Blog d'art-postal, essentiellement textile , créé pour satisfaire toutes mes envies de couture, broderie, embellissement, collages et autres fantaisies... en les appliquant aux univers riches et variés induits par les timbres postaux. Il peut m'arriver d'y noter mes coups de coeur pour des expositions ou des artistes, sources d'inspiration ou d'émotions.
BIENVENUE!
Moi qui ne regarde quasiment plus la télévision sauf pour quelques films, je suis tombée aujourd'hui avec un grand bonheur sur une émission dédiée à Jean-Michel Folon, artiste multidisciplinaire, que j'admire tant
Reproduction d'une photo trouvée sur le site des Galeries Bartoux de Monaco
L'émission Rembobina consacré à l'artiste intégre essentiellement la diffusion d'un documentaire de Claude Ventura (le réalisateur a suivi Folon cinq jours durant dans son environnement en 1973, là où il a choisit de vivre en pleine nature, avec ce qu'il aime dans et autour de sa maison de Burcy, en Seine-et-Marne) puis différents extraits d'émissions avec Jacques Chancel. Le tout baigné de musiques magnifiques de Michel Colombier puis d'Ennio Moricone.
J'ai retrouvé la joie éprouvée lors de ma rencontre avec nombre de ses oeuvres lors d'une très belle exposition de l'été 2023 à l'intérieur de la Saline Royale d'Arc en Senans. Mais aujourd'hui, je viens d'y trouver un complément avec une incarnation du personnage. En effet, d'avoir pu le visualiser en chair et en os, évoluer dans son quotidien, tant à sa table de travail qu'arpentant la campagne environnante en marchant longuement le nez au vent, ou bien courir comme un enfant en tirant la ficelle d'un cerf-volant, me permet davantage encore de comprendre sa personnalité si riche, de percevoir sa sensibilité extrême. J'aime infiniment l'entendre parler de ses rencontres artistiques et de ses amitiés, de ses voyages...et de sa manière de capter la lumière et les couleurs lors de ses pérégrinations.
Mais je crois qu'avant tout, c'est de cette passion du dessin qui l'anime depuis l'enfance que je suis la plus admirative. Jean-Michel Folon dessine comme il respire. "Lorsque je dessine, je n'arrive pas avec une idée préconçue du dessin à venir, j'écoute mon imagination et le dessin vient tout seul".
Folon, un artiste protéiforme et engagé / Rembob'INA sur la chaine youtube de LCP Assemblée Nationale
Rembob'Ina rend hommage au créateur belge des mythiques hommes bleus volants du générique d'Antenne 2, qui a marqué l'imaginaire de millions de téléspectateurs entre 1976 et 1983. L'occasion de redécouvrir son immense talent et son œuvre prolifique dans un portrait sensible et poétique, réalisé par Claude Ventura pour l'émission Italiques en 1973. Disparu il ya 20 ans, il reste un artiste emblématique de la seconde moitié du 20ème siècle, aujourd'hui célébré partout dans le monde. Ses dessins, aquarelles, sculptures et œuvres graphiques étaient visibles partout, dans des journaux et des publicités, sur des timbres et des affiches et à la télévision. Artiste engagé et pionnier, il a également créé pour des causes qui lui tenaient à cœur, comme Greenpeace, la Croix Rouge, l'Unicef et Amnesty International.
Invitations : Elena Benazet, régisseuse et restauratrice des collections à la Fondation Folon, Claude Ventura, réalisateur, Richard Poirot, Ina.
Pour en savoir davantage je vous mets le lien sur la biographie détaillée de Jean-Michel Folon délivrée par la Fondation Folon, un musée imaginé par l'artiste.
Bienvenue à la Fondation Folon - vidéo de la chaine Youtube de la Fondation
Un musée en pleine nature En octobre 2000, Jean-Michel Folon (1934-2005) a créé un musée, situé à 20 minutes de Bruxelles, dans la Ferme du Château de La Hulpe, au cœur du Domaine régional Solvay. Cet écrin de verdure de 227 hectares est bordé par la Forêt de Soignes et parsemé de sentiers et d'étangs tranquilles (où s'épanouissent une faune et une flore remarquables). L'artiste belge en a imaginé le parcours dans une scénographie originale et interactive composée d'installations, de jeux de lumière, de musique et d'effets d'optique. Les quinze salles d'exposition présentent ses images/figures emblématiques parmi les encres, aquarelles, peintures, gravures, affiches, objets, sculptures... Ces quelques 350 œuvres permettent de découvrir la richesse du travail d'un artiste multidisciplinaire qui, grâce à l'universalité de son message, a connu rapidement une reconnaissance internationale. Fondation d'utilité publique, la Fondation Folon poursuit, par toutes les activités qu'elle met en place, la défense des valeurs et les combats de l'artiste pour les droits humains et la protection de la nature. Retrouvez les activités sur www.fondationfolon.be
Je ne sais pas si j'aurai cette chance d'aller visiter un jour cette Fondation, mais j'avoue que cela me fait terriblement envie. En attendant, si vous aimez aussi cet artiste, régalez-vous avec l'émission de TV tant qu'elle est disponible sur la chaine LCP, sinon grâce à la vidéo ci-dessus.
C'est en participant à l'appel à mail-art de Christophe Blaise sur les "gueules"que j'ai eu envie de parler de celle d'un "métèque" dont j'ai particulièrement apprécié les chansons et que j'ai envie d'honorer aujourd'hui, car cela fait déjà un bon moment qu'il est parti rejoindre les étoiles filantes.
Georges Moustaki était un artiste complet, un auteur-compositeur-interprète d'origine italo-grecque naturalisé français en 1985 mais, c'est moins connu, il était aussi artiste-peintre, écrivain et acteur.
Georges Moustaki photographié lors de son concert à Rotterdam, en 1980. Photo Gerard van Bree/Alamy Stock Photo
Débutant dans l'ombre des géants (il écrit pour Edith Piaf, Yves Montand et Barbara), Georges Moustaki s'est hissé au rang des très grands auteurs-compositeurs et interprètes de la chanson française. Le «Métèque», d'après le classique qu'il chante en 1969, est devenu un vétéran atypique et incontournable et offre l'exemple d'une personnalité artistique longuement mûrie avant de s'affirmer durablement sous les feux de la rampe. Célébré par un coffret en 2002, Georges Moustaki n'en continue pas moins d'enregistrer les albums Moustaki (2003), Vagabond (2005) et Solitaire (2008) et d'effectuer quelques tournées. Ce géant de la chanson né à Alexandrie (Égypte) en 1934 dans une famille juive originaire de Grèce, s'éteint le 23 mai 2013 à l'âge de 79 ans.
*** Georges MOUSTAKI ***
1934-2013
de g à d : Moustaki en 1955 photo Sacem / Photo prise le 23-11-1972 du chanteur Georges Moustaki -Belga-AFP/ photo en couleur non datée sans légende ni auteur précisé
Yussef (Giuseppe) Mustacchi est né à Alexandrie (Egypte) le 3 mai 1934, dans une famille juive grecque. Le fils Mustacchi parle italien à la maison, arabe dans la rue et français à l'école : ses parents libraires, attachés à la culture noble, ont tenu à ce qu'il étudie dans une institution française. L'éducation cosmopolite et francophile du jeune homme l'amène à s'intéresser à la musique française, et à se piquer de reprendre au piano des standards de Tino Rossi, Charles Trenet ou Edith Piaf. Après avoir décroché le bac, le futur Georges Moustaki fait un voyage à Paris et en revient convaincu de son désir de vivre dans la capitale française. Ayant obtenu l'autorisation de son père, il s'expatrie définitivement et s'installe chez l'une de ses soeurs, qui tient une librairie à Paris avec son époux.
L'expatrié
Ce Grec de culture francophone n'obtiendra pourtant la nationalité française qu'en 1985. Le jeune homme tente d'abord de gagner sa vie en vendant des livres de poésie au porte-à-porte, puis en travaillant dans la presse (il écrit des chroniques de la vie culturelle parisienne pour un journal égyptien dont il est le correspondant). Les lettres ne nourrissant pas leur homme, il travaille également comme barman dans un piano-bar, ce qui lui permet de rencontrer des personnalités du monde du spectacle. Grattant un peu de la guitare, il s'interroge encore sur sa voie. Un soir, il assiste aux Trois Baudets à un récital de Georges Brassens : bouleversé, cet amateur de musique est convaincu que son chemin se trouve dans le spectacle. Il n'aura de cesse de le considérer comme son maître, allant jusqu'à adopter son prénom comme nom de scène. Ayant peu après l'occasion de le rencontrer, Giuseppe lui montre les textes qu'il écrit ; Georges Brassens l'encourage à continuer.
Georges, Edith et les autres
La pente est cependant escarpée et Moustaki, chargé de famille à peine majeur, hésite encore entre la musique et la peinture, tout en chantant occasionnellement dans des cabarets parisiens. Il a l'occasion de rencontrer quelques figures de la chanson française comme Henri Salvador et le guitariste Henri Crolla. C'est ce même Crolla qui, en 1958, présente Georges Moustaki à l'une de ses idoles, Edith Piaf : de cette rencontre naît une liaison entre le jeune aspirant musicien et la star, de 19 ans son aînée. Celui-ci devient auteur-compositeur pour Piaf, pour laquelle il écrit la chanson « Milord », grand succès de la chanteuse. C'est un début de notoriété pour le jeune Moustaki, que Piaf présente à la télévision française : encore gauche et timide, la voix hésitante, il se produit pour la première fois devant une caméra. Il accompagne ensuite Piaf dans ses tournées, mais leur relation est vite mise à l'épreuve par le caractère entier de la chanteuse et par ses problèmes de santé. Au cours de la tournée américaine de la « Môme » Piaf, pendant laquelle elle tombe gravement malade, le couple se sépare. Un peu secoué par son passage dans la vie publique, Georges Moustaki se met un peu en retrait et se perfectionne en étudiant la guitare classique, tout en continuant son activité de parolier-compositeur : il écrit pour Colette Renard, Yves Montand ou Barbara. Il sort quelques disques au début des années 1960 mais préfère encore son activité d'auteur à celle d'interprète. Pathé-Marconi met un terme à son contrat de chanteur en 1965.
Le juif errant
Georges Moustaki profite de cette période d'inactivité pour voyager en Grèce, découvrant ainsi le pays de ses parents. Il ne tarde cependant pas à rebondir, grâce à sa rencontre avec Serge Reggiani : à 42 ans, le comédien souhaite prendre de la distance avec le cinéma et se concentrer sur une carrière de chanteur, qu'il commence en 1963 en interprétant des textes de Boris Vian. Georges Moustaki compose pour lui plusieurs chansons à succès, comme « Sarah » ou « Ma Solitude ». Désormais remis en selle en tant qu'auteur, il écrit pour d'autres fortes personnalités de la scène française, comme Barbara, avec qui il se lie d'amitié.
Georges Moustaki et Barbara chantent la dame brune - vidéo publiée par Ina Chansons
En 1968, il interprète en duo avec elle « La Longue dame brune », chanson douce et tendre qui devient un standard des deux interprètes. La même année, au cours d'une tournée, Barbara est prise d'un malaise avant de monter sur scène. Malgré son trac, Georges Moustaki la remplace au pied levé et s'affirme comme un chanteur capable de charmer le public. L'année suivante, à 35 ans, il se révèle enfin avec le grand succès de la chanson « Le Métèque », touchante ode au déracinement et à l'amour, qui demeure le titre le plus connu de son auteur. Ce titre et le 33-tours enregistré dans la foulée lui valent de remporter le prix de l'Académie Charles Cros, avant de réaliser un tour de chant qui le mène jusqu'à Bobino. Chanteur chaleureux et sensible, Georges Moustaki crée un lien intimiste avec le public des années 1970, qui en redemande : deux albums se succèdent, et une tournée internationale achève de le consacrer, tardivement mais sûrement. Il affirme une personnalité de chanteur à textes à la voix chargée d'émotion, dans la lignée de son maître Georges Brassens. Sa personnalité de poète cosmopolite à l'indolence revendiquée séduit les spectateurs, d'autant que s'ajoute à ce côté « baba-cool » un grand talent d'auteur et d'interprète. Moustaki développe également son image d'artiste « libertaire » et anarchiste, engagé à gauche, qui ne se démentira jamais : poussé à la fois par sa sincérité et sa gentillesse, le chanteur s'engagera au fil des années dans de nombreuses causes médiatiques, allant du plus consensuel (l'opposition à la dictature des colonels en Grèce dans les années 1960), au plus hasardeux (la défense de Cesare Battisti en 2004).
Après avoir assisté en 1972 au festival de la chanson populaire de Rio de Janeiro - ce qui lui donne l'occasion de rencontrer notamment Chico Buarque et Gilberto Gil -, Georges Moustaki agrémente sa musique d'influences brésiliennes, notamment de bossa nova, qui se font sentir dans l'album Déclaration (1973). Il adapte des chansons brésiliennes en français et continue de s'imprégner des influences musicales du monde entier grâce à ses tournées internationales qui satisfont également son goût des voyages et de la découverte. Tout en se montrant très productif, démentant ainsi sa paresse revendiquée, Georges Moustaki parcourt le monde (Etats-Unis, Japon, Allemagne, Egypte...) sans jamais se départir de sa tendresse de poète épris d'universel. En 1979, il se produit à l'Olympia pendant deux semaines avant de partir en tournée européenne. Attiré par les influences musicales du sud, il cherche aussi à se diversifier en se tournant vers les pays du nord, notamment en collaborant avec le groupe néerlandais Flairk, avec lequel il sort un album et fait une tournée (1982).
Une activité qui ne s'essouffle pas
Ayant quitté en 1986 sa maison de disques Polydor pour le label Blue Silver, il réalise l'album Jou Jou, avec la collaboration de Maxime Le Forestier, Paco Ibañez et Richard Galliano. Il réalise à cette occasion une originale « tournée dans Paris intra-muros », passant d'une salle à une autre, avec dix-neuf dates. Dans les années suivantes, un double album live et un livre - Les Filles de la mémoire - honoré par une préface de l'écrivain brésilien Jorge Amado, viennent s'ajouter à ses succès professionnels. Sa production chez Polydor est recueillie en 1992 dans un coffret, Balades en Ballades, qu'accompagne un double album studio. Une nouvelle tournée suit en 1993.
Georges Moustaki multiplie les rencontres artistiques et les collaborations, élargissant son univers : on le voit adapter un poème soufi du turc Yunus Emre, et réaliser des duos avec Nilda Fernandez ou Enzo Enzo. Son véritable intérêt tient cependant dans les tournées, qui lui permettent de satisfaire ses envies de découverte et de nouvelles rencontres, avec des artistes et des publics différents. En dehors des modes, comptant sur l'affection d'un public fidèle, il poursuit loin des médias les plus branchés une carrière des plus actives : concert à l'Olympia joué à guichets fermés en 2000, tournée en 2001, bilan de carrière avec un coffret de dix CD en 2002, nouvel album en 2003 (Moustaki, avec pour la première fois sa propre version de « Milord », la chanson écrite pour Piaf) et encore un album en 2005 (Vagabond, enregistré au Brésil). Un autre album suit en 2008, baptisé Solitaire. Atteint de problèmes respiratoires, Georges Moustaki doit annuler une série de concerts en 2009 en raison d'une hospitalisation. Il s'installe ensuite à Nice où il s'éteint au matin du 23 mai 2013, à l'âge de 79 ans, d'une maladie des bronches. Dès l'annonce de sa disparition, les hommages tant artistiques que politiques affluent envers ce géant de la chanson.
Ayant brillamment creusé un sillon clair et profond dans l'univers de la chanson française, Georges Moustaki a su conserver une authenticité artistique formée au creuset de la tendresse, de « l'amour de l'amour » et d'une identité irréductiblement cosmopolite. À force de penser que « l'homme dépend du songe », le « Métèque » a su réaliser ses rêves et se faire une place dans le coeur des Français.
Source : Le site d'Universal Music
*** Ecoutons-le encore chanter et raconter son parcours ***
On peut retrouver l'artiste dans trois poadcasts diffusés en 2025 sur France Culture Série Georges Moustaki, chanteur poète :
L'invité de TV5MONDE rend hommage à Georges Moustaki le citoyen du monde - Vidéos réalisées en 2005
Partie 1 - J'ai révé ma vie jusqu'au bout
Partie 2 - Piaf, mon amour
Pour finir, voici quelques chansons, des pépites que je connais par coeur et qui m'accompagnent toujours, mais peut-être que c'est aussi le cas pour vous.
Le facteur : Georges Moustaki chante "le facteur"... un de ses plus beaux textes ouverts à de multiples interprétations. De qui parle Georges Moustaki, peut-être d'un jeune homme qu'il a connu autrefois ou bien peut-être de lui même, de sa jeunesse enfuie ? Qui a tué ce jeune facteur, est-ce une guerre, un accident, ou seulement le temps qui passe ?...
La chanson originale est en grec et a été écrite par Manos Hadjidakis en 1961.
Georges Moustaki chante "ma solitude" la seule compagnie qui ne vous quitte que pour votre bien et jamais tout à fait...
C'est une Chanson pleine de gratitude à contrepoint de celle de Barbara.
La solitude est pour Georges Moustaki, le prix de la vraie liberté...
Georges Moustaki chante "voyage"... Pris au piège d'une ensorcelante courtisane, le voyageur onirique consent à se faire dévorer avec délice sur les ailes du sommeil...
Georges Moustaki chante "en Méditerranée": très belle évocation poétique d'une région de brassage culturel, lieu magnifique de rencontres et d'affrontements perpétuels entre trois continents, mais aussi fausse carte postale dans laquelle le chanteur dénonce en creux l'air de rien, les dictatures européennes de l'époque, le régime de Franco en Espagne et celui des colonels en Grèce... Chanson peu connue à faire découvrir et à (re)découvrir... car hélas toujours d'actualité en ces temps troublés de démocraties plus ou moins triomphantes et de violence fanatique ...
Georges Moustaki, accompagné de sa choriste chilienne Marta Contreras, chante "Portugal" en 1975, traduit du portugais et composé par Chico Buarque et écrit par Ruy Guerra réalisateur mozambicain exilé au Brésil, un an après la victoire contre la dictature salazariste du 25 avril 1974... La révolution des oeillets redonnait espoir aux voisins Espagnols, toujours soumis à Franco, et aussi aux exilés grecs, qui avait fui le putsch des colonels du 21 avril 1967.
Georges Moustaki chante "Flamenco" au théâtre de la ville en 1976... et s'insurge de toute sa poésie contre Franco : auprès de son label, l'Ambassade d'Espagne intervient pour supprimer la chanson. A cette date, Georges Moustaki avait déjà chanté pour la cause de la démocratie en Grèce ("chansons pour Andréas de Théodorakis") , et au Portugal ("Portugal")... Franco meurt l'année suivante, mais de sa "belle mort"... Il n'y aura pas de "défaite" finale du franquisme ni de condamnation internationale claire de la dictature franquiste mais une transition démocratique pour ainsi dire à l'amiable... Certes heureusement mais pas complète ni définitive. De ce fait, la mémoire est tronquée, et loin d'être unanime en Espagne, elle reste l'enjeu de confrontations et de provocations de part et d'autres des deux camps adversaires, et quarante cinq ans après, une flaque de sang, rouge comme une robe de flamenco sépare encore les descendants des acteurs de cette guerre civile...
Georges Moustaki chante "Une blessure"... de celles indélébiles qu'on garde pourtant précieusement au fond de soi..
Georges Moustaki chante "Nous sommes deux"... et dénonce la torture et les mauvais traitements subis par les prisonniers politiques en Grèce au temps des colonels. Il s'agit du titre "Imaste dio", de Mikis Théodorakis, compositeur grec en exil en France après avoir été emprisonné sous le régime de la dictature, de 1967 à 1973. Très beau texte engagé pour la résistance et la lutte, finalement justifiées par les violences commises contre elles. Qui veut étouffer le cri de la liberté ne fait que la renforcer : un puis deux puis trois aujourd'hui à tomber seront demain des milliers à se lever...
Ma Liberté avec sa musique originale
Georges Moustaki chante "ma liberté" sa dernière compagnie, joliment accompagné au piano pour cette sérénade nocturne, dans l'air d'un soir d'été, quelque part en Allemagne.
Dans ces chansons, Georges Moustaki nous prouve s'il en était encore besoin qu'on peut être sensible et s'engager pour parler des maux du monde avec tant de si belle poésie. Merci l'Artiste d'avoir éclairé mon âme et réjouit mon coeur avec tes beaux textes et tes musiques, à jamais.
Ah quelle joie aujourd'hui de retrouver le courrier postal de Nadine, cette amie suisse toujours originale et spontanée dont les enveloppes atypiques et le courrier écrit à la main qu'elles contiennent sont toujours d'une grande richesse, pleins d'anecdotes et de découvertes.!
Maintenant qu'elle a quitté le littoral breton où elle s'était retranchée pour près de trois mois, je comprends combien la réadaptation au monde doit être un peu ardue d'autant que la neige s'est réinvitée pour Pâques.
Chère Nadine, je te souhaite d'arriver à conserver toute la zénitude que ton séjour hors du monde et hors du temps t'a amenée, et de profiter à ton rythme des joies de la vie printanière à la montagne, maintenant que tu as retrouvé Chateau d'Oex..
Merci pour cette chouette enveloppe : je suis ravie de voir nos échanges reprendre doucement : ta fantaisie et ta joie de vivre m'ont manqué.
Quoi de plus beau que le timbre brodé pour la paix avec cette colombe bleu sur fond blanc, né de l'union d'une douzaine de pays et d'organisations internationales, comme raconté ci-dessous, dans le but de promouvoir la paix .
*** En savoir plus sur la collection de timbres brodés « Colombe de la paix » ***
Unis pour la paix – Maille après maille
En septembre 2025, l’Union postale universelle (UPU), aux côtés de 11 organisations postales, a dévoilé la série brodée Colombe de la paix afin de marquer la Journée internationale de la paix et de mettre en avant la portée universelle de ce message. Alors que les opérateurs postaux participants ont émis un véritable timbre-poste, l’UPU a produit un objet philatélique assorti, conçu exclusivement comme pièce de collection.
Aux côtés de l’UPU, les opérateurs ayant pris part à cette initiative conjointe sont : l’Administration postale des Nations Unies, l’Arménie, l’Autriche, la Barbade, Chypre, le Danemark – Îles Féroé, le Danemark – Groenland, la Finlande – Åland, le Liechtenstein, le Luxembourg et la Suisse. Une telle démarche collective demeure rare et souligne la forte portée symbolique du projet.
Le visuel représente une colombe blanche brodée portant un rameau d’olivier bordé de bleu – un emblème universel de paix. Les ailes déployées, la colombe transmet un message qui dépasse les frontières, les religions et les idéologies, devenant un symbole d’unité.
Produite par l’entreprise autrichienne Hämmerle & Vogel, cette création textile en édition limitée associe la finesse de la broderie au travail artistique, réunissant savoir-faire, design et message universel à travers toutes les émissions participantes.
C'est tout à fait l'annonce du renouveau, le printemps quand arrive le moment de Pâques avec ce mail-art original et craquant. De la poésie, de la fraîcheur, de la verdure et de l'humour, voilà de quoi passer un joli moment.
Merci Claire pour ce second courrier reçu ce jour*.
La salade
La salade qu'arrosa
Dès l'aurore la rosée
Avait la crinière en pleurs.
Elle alla chez le coiffeur,
Exigeant que l'on frisât
Sa chevelure irisée.
Quoi faire chez le coiffeur
En attendant que vînt l'heure
Du shampooing et des rouleaux,
La salade se cala
Dans un fauteuil à roulettes.
Or voilà qu'on lui prend la tête
Pour la mettre dans un grand plat.
On lui tortille les bouclettes,
On la frotte, on la dorlote,
Avec un brin d'échalote
Et beaucoup de vinaigrette.
La salade ébouriffée
se trouva bien coiffée
la chevelure en aigrette
d'abord douchée, puis séchée,
on n'en fit qu'une bouchée.
Charles Dobzynski (Fablier des légumes et des fruits)
* Expédié le 20 mars depuis les Yvelines, département voisin du mien, ce mail-art absolument correct et suffisamment affranchi a mis 12 jours de plus que le poisson d'avril pour me parvenir... mais que se passe t-il à la Poste en ce moment ?
De l'amie Claire voici le traditionnel poisson d'avril qu'elle n'oublie jamais de m'envoyer le jour J 'en pensant très fort à la chanson de Bobby Lapointe. Cette fois encore elle l'a réalisé avec un patchwork de tissus dans un camaïeu de bleus, superbe. Merci beaucoup Claire pour cette gentille attention.
Celui-ci a l'oeil rouge, reflétant sans doute sa colère intérieure face aux ravages qui sont faits par la pêche industrielle, où nombre de ses frères sont sortis de l'eau puis rejetés pour y mourir s'ils n'ont pas la bonne taille!... oui, en 2026, on en est là : gaspillage et pillage systématique des ressources halieutiques et interruption dans le cycle normal de la régénération des espèce. Modifier ainsi artificiellement la biodiversité de ce milieu va fatalement conduire à un appauvrissement en nombre de l'espèce et au déréglement de toute la chaine alimentaire.
Alors aujourd'hui, décidons de ne plus trop penser à toutes ces calamités, et récitons à l'unisson avec ce beau spécimen la poésie du poisson d'avril par Noël Prévost.
Cette soirée du 2 avril 2026, j'ai eu la très grande chance de pouvoir écouter ce magnifique pianiste qu'est Bachar Mar-Khalifé en concert à Paul.B, ce lieu exceptionnel dédié à toutes les musiques que nous avons à Massy et auquel je m'abonne chaque saison.
Qui est ce musicien, multi instrumentiste ?
Né en 1983 à Beyrouth, fils du célèbre chanteur et oudiste libanais Marcel Khalifé, Bachar Mar-Khalifé arrive en France avec sa famille à l’âge de six ans. Après avoir étudié la musique au Conservatoire de Paris, il envisage une carrière de chef d’orchestre mais se dirige la composition. Il publie son premier album, Oil Slick, en 2010 suivi de six autres albums dont les deux derniers en date On/Off (2020), enregistré au Liban, et Postludes (2024). Depuis le début des années 2010, il se montre par ailleurs très créatif dans l’univers du cinéma, ayant composé des musiques pour une dizaine de longs et courts métrages.
Sur le programme, Bachar Mar-Khalifé est décrit comme un artiste gravitant librement entre musique libanaise, chanson française, électro, jazz et néo-classique et nous n'allons pas être déçus.
Pas de première partie, donc pas d'allées et venues comme lorsqu'il y a un entracte.
Un piano à queue Steinway and Sons au beau milieu de la scène, par ailleurs tout à fait dépouillée
Sur ce piano un instrument à percussion. Le décor est planté.
Bachar Mar-Khalifé entre en scène et s'installe au piano. Un premier morceau, fluide, et envoutant, probablement une musique de film, très rafraichissant. Puis ensuite, au fil du déroulement du concert, une chanson de Nirvana, des morceaux plus jazz, un morceau sur lequel on écoute les mots d'un poème de Khalil Gibran...
Sur les enfants de Khalil Gibran
Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles du désir de la Vie pour elle-même. Ils viennent par vous, mais pas de vous, Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour, mais pas vos pensées, Car ils ont leurs propres pensées. Vous pouvez loger leurs corps, mais pas leurs âmes, Car leurs âmes habitent la maison de demain, Que vous ne pouvez pas visiter, pas même dans vos rêves. Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux, Mais ne cherchez pas à les faire comme vous. Car la vie ne recule pas et ne s'attarde pas avec hier. Vous êtes les arcs d'où vos enfants Sont lancés comme des flèches vivantes. L'archer voit la cible sur le chemin de l'infini, Et Il vous courbe avec Sa puissance Afin que Ses flèches aillent vite et loin. Que votre courbure dans la main de l'archer soit pour la joie ; Car de même qu'Il aime la flèche qui vole, De même Il aime aussi l'arc qui est stable.
Enchainement avec sa version des Paradis perdus de Christophe, puis un morceau que Bachar nous dit avoir eu la chance de le jouer avec Christophe lui-même, "Folie", où l'artiste est prodigieux, ses doigts courant dans un jeu extraordinaire de force et de vélocité sur les touches du piano!!!
Tout ceci se déroule devant assistance subjuguée, dans un silence respectueux, pas de smartphone intempestifs pour rompre le charme, des salves d'applaudissements... et des moments d'émotion intense lorsque Bachar nous invite à continuer de chanter avec lui pour les enfants du Sud Liban et de la Palestine dans sa chanson Sawfa Nabqa Houna ci-dessous
Bachar Mar-Khalifé chante Sawfa Nabqa Houna - vidéo publiée sur la chaine Youtube de l'artiste
Concert-création en hommage au peuple soudanais et aux dix ans des révolutions arabes.
Enregistré le 14 juin 2021 au Trianon, Paris.
Direction artistique, réalisation et montage : Jeremix. Fils de mixage : Fabien Girard.
Invités : Abd Al Malik, Camélia Jordana, Arthur H, Bachar Mar-Khalifé, TIE, Awa Ly, Emel, Lynn Adib, Zeid Hamdan, Daara J, Rasha, Ghandi Adam, Yalla Sawa. Backing Band Arat Kilo : Michaël Havard, Aristide Gonçalves, Fabien Girard, Florent Berteau, Gérald Bonnegrace et Octave Ducasse. Régie vidéo Live : Laurent Hasse et Alexis Cohen. Images : Jeremix, Fabrice Crenel, Thomas Renaux, Félix Métayer, Mathieu Gueritte et Théo Stefanini.
Vidéo publiée sur la chaine Youtube de l'artiste
Une heure et demie plus tard, en fin de reprise, l'artiste invite un massicois de ses amis, un percussionniste dont je n'ai pas hélas retenu le nom et à eux deux, ils nous jouent un morceau d'anthologie mêlant piano, percussion et voix.... absolument formidable comme conclusion d'un magnifique concert.
Bachar Mar-Khalité n'était pas un inconnu pour moi : j'avais déjà pu l'écouter en 2017 lors d'un concert hommage à Barbara où il partageait la scène en duo avec Jeanne Cherhal : j'en avais gardé un merveilleux souvenir. En voici quelques extraits :
Jeanne Cherhal et Bachar Mar-Khalifé rendent hommage à Barbara - extraits du concert
Vidéo publiée sur la chaine Youtube de Sabino Sasso
Difficile de trouver le sommeil, après cela. C'est pourquoi je rédige ce post, à chaud, histoire de prolonger un peu ce moment de grâce.
J'en suis convaincue, pour moi écouter en live des chants en français, en arabe, ou en n'importe quelle autre langue, ou seulement de la musique, c'est la beauté qui vous inonde, qui vous réchauffe le coeur, qui vous fait vous sentir vivant et en communion avec l'humanité toute entière.
Quelle chance j'ai de pouvoir ainsi découvrir des artistes du monde entier, dans des styles différents et avec une telle proximité dans cette petite salle. Merci Paul B.
Dans une belle harmonie de rose, mon amie Michele m'envoie un mail-art plein de douceur.
Sur un fond de dentelle qu'elle a créé au moyen d'une plaque de gélatine, un petit lapin de Pâques aux longues oreilles vient m'offrir un gros oeuf bien décoré.
Je n'ai pas la même passion que toi pour les lapins de Pâques mais j'apprécie ce mail-art délicat. Je sais que tu n'as pas trop le moral en ce moment, alors je te remercie d'autant plus chaleureusement de m'avoir associé à cette fête de Pâques importante pour toi et ta famille.
Un petit coucou de la part de Marie, c'est toujours très sympa.
Oui revoilà venu le temps des cloches et des lapins en chocolat : le prochain week-end, les familles auront le plaisir de voir les petits enfants s'égayer dans le jardin pour ceux qui ont la chance d'en avoir un, ou bien dans les parcs, pour une fructueuse "chasse aux oeufs".
Chère Marie, comme tu le sais déjà, en athée que je suis, je ne célèbre pas la fête religieuse de Pâques ; pour moi c'est plutôt un moment où l'on aime à se retrouver en famille, à célébrer le renouveau avec l'arrivée du printemps, la renaissance de la nature, les journées plus longues avec davantage de lumière.
Par contre, je sais combien c'est pour toi un moment important, aussi je te remercie de ton attention et te souhaite les fêtes de Pâques les plus chaleureuses et réussies, entourée des tiens, si possible. Belle continuation à toi.
Je n'ai jamais été admirative de Johnny Halliday et donc pas réceptive non plus à son répertoire, dont la fameuse chanson "qu'est ce qu'elle a ma gueule"? Il y a plusieurs explications à cela, sans doute parce qu'avant la musique ce sont les mots des chansons qui me touchent, surtout quand elles viennent d'un auteur-compositeur-interprètre.
Pour répondre à l'appel à mail-art lancé de Christophe Blaise sur le thème des "gueules", mon choix s'est porté sur un autre artiste, qui, s'il n'a pas eu la même aura, a été très important dans le paysage de la chanson française. Nous avons perdu notre Phare d'Alexandrie lorsqu'il s'est éteint en 2013 : vous avez déja compris, je veux vous parler de Georges Moustaki un chanteur français issu d’un brassage culturel oriental, ce qui en faisait toute la richesse.
J'ai eu la chance d'écouter Georges Moustaki précisément l'année où il a rencontré le succès, en 1969, avec cette fameuse chanson Le métèque. Il chantait sur une scène devant laquelle nous, spectateurs, étions assis par terre en plein air, totalement bouleversés à l'écoute de cette magnifique chanson. D'y repenser j'en ai encore le poil au garde-à-vous.
Le métèque
Avec ma gueule de métèque, de juif errant, de pâtre grec et mes cheveux aux quatre vents Avec mes yeux tout délavés qui me donnent l'air de rêver, moi qui ne rêve plus souvent Avec mes mains de maraudeur, de musicien et de rôdeur qui ont pillé tant de jardins Avec ma bouche qui a bu, qui a embrassé et mordu sans jamais assouvir sa faim
Avec ma gueule de métèque, de juif errant, de pâtre grec et mes cheveux aux quatre vents Avec ma peau qui s'est frottée au soleil de tous les étés et tout ce qui portait jupon Avec mon cœur qui a su faire souffrir autant qu'il a souffert sans pour cela faire d'histoires Avec mon âme qui n'a plus la moindre chance de salut pour éviter le purgatoire
Avec ma gueule de métèque, de juif errant, de pâtre grec et mes cheveux aux quatre vents Je viendrai ma douce captive, mon âme sœur, ma source vive, je viendrai boire tes 20 ans Et je serai prince de sang, rêveur ou bien adolescent comme il te plaira de choisir Et nous ferons de chaque jour toute une éternité d'amour que nous vivrons à en mourir
Et nous ferons de chaque jour Toute une éternité d'amour Que nous vivrons à en mourir
Source : Musixmatch/Parolier : Paroles et Musique de Georges Moustaki/1969
Vous parler aujourd'hui d'une gueule de métèque en ces temps où le racisme et la xénophobie n'ont jamais été aussi présents et décomplexés en France, me fait énormément plaisir. S'il en était encore besoin de le prouver, la France est riche de toutes les personnes étrangères qui y sont venues et sont restées, attirées par l'esprit des lumières et amoureuses de la langue française comme l'était Georges Moustaki, le juif errant, le pâtre grec comme il aimait à se décrire.
Il a fallu attendre qu'il disparaisse pour que les media lui rendent véritablement hommage. Lui, le citoyen du monde très cultivé, parlant six langues et extrêmement prolifique dans la création de chansons et de musiques, tellement belles, n'a pas eu forcément la carrière qu'il aurait mérité en rapport avec son immense talent. Mais l'important pour ceux qui l'ont cotoyé, c'est d'avoir la conviction d'avoir apprécié un homme magnifique, un grand humaniste dont la poésie et les mots nous font encore le plus grand bien aujourd'hui.
Un post particulier lui sera dédié spécifiquement, sous peu, pour lui rendre hommage.
Pour répondre à l'appel à mail-art de Christophe en vue de la prochaine exposition du MIAP, j'ai joué sur les mots en lui proposant une variété sauvage d'une fleur bien connue de nos jardins d'été, le mufflier appelés aussi "Gueule de loup".
Composition à partir d'une silhouette de tête de loup trouvée sur le net et d'une photo de muffliers sauvages publiée sur le site des graines Echinops https://echinops-graines.com/fleurs/muflier-sauvage
Cette fleur se décline en de nombreuses couleurs dans sa version cultivée.
J'espère que Christophe recevra ce mail-art dans de bonnes conditions et qu'il le trouvera en pleine forme, prêt à préparer la future exposition de tous les mail-arts reçus sur le sujet "Qu'est ce qu'elle a ma gueule" pour la prochaine saison d'ouverture du MIAP.
Voilà une élégante en train de rêver une nuit d'été observant les amours d'un couple de colombes, pour l'amie Claire férue des années 20.
Je n'avais pas traité ce thème pour elle depuis un bon moment, mais toujours à cause de mes problèmes avec la broderie à la main depuis l'an passé, j'avais mis ce projet de mail-art en stand-by.
Comme j'essaie d'éliminer tous les en-cours avant de faire une pause, je viens tout juste de le terminer et le voici maintenant prêt au départ.
Ciel étoilé intégralement brodé à la main, robe du soir de Paul Poiret de 1924 d'après un dessin d'André Edouard Marty intitulé Les Colombes
Je t'en souhaite une très bonne réception, chère Claire, ainsi qu'une belle continuation.
La botanique fait partie des sujets d'Isabelle, c'est pourquoi j'avais mis pour elle de côté cette enluminure réalisée par un artiste du 17e siècle pour en faire un mail-art original.
Par contre comme j'ai mis un temps fou pour rebroder la partie calligraphie (à cause des problèmes rencontrés en broderie depuis l'an passé) je viens tout juste de le finir pour finalement pouvoir lui en faire l'envoi ce jour.
Calligraphie intégralement rebrodée, sur un extrait d'un Manuscrit naturaliste
Enluminure d'insectes et de plantes : bois moucheté, épervier, pois de jardin et plante lanterne par Joris Hoefnagel Poster
pièce originale
J'espère que ce mail-art arrivera en bon état et à bon port jusque chez Isabelle, à qui j'en souhaite une belle continuation.
Je découvre cette chanson et son auteur tardivement mais c'est un tel choc que je veux la partager avec vous.
Aux enfants de demain est une chanson sortie en 2025, au pire moment du génocide perpétré à Gaza. Les paroles de l'artiste belge Noé Preszow, auteur-compositeur interprète, n'hésitent pas à formuler tout haut cette évidence : tout le monde à vu, tout le monde a su, même si Israël a tout fait pour étouffer et nier ses actes de barbarie destinés à éradiquer tout un peuple pour accaparer son territoire, avec, en France la complicité tacite de notre gouvernement et de nos principaux media.
Et même si beaucoup d'entre nous ne se sont pas voilé la face, ont fait preuve d'humanité en dénonçant ces horreurs, ont participé de plus en plus souvent et de plus en plus nombreux à des manifestations pour soutenir le peuple gazaoui malgré les interdictions (risquant pour cela d'être poursuivi en justice ou tabassé), serons-nous pour autant capables d'assumer devant des enfants gazaouis de demain le si peu que nous avons pu faire pour eux ?
"Aux enfants de demain" Noé Preszow fêtes de Wallonie Namur 2025 - Vidéo publiée sur la chaine Youtube de Valérie Musique
Aux enfants de demain par Noé Preszow
Aux enfants de demain qui nous demanderont
Si nous avions du pain et ce que nous faisions
Si l'été était chaud, si l'hiver était pur
Si nous trouvions les mots pour parler du futur
Lorsqu'ils demanderont comment un monde s'effondre
Qu'oserons-nous répondre ?
Aux enfants de demain qui nous demanderont
Si nous avions du vin et si nous nous aimions
Si l'aube était sereine, si la nuit était tendre
Quelles étaient nos peines, qu'avions-nous à attendre ?
Et si on a osé toujours désobéir, que trouverons-nous à dire ?
Peut-être dirons-nous qu'on était une poignée
Quelques uns, quelques unes, puis soudain des milliers
À se passer le mot, qu'importe les pressions
Et à porter bien haut toutes nos convictions
À donner de la voix, à se donner la main
À lutter pour hier, à lutter pour demain
On dira, on dira, est-ce que ça suffira ?
On dira, on dira qu'on criait pour Gaza
Aux enfants de demain qui ne comprendront pas
Comment ce fut possible à une époque comme ça
À une époque où tout se sait dans l'immédiat
Que disait quel ministre, que montrait quel média
Lorsqu'il sera trop tard pour oser se morfondre
Qu'oserons-nous répondre ?
Aux enfants de demain qui demanderont un jour
Que disaient nos refrains, est-ce qu'ils parlaient d'amour
De lutte, de justice ou de tout ça à la fois
Ou est-ce que les artifices prenaient quand même le pas
À l'avant-scène d'un monde à feu et à sang
Qu'écoutait-on vraiment ?
Peut-être dirons-nous qu'on était une poignée
Quelques-uns, quelques-unes, puis soudain des milliers
À se passer le mot, qu'importe les pressions
Et à porter bien haut toutes nos convictions
À donner de la voix, à se donner la main
À lutter pour hier, à lutter pour demain
On dira, on dira, est-ce que ça suffira ?
On dira, on dira
Qu'on pleurait pour Gaza
Aux enfants de demain qui nous demanderont
Si malgré nos combats, nos bonnes intentions
On est sûr et certain d'avoir vraiment tout fait
Quand la bande de Gaza devant nous s'éteignait
Quand la bande de Gaza s'éteignait peu à peu
Devant les caméras et juste sous nos yeux
Lorsqu'il sera trop tard pour oser se morfondre
Qu'oserons-nous répondre ?
Qu'oserons-nous répondre ?
Paroles.net dispose d’un accord de licence de paroles de chansons la SEAM
Merci Noé d'avoir le courage d'assumer de telles paroles et de nous mettre face à nous mêmes. C'est vrai qu'individuellement, même si notre coeur saigne en voyant leur situation, nous sommes terriblement démunis :la portée de notre empathie et de notre compassion est très limitée face à une telle barbarie qui n'a jamais été entravée sur le plan international.
Les enfants du monde sont tous nos enfants : pourquoi la vie de certains ne vaut-elle rien comparée à celle des notres? Mes pensées vont vers tous les enfants qui souffrent de la guerre, là où le monde des adultes devenu fou, fait passer avant leur existence leur soif de pouvoir, d'extension territoriale, de pillage des ressources ... et autres prétentions.
Noé Preszow, un artiste à continuer de découvrir et probablement à suivre, pour ce qui me concerne.
Aujourd'hui sort le 4e album de Gauvain Sers "Boulevard de l'enfance".
Ce n'est pas la première fois que je vous parle de ce jeune auteur-compositeur-interprète, humaniste et engagé, Creusois d'origine, c'est un artiste qui me tient vraiment à coeur. J'ai une vraie tendresse pour lui, je vous avais raconté cela lorsque j'ai eu la chance d'aller voir en concert, en mars 2023. A la fois tendre et rebelle, Gauvain sait toujours trouver les mots percutants pour parler des choses qui font notre vie, tant rurale qu'urbaine, avec ses émotions et ses coups de gueule.
Comme il n'avait pas sorti d'album studio depuis 4 ans pour l'excellente raison qu'entre temps il est devenu papa, cette sortie est particulièrement attendue. La paternité, ce n'est pas rien, c'est un évènement qui chamboule forcément dans une vie d'homme, et que l'on retrouve dans les textes de "Boulevard de l'enfance".
L'artiste tourne son regard vers sa propre enfance, ses souvenirs de jeunesse, avec ses frères, sa famille, ses copains. Pour autant il n'oublie pas d'évoquer le monde compliqué d'aujourd'hui, affirmant ses positions sans ambiguité face à la montée du nationalisme et du fascisme* et évoquant la vie d'aujourd'hui dans notre société fracturée.
En avant-première nous avions déja pu écouter "Monter à Paris" dont je vous parlé dans un post précédent. Cela a été aussi le cas pour la chanson "Monsieur le Président", dont les paroles destinées à Emmanuel Macron ont été actualisées, faisant suite aux versions de Boris Vian puis de Renaud.
Je vous fait écouter maintenant la chanson phare et éponyme du nouvel album, particulièrement émouvante et politique, à la fois.
Boulevard de l'enfance chantée en duo avec Francis Cabrel -- vidéo présente sur la chaine Youtube de Gauvain Sers
Chantée en duo avec Francis Cabrel, elle me semble être celle qui représente le mieux le positionnement de l'artiste sur l'actualité, à la fois tourné vers l'enfance mais aussi vers tous les problèmes du monde -en évoquant les enfants soldats entrainés à faire la guerre en Somalie, ceux qui sont livrés au cartels de la drogue au Mexique, ceux qui sont entrainés dans la prostitution sur le web ou encore ceux obligés des heures durant de coudre à la machine dans les usines à produire les vêtements de la fast fashion en Chine - mesurant la chance d'avoir vécue une enfance heureuse en France.
On peut y écouter aussi les drames de l'Ukraine avec l'exil pour une petit garçon de Kharkiv qui devait fêter son 6e anniversaire :
Karkhiv chanson de Gauvain Sers publiée sur sa chaine vidéo
Je vous laisse découvrir les autres chansons, abordant d'autres thèmes intimistes comme par exemple cette maman triste de voir partir ses fils Quatre enfants plus loin, cette femme qui nettoie les bancs des députés Ménage à l’assemblée, ou la perte prématurée d'un bébé lors d'une fausse-couche dans Presque maman. Et tout ceci est toujours évoqué avec infiniment de pudeur et de tendresse.
Je vous souhaite autant de plaisir que j'ai pu en avoir à l'écoute de ses nouvelles chansons. Merci à Gauvain, à qui je souhaite beaucoup de succès pour ce nouvel album. Je sais que les places pour assister à ses concerts pour 2027 se sont vendues comme des petits pains . En ce qui me concerne je serai au rendez-vous pour l'écouter en live l'année prochaine, dans un petit théâtre, à l'autre bout de mon département.
* c'est la dernière chanson de l'album Si tu voyais, Grand-Mère("chanson écrite en hommage à cette grande résistante qui a combattu toute sa vie le même fascisme qui frappe à nos portes aujourd’hui... Tous les jours, je pense à elle" G. Sers sur Instagram)
Ah quel bonheur de voir arriver dans ma boite aux lettres l'un des personnages exceptionnels créés par l'ami Christian. Celui-ci a pris beaucoup de temps pour arriver jusqu'à moi (un mois et vingt-cinq jours) mais, comme je ne l'attendais pas spécialement, le plaisir est intact.
J'avais repéré sur son blog il y a déjà pas mal de temps une nouvelle série de ces géniaux olibrius, mais comme ils sont publiés sans le nom du destinataire, je me régale surtout à chaque fois de leurs accoutrements et des patronymes dont Christian ne manque jamais de les affubler.
Je vous présente donc Axe Dubien qui fait partie d'une série "Nouvelle France, lot comprenant aussi François Desouche, Jacques Unpoursoi et bien d'autres que je vous laisse découvrir, histoire que vous éprouviez le même ravissement que moi.
Quand on voit comment on peut arriver à être si caustique et en même temps plein d'humour simplement en créant à partir des emballages omniprésents de notre industrie alimentaire (boites à camembert, boites de conserves, etc...), je tire mon chapeau à l'Artiste avec un grand A et je le remercie vivement.