, et où je sentais déjà la nécessité de "réduire la voilure". Comme je mettais déjà un temps infini à produire un mail-art (pour qu'il soit satisfaisant à mes yeux) et que le rythme effrené des envois-réponses commençait vraiment à me peser, je n'avais pas envie d'élargir encore le nombre de mes correspondants.
Lorsqu'elle a répondu à ce courrier, je ne suis pas revenue sur ma décision et pourtant il m'avait fait très plaisir car elle avait fait l'effort de broder sur sa pochette et m'avait signifier en tirer du plaisir.
Cette fois-ci, il y aura réponse je te l'assure Aude. Simplement, il va te falloir attendre car je ne suis pas du tout en état de créer quoi que ce soit en ce moment. Les canicules successives vécues dans un appartement surchauffé entre béton et bitume, à 32.5° au plus fort de la crise, m'ont laissée trop lasse et vidée, trop écoeurée par tout ce qui se passe, trop en colère aussi, je n'arrive plus à rien en ce moment.
J'espère que l'envie reviendra vite, et promis je te répondrai sans faute. Merci encore de ta ténacité et de ce très beau mail-art.
Trop anéantie moi-même par la chaleur pour avoir encore la force de créer, je relaie ici les mots écrits par Gabrielle, une femme habitant le littoral normand au 4ème jour de la deuxième canicule de l’année.
***
Le corps et l’esprit à bout. La plume qui prend le relais pour dire, ressentir, s’indigner, dire la colère de ce qui était prédit. La première canicule de l’année a en Normandie eu lieu fin mai, juste après les Saints de Glace. Courage, amour et douceur à nos corps, et à nos cœurs. Et au Vivant.
Après les Saints de Glace
vient le temps de la Sainte Colère. Celle de la canicule, de la Terre qui brûle, de la nature et de l’Homme qui suffoquent. On nous a offert un paradis, une planète bleue, verte et si jolie, un parfait havre de vie pour des milliers, des millions d’espèces, un monde d’interdépendance, de multitude et de beauté, La merveille de notre galaxie.
Nous aurions pu être les gardiens de cet écosystème, nous avions les clés pour le préserver et pour, harmonieusement, cohabiter. Beaucoup d’entres nous l’ont d’ailleurs aimé, honoré et respecté à travers les âges. Encore aujourd’hui, certains le font. Mais voilà que d’autres ont inventé, au fil des siècles, des Lois d’Hommes pour asservir et contrôler les Lois de la nature, et du Vivant.
Rien de bon ne pouvait naître de cela, Trahir les mécanismes originels réglés au millimètre, À la seconde près en chaque chose et en chaque être. Quel plus grand péché d’égo ? Quel plus grand crime que d’assécher jusqu’à la dernière goutte ces ressources précieuses, miraculeuses, de détruire ce qui était parfait, Offert, peut-être, par plus grand que nous, Afin que, simultanément, nous en jouissions Et le protégions ? Ce que beaucoup appellent “progrès” ou “évolution” n’est en fait, à l’égard de la Terre, qu’une destruction.
Il faudra beaucoup d’amour, beaucoup de chemin et de prières, Beaucoup de forces et de cœurs ouverts Pour guérir du crime d’avoir saccagé ce qui était sacré, Le seul et unique bien commun de toute l’Humanité.
L’appel est lancé. Vous qui en ressentez l’élan, Venez.
Voilà des nouvelles estivales de ma fidèle amie belge, avec des fleurs bleues à foison sur sa petite enveloppe carrée nouée par une ficelle, et à l'intérieur une scène de bord de mer rafraichissante.
Comme cela me fait plaisir d'avoir du courrier des amis, les courageux qui trouvent encore l'énergie de créer en ce moment!
Merci Michèle de ton infaillible amitié et pour ce coup de fraicheur que tu m'envoies !
Saches que j'en ai bien besoin car je me sens de plus en plus réduite à l'état de larve gluante dans mon appartement où je supporte de plus en plus mal ces températures caniculaires (31,5° à l'intérieur). Je n'ai plus aucune énergie, je dors très mal et je suis extrêmement fatiguée.
Bien que je me sois échappée par deux fois (Ariège en juin, Saône et Loire la semaine passée), je retrouve à chaque fois ces conditions extrêmement pénibles, en rentrant, où je perds immédiatement le bénéfice de mes escapades.
Depuis son coin de Bretagne guère plus frais en ce moment qu'ici en Région Parisienne, l'Être anonyme m'envoie ce petit mot pour me remercier d'avoir participé à son appel à mail-art sur le thème du voyage en littérature.
Cet appel s'inscrivait dans le cadre des Rencontres de la Baie de Carentec, où il lui fut donné ainsi l'occasion de présenter une petite exposition et de parler de l'art postal, pour le bonheur de visiteurs découvrant le mail-art pour la plupart d'entre eux.
Chère Catherine, c'est avec un très grand plaisir que j'ai participé à cet appel en évoquant les deux grands écrivains aventuriers que furent Joseph Kessel et Henry de Monfreid, : à cette occasion je me suis replongée avec délices dans leurs écrits.
C'est donc toi que je remercie doublement pour avoir eue cette belle initiative de lancer un appel à MA aussi riche de possibilités, et pour cette enveloppe très colorée et gaie que je reçois aujourd'hui. Bel été à toi.
Après avoir écouté une conférence de l'Académie du Climat sur le sujet primordial de l'eau, je me suis procuré le merveilleux livre de Baptiste Morizot illustré par les aquarelles de Suzanne Husky et je vous en parle ci-après, en première partie du post.
Dans une deuxième partie, vous trouverez une expérience menée sur le terrain pour expliquer concrètement comment s'y prendre pour régénérer une rivière, en présence de Vincent Verzat dont je vous ai déjà parlé ici, le youtubeur vidéaste, défenseur actif du vivant qu'on peut suivre sur sa chaine Partager c'est sympa.
Rendre l'eau à la terre, avec Baptiste Morizot et Suzanne Husky
Vidéo d'une conférence donnée à l'Académie du Climat
Baptiste Morizot et Suzanne Husky esquissent, dans leur ouvrage commun Rendre l'eau à la terre, des pistes d'alliance avec les non-humains pour rendre aux rivières leur pouvoir d'amplification de la vie. Baptiste Morizot est l'une des figures de proue de la nouvelle philosophie du vivant. Suzanne Husky développe une pratique créative de médias mixtes centrée sur les relations entre l'Homme, les plantes et la terre. De leur rencontre naît un ouvrage commun, Rendre l'eau à la terre, publié dans la collection Mondes sauvages. Sous la forme d'aphorismes et d'aquarelles, leurs voix s'entremêlent pour explorer les alliances possibles avec les non-humains afin de ralentir les rivières, de retenir l'eau et de restaurer son pouvoir d'amplification de la biodiversité face aux sécheresses de plus en plus fréquentes.
Avec : Baptiste Morizot, écrivain et philosophe et Suzanne Husky, artiste
les merveilleuses aquarelles de Suzanne
Présentation
En 2024, le Centre des monuments nationaux invite l’artiste Suzanne Husky pour une carte blanche au château de Châteaudun. L’artiste présente une tapisserie sous forme de frise co pensée avec le philosophe Baptiste Morizot.
Pour cette Histoire des alliances avec le peuple castor, Suzanne Husky s’inspire de la tapisserie de Bayeux pour illustrer l'histoire de relations inter-espèces sur une période de onze siècles. La tapisserie de Bayeux est une broderie de laine sur toile de lin mesurant plus de 68 mètres de long. À travers neuf panneaux de tissus, elle relate les événements de la conquête de l’Angleterre par Guillaume, duc de Normandie, au XIème siècle. À la manière de Bayeux, Suzanne Husky séquence son récit en six parties, racontant l’histoire de la rivière de l’époque Mésolithique jusqu’au XXIème siècle.
Réemployant le vocabulaire esthétique de l’art populaire, l’artiste dessine des traits simples, des personnages naïfs, des aplats de couleurs. Les bordures sont enrichies de détails qui complètent la narration principale.
Ainsi, les personnages centraux de ce récit ne sont pas de grandes figures de l’histoire humaine mais les alliances entre les castors et les humains, la rivière et ses habitants. Considéré comme un grand transformateur de son environnement, le castor ralentit, complexifie le parcours de l’eau et hydrate les terres depuis huit millions d’années. En construisant des barrages, le castor crée des zones humides qui favorisent l'installation d'autres espèces animales, protège des civilisations contre les sécheresses et les inondations, en limitant les crues. Mais, progressivement, l’emprise des terres agricoles, le contrôle humain des flux pour des usages variés a mené à la simplification des cours d’eau et à la quasi-disparition de l’espèce.
Cette tapisserie a été tissée par l’atelier britannique Dash&Miller à partir d’un dessin à l’aquarelle réalisé par l’artiste. Elle est le fruit d’un travail minutieux de transcription et d’interprétation. De nombreux détails ont été ajoutés à la main par des brodeuses basées en Sud-Gironde, accompagnées par Emeline Daudet et Suzanne Husky. Chaque séquence est enrichie de textes rédigés par le philosophe Baptiste Morizot, co-concepteur de la frise.
Suzanne Husky est une artiste franco états-unienne, née en 1975, qui vit et travaille entre San Francisco et Gajac, en Sud-Gironde. Diplômée de l'école des Beaux-Arts de Bordeaux, puis en paysagisme et en agroécologie, elle développe une pratique qui retisse les liens entre l'humain, les plantes et la terre.
Artiste engagée, Suzanne Husky navigue entre œuvres visuelles et travail de terrain. A travers ses récits, elle invite à une compréhension de nos environnements. Elle participe à l'organisation de chantiers de régénération des cours d’eau fondés sur l’observation des savoir-faire des castors ; soit une nouvelle manière low tech, low carbon et sans machine de « guérir les rivières » par la revitalisation des sols et la plantation. Suzanne Husky co-préside l’association Mouvement d’alliance avec le peuple castor.
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Chantier Castor avec Baptiste Morizot : la rivière RÉPOND FORT !
Vidéo créée par Vincent Verzat sur la chaine Youtube Partager c'est sympa
Soigner les rivières avec une méthode low-tech inspirée par les castors : Voilà le projet portée par le philosophe Baptiste Morizot et son équipe.
Immense merci à l'équipe GEMAPI qui m'a accueilli pour ce tournage et à Rémi Masson, le plongeur photographe qui a fait ces images incroyables de castors sous l'eau, foncez découvrir son travail : https://www.remimasson.com/
Ce chantier est organisé et porté par le service GEMAPI de Valence Romans Agglo. Il est dirigé par le chef de projet technicien de rivière Cédric Cadet, et réalisé par les équipes d'agents de rivière de l'Agglo, en collaboration directe avec les membres du MAPCa. Le projet de régénération est ajusté au contexte géographique de la rivière, et au diagnostic précis de ses problèmes propres. Il a été validé par la DDT Drôme et est suivi par l'OFB. La contrainte qu'on se donne quant aux outils utilisés pour le low tech low carbon est de se limiteur "aux outils portables par des humains". cette contrainte a été pensée par le spécialiste de la restauration Kevin Swift. Cela implique de renoncer aux tractopelles, aux engins, aux machines chaque fois que c'est possible, mais cela permet de mobiliser les tronçonneuses et d'enfoncer les poteaux thermiques. L'un des enjeux majeurs du projet est de régénérer les complexités dynamiques d'une rivière vivante. Elle se rend ainsi capable à nouveau d'abriter une grande diversité et abondance d'espèces, qui contribuent en retour à la robustesse et à la résilience du milieu face aux chocs climatiques.