Elle est bien trop mignonne, ma correspondante bretonne qui m'adresse énormément d'art postal auquel je n'ai plus la niaque pour répondre illico. Et de m'envoyer autant de soleil alors que nous ne vivons quasiment que sous la pluie depuis des lustres relève d'un optimiste époustouflant!
Dentellebleue s'éclate avec le mail-art
Blog d'art-postal, essentiellement textile , créé pour satisfaire toutes mes envies de couture, broderie, embellissement, collages et autres fantaisies... en les appliquant aux univers riches et variés induits par les timbres postaux. Il peut m'arriver d'y noter mes coups de coeur pour des expositions ou des artistes, sources d'inspiration ou d'émotions. BIENVENUE!
13 mars 2026
Donner son sourire, de la part de l'Être anonyme
10 mars 2026
Nina Simone : sa musique "classique de noire" inclassable, immortelle, pour Ouiza
Je créé donc un mail-art supplémentaire (voir ICI et LÀ) que j'envoie à Ouiza car, oui, j'ai envie d'insister sur le destin brisé, autant que sur une série de chefs-d’œuvre pour le patrimoine de la musique mondiale qui caractérise la très grande et exceptionnelle artiste qu'était Nina Simone.
Dotée de l'oreille absolue, et également d'un fort caractère, elle a débuté très tôt avec son instrument pour jouer sur l'orgue de l'église où sa mère est pasteur. En Elle joue durant des heures sur son piano, répétant inlassablement ses gammes. A l'age de 10 ans, 26 avril 1943, elle est invitée pour la première fois à jouer sur le piano dans l'église principale de Saint-Luc, habillée d'une belle robe blanche. Mais soudain, elle voit qu'on oblige ses parents à laisser leurs places du devant pour que des fidèles blancs s'y installent , et qu'on leur demande d'aller s'assoir sur les sièges du fond. Elle s'en offusque ouvertement. Celle qui s'appelait encore Eunice Waymon a refusé de jouer si ses parents ne venaient pas s'assoir au premier rang et a obtenu gain de cause. "Bach a eut le dernier mot".
En septembre 1963, révoltée par l’attentat contre l’église baptiste de la 16ᵉ rue de Birmingham (Alabama) qui a coûté la vie à quatre fillettes, ainsi que par l’assassinat du militant des droits civiques Medgar Evers, Nina Simone compose Mississippi Goddam, sa première protest song. Dès lors, elle s’engage activement dans le mouvement des droits civiques. Elle fréquente ainsi plusieurs grandes figures du mouvement, Martin Luther King, Malcom X ou Stokely Carmichael, époux de Myriam Makeba. Elle joue lors de grands rassemblements en faveur des droits civiques, comme les marches de Selma à Montgomery (Alabama) en 1965. Sur ses albums des années 1960, Nina Simone interprète des chansons sur la condition des Afro-Américains dans le Sud, tels Strange Fruit de Billie Holliday (sur l’album « Pastel Blues » en 1965) ou en compose, comme Wild is the Wind (sur l’album « Four Women » en 1966). En 1968, elle dédie la chanson Why ? The King of Love is Dead à Martin Luther King trois jours après son assassinat. Puis en 1969 To Be Young, Gifted and Black devient une chanson emblématique pour les jeunes Afro-Américains.
Non, Nina Simone n'est pas juste "une chanteuse de jazz", pour Éric
Si Ferrat ne chantait pas "pour passer le temps", Nina Simone non plus ne jouait pas du piano pour «divertir». Elle jouait pour se venger. Après s’être fait fermer la porte du monde classique à cause de sa couleur de peau, elle a transformé son clavier en arme de guerre.
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| Page extraite d'un livre jeunesse "Les Pianos de Nina" de Sophie Andersen et Chloé Mayoux : la vie de Nina Simone racontée par ses pianos aux éditions Le grand jardin |
Nina Simone, compositrice, chanteuse et militante des droits civiques, pour Claire
Son rêve était de devenir la première pianiste classique noire. Le voeu de Nina Simone n’aura jamais été exaucée. "Je veux que les jeunes Noirs se rendent compte que je me bats encore pour leur cause, comme je l’ai fait pendant 20 ans. Je le fais car j’ai souffert encore plus qu’eux. Nina Simone"
Comment une jeune fille nommée Eunice Waymon, originaire de Tryon, en Caroline du Nord, est-elle devenue l'une des artistes et militantes des droits civiques les plus marquantes du XXe siècle ? L'histoire de Nina Simone, à l'image de sa musique, est audacieuse et inoubliable.
*** Mississippi Goddam ***
Hound dogs on my trail / Chiens de chasse sur ma piste
School children sitting in jail / Des écoliers dans les prisons
Black cat cross my path / Un chat noir croise mon chemin
I think every day’s gonna be my last / Et je pense que chaque jour sera mon dernier !
On doit au jeune esclave réunionnais Edmond Elbius l'incroyable essor de la production mondiale de vanille, pour Éric
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| Dessin représentant Edmond Albius et les gousses de vanille qu'il a su obtenir à l'age de 12 ans, vu sur Pinterest sans nom d'auteur |
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à droite, des photos en libre accès sur le site Adobe Stock |
L'introduction de la vanille à Bourbon s'est faite en trois temps et à partir de trois lieux différents :
- Le 26 juin 1819 elle vient de Cayenne. Pierre Bernard Milius Gouverneur de l'île depuis le 13 septembre 1818 décide de diversifier l'agriculture de l'île. Il organise des expéditions dans toutes les parties du monde afin de ramener dans la Colonie des espèces nouvelles. A la tête d'une de ces expéditions se trouve un créole de Bourbon, le Commandant Pierre-Henri Philibert accompagné du Botaniste Perrotet. C'est de Cayenne qu'ils ramènent les premières boutures de vanille.
- Le 6 mai 1820 elle vient de Manille. Une deuxième expédition du Commandant Philibert quitte Bourbon à destination de la Nouvelle Hollande, le botaniste Perrotet fait à nouveau partie du voyage. Cette expédition fera un arrêt à Manille et le botaniste en profitera pour collecter de nombreuses boutures de vanille.
- Le 25 septembre 1822 elle vient du Muséum de Paris. M. Marchant ordonnateur de Bourbon, profitant d'un voyage en France, se rend au Muséum de Paris et se procure des boutures de vanille du Mexique. Depuis le siècle dernier on cultivait, au Muséum, cette variété dans des serres chauffées. M. Marchant et sa vanille voyagent sur un bateau commandé par un créole de Saint-André, David De Floris. Ils arrivent à Bourbon le 25 septembre 1822.
Histoire de la vanille à l'Ile BourbonEdmond Albius est né à Sainte-Suzanne le 9 août 1829. Sa mère est esclave chez la sœur de Féréol Bellier Beaumont ; il la perd à sa naissance. Le 8 décembre 1853 Méziaires Lepervanche décrit l'adolescence du jeune esclave et son initiation à la botanique : Mr Féréol Bellier Beaumont recueillit cet enfant, et s'y attacha comme s'il eût été son propre fils : il ne lui dit donner aucune instruction, mais sans cesse, dans la société de cet homme, instruit, Edmond se trouva éclairé comme par une sorte de reflet des connaissances de son maître, et ne tarda pas à s'associer à ses travaux d'horticulture, et apprit de son maître, versé dans la science des plantes, à reconnaître toutes les fleurs en leur appliquant leurs noms techniques, ce qui n'était pas sans originalité d'entendre sortir des lèvres d'un enfant noir des termes scientifiques, usités seulement chez les adeptes de la science de la botanique.A l'instar de son maître, Edmond s'était essayé souvent à opérer la caprification artificielle sur des fleurs qui, par une raison ou par une autre, ne peuvent se féconder naturellement.
En 1841, l'esclave Edmond âgé de douze ans trouva, avant les botanistes du Muséum d'histoire naturelle de Paris et les scientifiques locaux, une méthode simple pour féconder manuellement les fleurs de l'orchidée vanillier. Cette découverte permit l'exploitation commerciale de la vanille Bourbon. L'intelligent enfant avait su discerner dans la même fleur, les organes mâles et femelles et les mettre convenablement en relation, procédé simple et rapide consistant à appliquer l'anthère avec le pollen, organe mâle, sur le pistil, organe femelle. La découverte du jeune Edmond allait enrichir de nombreux planteurs, doter l'île d'une nouvelle industrie agricole et permettre le développement de la culture de la vanille à travers le monde.
* 1848 : Coïncidant avec l’abolition de l’esclavage, les premières exportations de vanille symboliques commencent : 50 kilos sont envoyés en France.
* 1858 : La Réunion passe à une production de trois tonnes en 1858.
* ~1860-1870 : La production explose et atteint puis à près de 15 tonnes annuelles.
* Début des années 1880 : L’île exporte 60 tonnes annuelles au début des années 1880.
* 1898 : L’apogée est atteint avec une production record de 200 tonnes.
L’Explosion de la Production de Vanille Bourbon (1848-1898)
De l’Île Bourbon à Madagascar : l’expansion mondiale d’un savoir-faire
Comment l'intelligence d'Edmond Elbius, jeune esclave noir réunionnais a été totalement niée, pour l'Être anonyme
Connaissez-vous l'incroyable histoire de la vanille et celle d'Edmond Albius qui lui est intimement liée?
Le tournant décisif de l’histoire de la vanille survient à l’île Bourbon (ancien nom de La Réunion) au XIXe siècle. Des pieds de vanillier ont été introduits sur l’île en 1819 depuis les colonies françaises, mais pendant des années, ils fleurissent sans donner de fruits faute de pollinisation naturelle. C’est en 1841 qu’un jeune esclave réunionnais de 12 ans, Edmond Albius, au service d'un botaniste , découvre le procédé manuel de pollinisation de la fleur de vanille.
En frottant délicatement, à l’aide d’une fine tige, le pollen des organes mâles de la fleur sur le pistil femelle, Albius réussit à féconder la fleur : un geste simple mais révolutionnaire qui permet enfin à la plante de donner ses précieuses gousses.
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| Portrait d'Edmond Albius devant des lianes de vanille paru en 1863 dans l'Album de l'île de la Réunion d'Antoine Roussin. |
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| photos libres de droit Adobe Stock |
Dans un article précédent je parle longuement de l'histoire de ce garçon, dont l'histoire a totalement effacé le nom jusqu'à il y a très peu de temps et surtout comment les colons blancs se sont arrangés pour s'approprier sa découverte et en faire un marché très lucratif, en remettant en question l'esprit pratique et l'intelligence de ce garçon féru de botanique et incroyablement observateur. Pour certains d'entre eux, en effet, il était tout simplement impossible de concevoir qu'un esclave, noir de surcroît, puisse avoir eu cette intelligence là où depuis des décennies, les planteurs réunionnais avaient échoué à réussir la fructification de la vanille.
sources : ABACAI qu'est ce que la vanille exactement
Comment la littérature jeunesse, en trois livres parus au 21e siècle, tente de mieux faire connaître Edmond Albius, malgré toutes les difficultés et les écueils liés à la publication lorsque le sujet d'un livre, même chargé d'histoire, n'est pas déjà connu..../...En vitrine des trois romans, le péritexte éditorial destiné à attirer le lecteur – ou l’acheteur médiateur – opère des choix communs en première de couverture où prennent place, au cœur du titre et de l’image, le mot « vanille » et la représentation d’un jeune garçon noir. Substitué métonymiquement au nom d’Edmond Albius, c’est le mot « vanille » qui joue le rôle d’accroche dans un titre qui semble poser une énigme, soit en insistant sur la question de la couleur qui jouera un rôle symbolique dans le récit (Couleur vanille, La vraie couleur de la vanille), soit en le dotant d’une majuscule qui fait de lui un prénom et annonce une romance (Pour l’amour de Vanille). Les titres démarquent donc des entreprises différentes, où l’empan s’élargit d’emblée de la fiction (le roman d’amour) au documentaire (le sous-titre de Couleur vanille).Longtemps restée muette, l’histoire de l’esclavage fut biaisée par le point de vue extérieur des Blancs et rares sont les récits de ceux qui n’avaient pas accès à l’écriture, en particulier en français. « Pour des sociétés où manque un récit des origines, c’est à la littérature que peut incomber la mission d’en élaborer. Aussi des voix se sont-elles élevées pour rendre justice aux esclaves, pour faire connaître leur histoire, leurs souffrances et, plus rarement, leurs exploits : « Un questionnement autour de la mémoire, qu’elle soit historique ou textuelle, émerge. Il s’agit aussi d’écrire ce qui n’a pas été écrit avant, de faire entendre ce qui a été oblitéré ». À travers une entreprise ancrée dans le double projet d’un éditeur et d’un auteur pour la jeunesse, nos trois romans composent, chacun à sa façon, un tombeau à Edmond Albius, qui, comme les tombeaux poétiques, vise à lui rendre hommage et à perpétuer sa mémoire « Tel qu’en Lui-même enfin l’éternité le change », pour reprendre le premier vers du « Tombeau d’Edgar Poe » de Mallarmé. Mais les histoires relatées ne relèvent pas de l’épitaphe, elles redonnent vie au fantôme, elles font partager ses sentiments, elles invitent à comprendre le passé pour mieux vivre le présent..../...En l’espace de quelques années, un écrivain spécialiste de littérature, Michaël Ferrier, et trois romanciers pour la jeunesse s’emparent de ce personnage longtemps méconnu du grand public et jusque-là absent des programmes scolaires. Touché par ce destin tragique, chacun d’eux s’est, semble-t-il, senti investi d’une mission : extraire le zélé apprenti botaniste du néant dans lequel il a été longtemps plongé par la volonté de quelques hommes, faire connaître le parcours exceptionnel de ce jeune garçon dans une volonté de devoir de mémoire. Force est de constater que, pour l’instant, ces écrivains ont davantage agi pour faire connaître Edmond Albius en France métropolitaine que l’État français.
Edmond Albius, un esclave réunionnais, "fantôme" de l'histoire pour Michèle
Une fois n'est pas coutûme, aujourd'hui, je vais vous parler d'un "fantôme" de l'histoire dont pourtant nous devrions tous connaître le nom, étant donné la fantastique découverte qui fut la sienne et l'énorme commerce international dans l'industrie de la vanille qui en découla.
Cet article est destiné à faire connaître Edmond Albius du plus grand nombre et à réhabiliter cette personne, pourtant noire et esclave, dont la très grande intelligence et un sens de l'observation très poussé, ont permis sa découverte : son nom n'aurait jamais dû être effacé de notre Histoire.
L'histoire en bref :En 1841, sur l’île de La Réunion, un garçon esclave de 12 ans nommé Edmond Albius changea le monde avec pour seules armes sa curiosité et son pouce.Les colons français avaient rapporté des plants de vanille du Mexique vers La Réunion et les îles voisines. Mais un problème de taille subsistait : les orchidées de vanille ne fleurissaient que brièvement, et au Mexique, ce sont des abeilles spécifiques qui en assuraient la pollinisation. Sur l’île de La Réunion aucune de ces abeilles n’existait. Malgré leur savoir, botanistes et planteurs étaient impuissants : la fleur se fanait avant d’être fécondée.Et puis, Edmond est arrivé. Armé d’un éclat de bois ou d’un brin d’herbe, il souleva délicatement le minuscule opercule à l’intérieur de la fleur, pressa les parties mâle et femelle l’une contre l’autre, et réalisa à la main une pollinisation parfaitement maîtrisée. C’était simple. Élégant. Rapide. Et ça a fonctionné.Grâce à sa méthode, la vanille pouvait désormais être cultivée presque partout. La Réunion devint un important producteur. Puis Madagascar, qui domine encore aujourd’hui le marché mondial — en utilisant la technique inventée par Edmond. Mais pour Edmond Albius, aucune récompense, ni fortune, ni reconnaissance durable. Bien que sa découverte ait lancé une industrie florissante à l’échelle mondiale, il est mort dans la pauvreté et l’oubli.Aujourd’hui, nous nous devons de l'honorer. Parce qu’un enfant privé d’éducation, privé de liberté, a pourtant réussi là où tous échouaient : percer le secret de l’orchidée vanille, et laisser une empreinte invisible mais précieuse — dans chaque boule de glace, chaque gâteau, chaque flacon de parfum.Source / facebook/Le monde littéraire
Âgé de douze ans Edmond Albius découvre le procédé de la fécondation artificielle de la vanille.















