5 octobre 2026

La pelote, les espadrilles et la croix, tout le Pays Basque dans ces emblèmes, pour Marc

Mon correspondant Marc, dit Paco, est un peintre et dessinateur au pinceau sûr dont j'apprécie particulièrement le coup de "patte".

Aussi, pour ne pas continuer nos échanges déjà nombreux sur les chats -notre passion commune- j'ai voulu cette fois faire honneur au Pays Basque, l'une des belles régions de France qu'il aime à fréquenter pour y réaliser pochades et aquarelles, probablement pour ses couleurs exceptionnelles et sa belle lumière.

J'ai choisi pour ma composition la reproduction d'un tableau de Ramiro Arrue, montrant l'activité d'un village basque autour d'une partie de pelote, que j'ai complété avec des accessoires indispensables du Pays Basque, la chistera pour pratiquer la pelote, sans oublier l'incontournable paire d'espadrilles . 
Pour la composition copie d'un tableau de Ramiro Arrue :
Un village basque, autour des joueurs de pelote, vu sur la Gazette Drouot

Si comme moi, vous avez déjà passé quelques jours au Pays basque, vous avez du remarquer qu’il n’y a pas de village sans fronton et assister à une partie de pelote basque reste l'animation incontournable, même s'il n'est pas simple de comprendre comment cela se pratique pour des spectateurs novices.

Cesta Punta, chistera, main nue, pala : il y a bien des particularités pour ce sport,  le plus populaire du Pays basque,  qui se pratique sur un fronton au coeur d’un village, au trinquet ou dans un jaï-alaï. Pour en savoir davantage, je vous mets un lien vers le site spécialisé 

***
Ramira ARRUE (20 mai 1892-1er avril 1971)

Autoportrait – Ramiro Arrue / Collection Ville de Saint-Jean-de-Luz

Né à Bilbao en 1892, Ramiro Arrue découvre très jeune, la peinture en compagnie de ses trois frères, Alberto, Ricardo et José, artistes également.

Après quelques années parisiennes, il s’établit en 1917 à Saint-Jean-de-Luz et devient Membre de l’association des artistes basques puis du « Groupe des Neuf ». Il participe activement à la vie artistique locale et conserve, en pleine période surréaliste, une grande simplicité de trait reconnaissable par tous.

En 1925, il reçoit la médaille d’or à l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs de Paris pour son tableau « Le Fandango ».

Après avoir été accueilli au Albert Hall de Londres, il séjourne aux Amériques (Montevideo, Buenos Aires…) où son œuvre est restée très célèbre.

En 1929, il épouse Suzanne Blanche (petite-fille de Madame Malbos, libraire de la rue Gambetta) qui sera l’une de ses grandes sources d’inspiration.

Toute sa vie, il peindra inlassablement le Pays Basque et exécutera un grand nombre d’affiches, de travaux publicitaires, de décors et de costumes.

Malgré tout, il passe les dernières années de sa vie dans le plus grand dénuement et la plus grande solitude, échangeant ses tableaux contre des repas et meurt à 79 ans. Il est enterré au cimetière d’Aice Errota.

Des jardins remarquables, pour Michele

Mon amie belge, Michele, apprécie particulièrement les jardins dits "remarquables". Alors, pour lui faire plaisir avec ce thème que j'ai encore peu traité alors que nous sommes toutes les deux passionnées de nature, j'ai composé pour elle cette enveloppe double face, afin d'amener de la couleur verte dont nous avons tant manqué cet été.

A cette fin, j'ai choisi d'habiller une banale enveloppe en papier kraft de couleur bis avec un morceau de dentelle ancienne blanche, assortie de timbres au vert tapant pour faire ressortir au mieux ces jolies couleurs, si reposantes à regarder. 

Vue du Jardin Botanique de Montréal accueillant en 2014 pendant deux mois les mosaïcultures internationales.
C'est un spectacle étonnant et un événement de renommée internationale, où les artistes horticoles les plus talentueux
font découvrir au public leurs spectaculaires sculptures végétales.
au verso, jardins des Cinq Sens à Yvoire

Dommage que nous entrions déjà dans l'automne! En effet, cette année, avec une chaleur insupportable pour déambuler à l'extérieur, une vie cloitrée dans la pénombre, nous n'avons pas eu d'été au sens ordinairement entendu pour ce que l'on appelait encore la belle saison.

Ma chère Michele, j'espère que ce mail-art te fera du bien au moral même s'il ne compense pas tout le manque à vivre estival que nous avons connu. Je te souhaite qu'il arrive bien vite dans ta boite aux lettres, dans les meilleures conditions de distribution.

Honorons avec reconnaissance le monde paysan qui travaille encore en respectant la terre-mère, pour Kyria et Manu

L'actualité récente a beaucoup fait souffrir le monde paysan, je parle des vrais paysans, ceux qui s'échinent dans des fermes de taille raisonnable, pour produire le meilleur à offrir à leurs clients, c'est à dire nous. N'oublions pas que, depuis la nuit des temps, ce sont eux qui nous nourrissent, et qui sont à la source de ce qui nous permet de vivre, surtout pour les habitants des villes. Pourtant tout en fait pour les laisser s'éteindre les uns après les autres, s'échinant avec des horaires incroyables, jamais de vacances, un niveau de vie sous le seuil de pauvreté, un nombre de suicides record pour cette profession.   

Parmi eux, je voudrai vous parler d'un couple exceptionnel, un couple d'Ariégeois trentenaire que j'ai suivi avec passion lorsque j'étais encore sur Instagram. Avec très peu de moyens,  Kyria et Manu ont osé et réussi à se lancer il y 9 ans, juste avant le Covid, dans un très beau projet de création d'une ferme-auberge conçue comme un éco-système autonome, dans le respect de la terre et des animaux. C'est devenu maintenant un restaurant unique en France  "La Table de Gaya", désormais labellisée Éco-Table et "Maitre Restaurateur", où fruits, légumes, viandes, miel et œufs proviennent directement de leur ferme biologique "Les champs de Gaya" située sur place, pas très loin de Saint-Girons.

enveloppe recto : copie d'une photo collectée autrefois sur Instagram "Les mains qui nous nourrissent"
avec le texte ci-après 

Ces mains portent la mémoire du monde.
La terre les a façonnées.
Le temps les a sculptées.
Le silence les a accompagnées.
les lois naturelles que l’on ne peut pas contourner.
Elles savaient que tout ne se force pas.
Que certaines choses demandent patience.
Que d’autres exigent sacrifice.
Elles ont nourri bien plus que des corps.
Elles ont transmis une manière d’être au monde.
Une humilité.
Un respect du vivant.
Une relation directe avec ce qui soutient la vie.

Aujourd’hui, ces mains deviennent invisibles.
Effacées par la vitesse.
Remplacées par l’oubli.
Et pourtant,
elles sont encore là,
tenant la terre,
tenant la mémoire,
tenant l’essentiel.
La question n’est pas de les admirer.
La vraie question est plus profonde :

Sommes-nous encore capables d’honorer
ce qui nous a construits,
ou avons-nous perdu le lien
avec ce qui nous nourrit vraiment ?
Jason Lapointe


verso : avec des timbres d'animaux, de fruits et de fleurs qui sont présents dans les "champs de Gaya".

Manu et Kyria sont hyper-courageux et je les admire beaucoup. Depuis leurs débuts ils n'ont pas pris de vacances, seulement 5 jours l'an passé  Alors aujourd'hui, pour les féliciter d'avoir le grand courage de tenir tête malgré tous les vents contraires dont ils ont été l'objet,  j'ai eu envie de leur adresser un mail-art textile comme j'aime à les faire.

Le journal La Dépèche vient de leur consacrer un article dithyrambique, très justifié compte tenu de leur engagement et du nombre d'heures qu'ils consacrent à leur audacieuse aventure.

"Personne n’y croyait" : ce couple d’agriculteurs transforme une ferme en temple du goût et décroche le titre de maître restaurateur. À Montjoie-en-Couserans, en Ariège, Kyria et Manu réinventent la gastronomie fermière. Dans leur restaurant La Table de Gaya, installé au cœur de leur exploitation, ce couple d’agriculteurs propose une cuisine locale, créative et engagée, qui fait le lien direct entre la terre et l’assiette. 

Alors pour ceux qui auront la chance de passer dans ce très beau coin d'Ariège qu'est le Couserans (où j'ai séjourné par deux fois déjà), je leur fait un peu de pub ci-dessous. 

C'est tellement beau l'exemple de cette jeunesse qui veut revenir à des cultures saines, avec des variétés anciennes, reproductibles et diversifiées, en totale harmonie avec ce que leur terre peut produire, tout comme ils ont choisi d'élever des animaux, de races diverses et en petit nombre, pour éviter les maladies propres aux élevages industriels. Les difficultés qu'ils continuent de rencontrer sont énormes - face à des mastodontes comme la FNSEA pour laquelle les lois agricoles françaises sont faites et européennes aussi - mais leur volonté est tenace et leur courage magnifique. 

Vidéo publiée sur leur chaine Youtube La Table de Gaya

La Table de Gaya : Du jardin à l'assiette - Vidéo publiée sur Youtube par l'Archi-Pelle

​On part à la rencontre de ceux qui créent le goût, et pour ce premier épisode de Fidèles Gastro , on s’arrête à la Table de Gaya.

La Table de Gaya incarne un « Nouveau Monde en route », prouvant qu'un projet familial peut allier respect de la planète, bien-être animal et excellence gastronomique. Située en Ariège, à deux pas de Saint-Girons, la ferme des Champs de Gaya est bien plus qu'un simple restaurant à la ferme : c'est une exploitation expérimentale en polyculture-élevage, certifiée Agriculture Biologique.

Ce modèle de production agricole en circuit court permet une valorisation totale de la ferme, transformant chaque ressource du potager et de l'élevage - du Porc Noir à l'Oie fermière - en mets d’exception. En tant que Maître Restaurateur et labellisé Écotable, l'établissement prouve qu'une restauration durable et de haute volée est possible en s'appuyant exclusivement sur des produits de saison et une éthique de terroir rigoureuse. 

Dans la treille, une comtoise qui a déja beaucoup vécu, pour Christian

Enfin j'ai retrouvé l'envie et le plaisir de me remettre à l'art postal, même si je ne vais pas reprendre le rythme effréné qui était le mien jusqu'à la fin de l'an passé, les canicules de l'année 2026 m'auront laissé bien diminuée pendant de trop long mois. 

Mais j'ai tellement honte d'avoir laissé dans le silence si longtemps Christian, dit Mr R,  l'un de mes correspondants les plus fidèles, certainement aussi le plus fantasque,  dont la fantaisie créative et la poésie de ses envois me font si souvent beaucoup de bien, quelquefois même ils me font bien rire.

Aussi, je lui adresse aujourd'hui un mail-art sur le temps qui passe, qui sera suivi d'un autre, au plus tôt, dans la même veine. L'occasion m'en a été donnée par ce nouveau carnet de timbres qui explore à fond ce thème.
image trouvée sous pixabay sans nom d'auteur
J'espère que Christian me pardonnera d'avoir attendu si longtemps avant de pouvoir répondre à son nombreux et charmant courrier. 

Je lui souhaite une très bonne réception de cet envoi, dans les meilleurs délais. 

George Sand : un féminisme d'émancipation, pour Ouiza

En cette année 2026 où nous fêtons le cent cinquantenaire de sa disparition de George Sand, née Aurore Dupin, il m'importe de la mettre à l'honneur.  

Au-delà du mythe George Sand et de l’aura de scandale qui flotte autour de cette imposante figure de la littérature française du XIXe siècle, Aurore Dupin était une femme remarquable dans sa vie personnelle, son engagement littéraire et son indéniable volonté de mettre sa plume au service de ses idéaux sociopolitiques.

Pour Ouiza à qui je souhaite une bonne réception de ce mail-art, j'ai eu envie de célébrer cette écrivaine qui a vraiment révolutionné la place des femmes par sa liberté de vivre et d'écrire.


composition d'après un © Portrait de George Sand par Nadar - MLC 1967.1.40
 © Musée George Sand et la Vallée Noire – La Châtre

Elle a publié environ quatre vingt dix œuvres de fiction, une très volumineuse autobiographie, de nombreux autres textes, comme des récits de voyages, et par ailleurs une correspondance qui a été publiée en vingt-cinq volumes. George Sand a aussi mis sa plume au service d’un engagement sociopolitique indéfectible.

George Sand entend faire en sorte que son travail d’écriture soit de plus en plus au service de ses idées égalitaires. Elle prend non seulement elle-même la défense des plus humbles dans ses écrits, mais elle favorise et encourage aussi l’expression des écrivains et poètes ouvriers dont la voix est trop souvent étouffée par le mépris. Elle multiplie par ailleurs les différents types de textes où elle s’engage à titre de citoyenne : reportages, témoignages, lettres, et aussi quelques textes plus théoriques sous forme d’essais. Elle n’est cependant pas une théoricienne, elle ne veut que défendre sa vision du monde dans une période de l’histoire qui est particulièrement mouvementée.

George Sand deviendra une écrivaine populaire préoccupée de la situation des femmes et des injustices sociales. Elle mettra en scène des personnages aux prises avec des conditions, des circonstances et des événements variés en ayant habilement recours à de multiples procédés littéraires qui lui permettent d’exposer et d’interroger les réalités sociales et humaines qui la préoccupent.

Voici un exemple de sa manière de penser l'émancipation pour les femmes :
En mars 1848, on avait annoncé pour avril des élections au suffrage universel masculin. George Sand pensait que c’était prématuré parce qu’elle considérait que les paysans n’étaient pas prêts. Elle avait par ailleurs aussi refusé de se présenter comme députée à l’Assemblée nationale comme le souhaitait un groupe de femmes dont elle n’approuvait pas la revendication du droit de vote pour les femmes. Elle considérait qu’une telle réclamation ne touchait que les plus favorisées de la société et qu’il fallait se préoccuper de l’ensemble des femmes dans ce contexte social où les femmes mariées n’avaient aucun pouvoir et où la majorité d’entre elles voterait nécessairement comme leur mari.
(source : extraits de différentes biographies)

Bien avant que le féminisme existe, George Sand prenait des positions en faveur de l'émancipation des femmes et en cela nous la remercions, même si un siècle et demi plus tard, il reste encore beaucoup à faire. 
 ***
Vidéo Youtube du Musée George Sand La Châtre
1ère table ronde sur trois sur le thème du féminisme de George Sand 

Dans le cadre de l'exposition "George Sand, féministe ?" (avril-septembre 2024) le musée George Sand a proposé une journée d'étude autour de la thématique "George Sand et le féminisme" au Théâtre Maurice Sand (La Châtre), samedi 22 juin 2024. Des expertes du sujet sont venues en parler, lors de trois table-rondes successives. Cette vidéo est une captation de la première table-ronde consacrée à l'émancipation de George Sand. Deux spécialistes de la question sont intervenues, merci encore à elles : Michelle PERROT, (historienne renommée de l’histoire des femmes, professeure émérite d’histoire contemporaine à l'Université Paris Cité) et Martine REID (biographe de George Sand, professeure émérite de littérature de l'Université de Lille).

Musique au parc, pour le Club Philatélique d'Armor

Je m'y prends à l'avance cette année : voici ma contribution au concours d'art postal lancé par le Club Philatélique d'Armor de Saint-Brieuc, thème libre ou thème spécial musique.

J'ai profité de la sortie récente d'un carnet de timbres sur les instruments de musique pour mettre en scène  trois musiciens réalisés en topiaire, installés dans un parc. 

copie d'une photo sur Pinterest sans nom de lieu, ni nom d'auteur 
Etourdie que je suis, je n'ai pas suffisamment bien lu le réglement et ne peux pas concourir dans la catégorie spéciale adultes sur la musique car je n'ai pas intégré mon timbre dans la composition finale. 

Malgré tout, comme je n'ai aucune prétention et que je me suis fait plaisir en le réalisant, j'espère seulement que ce mail-art textile arrivera à bon port et qu'il saura plaire au public de l'exposition à suivre au printemps 2027.

Je souhaite une très large participation à ce concours organisé chaque année, avec beaucoup de succès, par le  Club Philatélique d'Armor qui en est à sa 13e édition consécutive. 

La poésie d'Andrée Chedid, pour L'Être anonyme

Aujourd'hui, pour l'Être anonyme, je viens vous parler de la femme remarquable qu'a été la grande poétesse Andrée Chedid, disparue en février 2011. Oui, je vous parle bien de la maman de Louis Chedid, et de la grand-mère de Mathieu et de ses frères et soeurs, tous des artistes dans cette famille. 

 au recto de l'enveloppe, poème "Je me nomme poète" illustré par René Baumer 
au verso de l'enveloppe, portrait de l'écrivaine publiée sur le site de la Mairie de Paris 15e
 + poème "L'espérance" 
Je suis loin de bien la connaître tant son oeuvre est grande mais ce que j'ai déja lu de ses poèmes reflètent la belle âme d'une femme sensible, dont l'humanité et la grande capacité d'amour imprègnent profondément ses écrits.

J'espère que Catherine sera également sensible aux mots choisis de cette grande dame et je lui souhaite bonne réception de ce mail-art tout en poésie,  évidemment. 

*** Andrée Chedid (1920 - 2011) *** 

Née en 1920 au Caire, Andrée Chedid s’inspira toute sa vie de ses origines méditerranéennes pour créer une oeuvre abondante, lue, célébrée et étudiée dans le monde entier. Ses romans comme ses recueils de poésie, ses essais et son théâtre ne se sont jamais tenus à l’écart des combats et des convulsions de ce Moyen-Orient encore en souffrance aujourd’hui. En célébrant le corps féminin, dans sa plus grande vulnérabilité, sa toute-puissance et ses métamorphoses, Andrée Chedid a placé l’amour au coeur de son oeuvre, un amour qui se trouve profondément redéfini par l’écriture et la vie de cette femme extraordinairement libre, farouchement indépendante et engagée.

Son oeuvre, empreinte de multiculturalisme, est la quête éternelle d’une humanité, un questionnement permanent sur la condition humaine, qualité qui en font à mes yeux une femme remarquable, dont il me reste énormément encore à découvrir.

Andrée Chedid lit sa poésie - vidéo publiée sur la chaine Youtube de Monique Geara

De cet amour ardent je reste émerveillée
Andrée Chedid

Je reste émerveillée
Du clapotis de l’eau
Des oiseaux gazouilleurs
Ces bonheurs de la terre

Je reste émerveillée
D’un amour
Invincible
Toujours présent
 
Je reste émerveillée
De cet amour
Ardent
Qui ne craint
Ni le torrent du temps
Ni l’hécatombe
Des jours accumulés

 Dans mon miroir
Défraîchi
Je me souris encore
Je reste émerveillée
Rien n’y fait

L’amour s’est implanté
Une fois.
Pour toutes.
De cet amour ardent
je reste émerveillée

La Femme des Longues Patiences

Andrée Chedid

Dans les sèves
Dans sa fièvre
Écartant ses voiles
Craquant ses carapaces
Glissant hors de ses peaux
La femme des longues patiences
se met lentement au monde
 
Dans ses volcans
Dans ses vergers
Cherchant cadence et gravitations
Étreignant sa chair la plus tendre
Questionnant ses fibres les plus rabotées
La femme des longues patiences
se donne lentement le jour.
***

Des fresques dessinées par Mickael Trehin en hommage à la poétesse Andrée Chedid
Pour habiller les espaces intérieurs de l’école Andrée Chedid à Saint-Ouen, trois fresques murales artistiques ont été réalisées. Elles sont signées Mickael Trehin, illustrateur choisi par Peint À La Main pour son style poétique et contemporain, parfaitement adapté à l’univers d’Andrée Chedid.


De nombreux établissements publics portent le nom de l'écrivaine, poétesse : écoles maternelles et primaires, collèges, lycées, bibliothèques, médiathèques, aussi des espaces culturels ou médicaux sociaux, cela signifie combien son oeuvre était intensément perçue et accessible pour tout le monde. 

Jour de marché d'autrefois, à Douarnenez, pour Aude

Je m'étais engagée à faire un mail-art de retour, à réception d'une nouvelle enveloppe de la part d'Aude fin juillet dernier, car elle a vraiment mis tout en oeuvre pour que cela me plaise, utilisant la couleur bleue, des petites fleurs séchées et de la dentelle ancienne, sans parler des perles et brillants : c'était une petite merveille. 

Je tiens donc ma promesse en composant sur de la broderie anglaise, une scène bretonne de la moitié du 19e siècle où l'on voit une jeune femme partant apparemment au marché de Douarnenez,  entrainant un garçonnet pas franchement ravi de la suivre.  

Femme et enfant de Douarnenez (dessin anonyme, 1849) trouvé sur Gallica

Cependant, désolée Aude, comme je te l'avais déjà signifié, ce sera là mon ultime réponse, car je n'ai plus l'énergie pour prendre de nouveaux correspondants. Avec ces mois terribles vécus dans mon appartement pendant les canicules successives, j'ai perdu beaucoup de mon énergie et de mon dynamisme habituel. Je m'y remets tout juste et je rame un peu je dois l'avouer. Mais je tenais à saluer ce que tu fais, que je peux suivre aussi sur des blogs amis.

Je te souhaite une bonne réception de ma petite carte textile et te souhaite bon vent et bonne continuation dans le monde de l'art postal.

Jeune Palestinienne brodant un thobe avec des motifs de tatreez, pour Michèle

Depuis que je me remets doucement à mail-arter, après des mois complets d'effrayante vacuité, j'ai remarqué que ma correspondante parisienne, Michèle, aborde un nouveau thème, lequel me va parfaitement car j'ai quasiment le même. Elle aimerait recevoir de l'art postal sur les costumes traditionnels féminins du monde.

Evidemment, cela m'a immédiatement inspirée : je ne pouvais pas moins faire que de mettre en évidence le thobe,  pièce principale de la tenue traditionnelle des femmes palestiniennes qu'elles brodent consciensieusement dans un point de croix spécifique : il s'agit du tatreez, point de croix millénaire dont j'ai déjà parlé longuement.

recto de l'enveloppe sur fond de dentelle ancienne  : copie d'une photo de broderie tatreez sur un thobe vue sur Instagram
verso: copie d'une magnet qui est publiée partout sur le net  /aucun nom d'auteur dans les deux cas 

Cet artisanat traditionnel, baptisé tatreez, est l'héritage vivant de la Palestine. Transmis de mère en fille, ce savoir-faire unique en son genre va au-delà du simple ornement de vêtements et d'accessoires ; il raconte la richesse d'une culture, la force d'un peuple en quête de préservation de son identité. Ces broderies ne sont pas de simples motifs, mais des récits en fil, empreints de culture, d'héritage, et de résilience face à l’adversité. Symbole fort de l'identité palestinienne, le tatreez orne les foyers des familles palestiniennes en Cisjordanie, à Gaza, en Israël, et même dans la diaspora, témoignant d'une tradition qui défie les frontières et les épreuves du temps.

Le tatreez embellit les vêtements des femmes et a servi de moyen d'expression personnelle, les femmes incorporant des symboles et des motifs dans leurs créations, chacune portant une histoire unique ou représentant un village ou une famille particulière. Les images étaient inspirées par la vie rurale traditionnelle : les couleurs, les tissus et les motifs pouvaient en dire long sur le statut social d'une personne et d'où elle venait....

Vous pourrez découvrir beaucoup plus de détails  poursuivant la lecture de cet article fort intéressant ici sur un blog dont voici le lien https://www.storieshop.com/blogs/stories/tatreez-une-tapisserie-de-tradition-palestinienne 

Chère Michèle, cela a été un grand plaisir pour moi de me replonger dans mes archives relatives aux broderies traditionnelles et aux tenues des ethnies du monde. J'espère que cette enveloppe hommage à la Palestine libre te parviendra sans trop d'encombres.

***
Tout faire pour conserver le patrimoine exceptionnel  
des habits traditionnels brodés des Palestiniennes

Habits traditionnels palestiniens - publié par WAFA

Ramallah, 13 mars 2023 (avant l'agression du 7 octobre donc)
article de  WAFA (Agence Palestinienne de Presse et d'information) 

Le directeur de la Bibliothèque nationale palestinienne, Issa Qaraqe, a appelé aujourd'hui, lundi la communauté internationale à assurer la protection du patrimoine culturel palestinien existant et à restituer ce qui lui a été volé.

Dans un communiqué de presse à l'occasion de la Journée nationale de la culture palestinienne, qui tombe le 13 mars de chaque année, jour de l'anniversaire du regretté poète palestinien Mahmoud Darwish, Qaraqe a déclaré que l'occupation a tout fait en son pouvoir d'éliminer le patrimoine culturel et civilisationnel palestinien, en consolidant ses fondements avec le colonialisme culturel aux côtés du colonialisme militaire.

Il a expliqué qu’Israël, en détruisant les villes et villages palestiniens, cible les centres culturels et artistiques et poursuit l'héritage palestinien dans d'autres pays, comme la saisie des archives de l'Organisation de libération lors de l'invasion de Beyrouth en 1982.

« Les incursions répétées dans les institutions palestiniennes, la saisie et la destruction de leurs documents, ainsi que la saisie de la production intellectuelle des prisonniers dans les prisons de l'occupation, et d'autres preuves vivantes, est un ciblage continu par l'occupation de la présence palestinienne avec toutes ses composantes » a dénoncé Qaraqe.

Le directeur de la Bibliothèque nationale palestinienne a souligné que la création de la Bibliothèque nationale est une continuation de toutes les tentatives individuelles, officielles et cinétiques visant à préserver le patrimoine palestinien avec toutes ses composantes depuis des temps immémoriaux, en particulier depuis l'occupation israélienne, et de faire connaître aux peuples du monde l'histoire, la civilisation et le patrimoine culturel du peuple palestinien, en renforçant la présence culturelle de la Palestine aux niveaux arabe et international dans les domaines de la connaissance humaine, indiquant que les Palestiniens ont toujours cherché à préserver le patrimoine culturel par tous les moyens de lutte, et ont réussi à préserver leur identité dans toutes les enceintes, malgré les calamités, les déplacements et l'appropriation de notre patrimoine.

Qaraqe a rappelé le regretté grand poète de Palestine, Mahmoud Darwish, et a déclaré : « Le regretté a laissé un héritage poétique et en prose qui a constitué un modèle unique dans la culture palestinienne et arabe, à travers lequel il a dépeint la cause, la patrie, l'identité et la révolution, et l'a transmis au monde.

Le directeur de la Bibliothèque nationale palestinienne a évoqué des piliers de la culture palestinienne, qui ont enrichi le patrimoine culturel et civilisationnel et mis à profit leurs connaissances et leurs outils créatifs pour défendre la terre, notamment : Ghassan Kanafani, Majid Abu Sharar, Rashid Hussein, Moin Bseiso, Noah Ibrahim, Tawfiq Ziyad , Samih Al-Qasim, Abdul Karim Al-Karmi et Abdul Rahim Mahmoud, Ibrahim et Fadwa Touqan. (F.N)

Mais aujourd'hui en 2026, après les destructions massives subies depuis 3 ans,  qu'en est il vraiment :

En 2026, la sauvegarde du tatreez (la broderie traditionnelle palestinienne à points de croix) est devenue un enjeu majeur de résistance culturelle et de mémoire collective, particulièrement exacerbé par les destructions massives du patrimoine matériel à Gaza et les tensions en Cisjordanie. Inscrit depuis 2021 sur la liste du Patrimoine culturel immatériel de l'humanité de l'UNESCO, le tatreez connaît aujourd'hui une mobilisation internationale sans précédent pour sa préservation et sa transmission. 

La situation actuelle s'articule autour de trois dynamiques principales :

1. Des initiatives d'archivage d'urgence face aux destructions
Avec la perte de nombreux musées (comme la destruction du musée de Rafah), d'ateliers et de pièces historiques dans les territoires palestiniens, l'accent est mis sur la documentation numérique et la reconstruction. 

Des chercheuses, des artisanes et des collectifs répertorient d'urgence les motifs régionaux spécifiques (comme le motif du cyprès de Gaza, les motifs d'oranges de Jaffa ou les vignes d'Hébron).

Des projets collectifs majeurs voient le jour, à l'image du Gaza Genocide Tapestry (composé de 100 panneaux en tatreez brodés à la main), visant à documenter l'histoire récente à travers le fil et l'aiguille. 

2. Une forte résonance internationale dans les musées et événements mondiaux
L'année 2026 est marquée par une visibilité internationale accrue, faisant sortir le tatreez des frontières locales pour en faire un langage de solidarité mondiale : plusieurs expositions de prestige sont prévues : 
  • L'exposition Al'Qala : Threads of History s'est tenue au printemps 2026 à la Real Fábrica de Tapices de Madrid, mettant en valeur des pièces historiques des XIXe et XXe siècles prêtées par le centre Tiraz en Jordanie. 
  • À l'automne 2026, le Textile Museum du Canada propose l'exposition Retracing Tatreez (septembre 2026 – mai 2027)
  • Biennales d'art : L'art de la broderie palestinienne est également exposé dans le cadre d'événements majeurs comme la Biennale d'art de Venise 2026 (Exposition Gaza - No Words au Palazzo Mora)
3. La transmission communautaire et la diaspora comme remparts
Face à l'impossibilité de pratiquer librement dans certaines zones dévastées, les cercles de broderie se multiplient au sein de la diaspora et dans les camps de réfugiés. Des initiatives comme le projet culturel SAMARKAND à Bethléem ou des ateliers réguliers organisés par des collectifs à Madrid, Londres, Oxford ou Washington permettent aux femmes (et de plus en plus d'hommes) de perpétuer ce savoir-faire ancestral.

Le tatreez ne se limite plus en 2026 à un simple artisanat décoratif : il s'est transformé en une véritable archive vivante et politique, brandie par les Palestiniennes comme une preuve de leur identité, de leur attachement à la terre et de leur survie historique.

résumé de la situation fait par IA sur Google Chrome après consultation de plusieurs publications instagram, à la Biennale de Venise, auprès de l'Unesco...que je ne suis pas en mesure de faire moi-même.

Promenade dans une roseraie d'une élégante des années 20 , pour Claire

Je suis contente d'avoir trouvé une nouvelle manière d'utiliser la broderie anglaise très fine, en composant ce mail-art pour Claire, fan des tenues portées dans les années 20, avec cette élégante qui déambule avec ravissement dans une roseraie.

Ce n'est plus trop la saison des roses, mais on a eu si peu l'occasion d'aller voir de belles fleurs cet été tant nous étions confinés dans l'obscurité de nos appartements en surchauffe, qu'il est doux aujourd'hui d'imaginer si balader encore. 
Illustration d'"Une rose parmi les roses" publié sur la Gazette du Bon Ton
Chère Claire, j'espère que ce mail-art saura te plaire et que tu le recevras dans de bonnes conditions. Bonne continuation à toi.

2 octobre 2026

Des fleurs et de la douceur pour les résidents du Dispensaire psychoneurologique n° 2 de Lviv en Ukraine

En réponse à l'appel à mail-art international que j'avais relayé sur ce blog,  j'ai confectionné un mail-art textile qui, comme tous ceux qui seront reçus, sera distribué pour venir en aide aux résidents hospitalisés dans ce dispensaire de Lviv.

Nous avons nous encore la chance (pourvu que cela dure) de ne pas connaître les atrocités de la guerre, les sirènes, les alertes, les blessés, les morts, alors il m'importe de donner un peu de mon temps pour les aider à revivre après de tels épreuves, si l'art postal  peut y faire quelque chose.
photo trouvée sur Pinterest sans légende pour en préciser l'auteur
J'ai volontairement choisi une couleur douce et une scène bucolique tranquille, un peu vintage avec cette vieille chaise désaffectée et ce broc en métal servant de vase : j'aime cette scène pleine de poésie pour apporter de la douceur et de l'apaisement à ces personnes tellement traumatisées.

J'espère que ce mail-art textile leur parviendra sans encombre et qu'il leur apportera un peu de baume à l'âme. 

Parmi les fleurs du jardin, jolie scène de tendresse, pour Marie

Je n'ai pas souvent des nouvelles de Marie mais je la sais terriblement occupée et plus trop disponible pour l'art postal, c'est pourquoi je ne l'oublie pas alors que s'annonce prochainement son anniversaire.

Marie est également une grande amatrice de peinture, l'aquarelle en ce qui concerne sa pratique (quand elle en trouvait le temps)  mais je connais à peu près ses goûts. 

Aussi cette scène de tendresse entre mère et enfant (que je ne savais pas imputable à Gustave Klimt ) m'a semblé tout à fait en adéquation avec le tempérament de Marie et adaptée à ce qu'elle aime. 

Copie sur tissu d'une célèbre peinture de Gustav Klimt  : Mère et Enfant

Chère Marie, je te souhaite un très heureux anniversaire.

J'espère que ce  mail-art te parviendra en bon état (pas comme le précédent) et que tu seras en pleine forme lorsque tu le recevras. Les vacances approchent et le temps est encore doux, tu vas pouvoir en profiter un peu. 

Quelques plumes et un oiseau joli pour fêter l'anniversaire de Nadine

Je souhaitais absolument faire un petit envoi sympa pour fêter son anniversaire à Mamymail, toujours fidèle malgré les épreuves que la vie lui envoie, quand bien même je m'y suis prise en retard cette année. 

J'ai trouvé une très belle photo sur internet d'une bague ancienne magnifique, en or,  très travaillée, avec un bel oiseau que j'ai choisi de mettre en valeur avec quelques vraies plumes en complément. 

la copie de la photo provient d'un site de vente en ligne de bijoux :
cette bague est définie comme vintage en or en forme de colibri 
J'espère que ce mail-art saura quand même plaire à ma correspondante, je lui en souhaite une très bonne réception ainsi qu'encore un très heureux anniversaire. 

Des fleurs pour la paix, pour la Galerie Eulenspiegel de Bâle

Comment ne pas répondre à cet appel international lancé par la Galerie Eulenspiegel de Bâle pour leur adresser des fleurs pour la paix ?

Jamais le monde n'a été autant violent et  en déséquilibre comme aujourd'hui où des guerres où des conflits larvés éclatent ou perdurent comme au Moyen-Orient avec l'éternel conflit et même génocide entre Israël et la Palestine, les attaques au Liban, comme avec l'Iran aidé par les Houtis du Yémen en conflit avec tous les pays du Golfe et les USA ; la guerre prend aussi des tournures de génocide au Soudan où la famine est entretenue et les viols des femmes sont légion ; que dire encore des violences et les combats dans la République Démocratique du Congo tout cela pour spolier le peuple des richesses naturelles que son pays contient. Reste aussi bien sûr le conflit qui dure depuis 4 ans 1/2 entre les Russes qui ont attaqué l'Ukraine, et j'en passe encore et encore.

copie d'une photo sans légende vue sur Pinterest
Alors j'ai envie d'envoyer des brassées de fleurs pour la paix, même si je sais que c'est une utopie. Au moins pour un temps, j'aurai une pensée profonde et sincère pour tous ceux qui souffrent en ce monde, où l'injustice entre les pauvres et les riches s'accroit chaque jour plus densément, où la misère est entretenue pour permettre à une poignée de possédants de faire fi de la vie des autochtones. 

Que l'initiative de la Galerie Eulenspiegel de Bâle soit particulièrement suivie par les mail-artistes du monde entier. 

"Chabrot quotidien éloigne le médecin", pour Christophe et Christine

Cette année je n'ai pas eu l'opportunité de retrouver mes amis de Rencurel : alors, en dehors de tout appel de l'ami Christophe pour son M.I.A.P. que j'honorerai plus tard, j'ai eu envie de leur écrire une petite bafouille pour prendre et donner des nouvelles.

Je profite de l'occasion pour mettre en lumière ce monde paysan qui s'éteint, ces familles avec de toutes petites fermes et peu d'hectares à cultiver qui ont mis tout leur savoir-faire et tout leur temps à entrenir nos si beaux paysages et à produire ces produits dont on est fier d'exhiber les labels AOC, les fleurons du vrai monde agricole français. C'étaient de bons vrais produits, au cahier des charges exigeant, tirés de terres vierges de tout intrant et d'un cheptel sain qui trouvait sa nourriture librement en paissant dans les  prairies et les alpages ; le lait contenait une crème très riche, et les fromages qu'on en tirait étaient gouteux : rien à voir avec leur ersatz en lait thermisé, au goût formaté, sans odeur dont les rayons des super-marchés regorgent.

Le travail des paysans était éreintant à l'époque  mais maintenant qu'il y a des machines-outils performantes, est-on vraiment obligé de continuer à négliger les bienfaits d'une terre saine, et plantée de graines sans enrobage, reproductibles, afin  obtenir des produits adaptés au terroir, à consommer sur place, dans des circuits courts qui iraient beaucoup mieux à nous tous, pour notre santé en premier lieu? Quels intérêts a la population française à voir se perpétrer les propriétés immenses des agro-industriels qui concentrent toutes les aides de l'Europe et ne font que s'enrichir, sans permettre à tout un chacun de pouvoir se nourrir sainement? 

Autrefois,  nul besoin d'antibiotiques, ni de produits chimiques comme les stéroïdes pour faire "pousser plus vite" poulets, veaux, vaches, cochons, toutes ces tricheries permises pour faire du fric et abuser les consommateurs. Et je ne parle même pas ici des souffrances animales, avec les modifications génétiques, et les concentrations pour leur production, dans des cages, sans possiblité de bouger ni de voir la lumière du jour. 

Quel horrible monde avons-nous accepté depuis trois générations en nous coupant autant de la terre et de nos besoins essentiels? J'en suis écoeurée.

Alors, voici maintenant pour Christophe et Christine l'histoire de la soupe chabrot. Un dicton célèbre dans le Périgord affirme ncore que "Chabrot quotidien éloigne le médecin"

Timbre magnifique d'après une photo de  Raymond Depardon sur le monde paysan
Fond de dentelle en partant d'un très vieux rideau
Image trouvée sur le site de  FR3 Aquitaine Dordogne  

LA SOUPE CHABROT

Faire "Chabrot" (ou chabrol)  c'est mettre du vin dans la soupe le plus souvent c'est dans le bouillon de pot-au-feu mais dans les temps quand les enfants et les femmes mettaient le lait dans la soupe au pain les hommes eux y mettaient du vin.

Cette pratique était autrefois très courante et se pratique aujourd’hui encore notamment chez les personnes âgées dans les campagnes.

L’origine du mot « chabrot » serait tiré de l’occitan de l’ouest signifiant « chevreau ». Certains pensent que c’est parce que les chèvres aspirent les liquides plus qu’elles ne les lapent. Faire chabrot signifierait donc, peut être, « boire comme une chèvre », mais malheureusement, les explications concernant le lien entre cette pratique et le chevreau restent très vagues.

Le mélange de soupe avec du vin se fait selon des proportions qui sont propres à chacun. Mais il était établi qu’une seule règle qui voulait que l’on versât du vin jusqu’à ce que la cuillère posée au fond de l’assiette fut cachée. C'est un usage qui perdure encore dans notre Auvergne, surtout chez les anciens. Faire chabrot est aujourd'hui considéré comme un geste vieilli et campagnard, mais peut, dans certaines occasions, se faire dans tous les milieux, dans un esprit de connivence et de convivialité.

En ce qui me concerne il m'arrive de mettre du vin dans mon bouillon de Pot au feu quand celui ci bout avant de mettre mes pâtes à potage.

Chaque matin, il faisait chabrot, vidait une chopine de rouge sur le bouillon, dans son écuelle. Rien de tel pour reprendre vigueur (Pourrat, Gaspard des Montagnes,La Tour du Levant, 1931, p. 172).            Source :https://www.cpauvergne.com/2013/11/auvergne-des-traditions-faire-chabrot.html