24 janvier 2026

Mon blog d'art postal fête ses 10 ans : merci à vous tous!


Oui, le 25 janvier 2016 est bien la date de l'acte de naissance de ce blog  même si j'avais démarré l'art postal quelques années plus tôt, au sein d'un groupe de couture spécialisé dans le patchwork!  Cela vous étonne? Pourtant ce n'est pas si étrange que cela, car c'est là que j'ai découvert l'art postal textile

Inscrite plus tard sur un forum d'art postal, je me suis lancée dans la blogosphère sur le conseil d'une amie mailartiste, essentiellement pour permettre à ma maman septuagénaire de visualiser ce que je réalisais -à sa demande-, mais aussi bien sûr pour garder la trace de tous nos échanges.   

Je n'imaginais pas que l'art postal textile occuperait une telle place dans ma vie ni que je me prendrai autant au jeu dans la tenue de ce blog mais voilà pourtant dix années complètes que cela dure. Au fil du temps et de la qualité des liens qui se sont noués avec beaucoup de mes correspondants, j'ai pris aussi beaucoup de plaisir à rédiger des articles autour des thèmes évoqués dans les mail-art envoyés et reçus, souhaitant partager ainsi avec vous mes découvertes. 

Pour les fidèles de ce blog, vous avez pu remarquer qu'après la crise du Covid, je me suis autorisée à y relater de temps à autre mes humeurs, mes coups de coeur et mes coups de gueule, m'appuyant en cela sur de l'humour, de la poésie, des podcast, des paroles de chansons ou des thèmes de films -voire des spectacles vivants auxquels j'ai eu la chance d'assister-. Certes, cela n'a pas de lien direct avec l'art postal textile, mais comme je ne suis pas un "bisounours", j'ai décidé d'assumer les émotions qui me traversent ; elles permettent une meilleure compréhension de la personne que je suis, avec ses contradictions, ses convictions et ses doutes.  Peut-être éclairent-elles davantage les thèmes que je choisis d'illustrer dans mon mail-art en série (le mail-art individuel étant plutôt ciblé sur les goûts de mon correspondant) ou de recevoir lors de mes appels permanents à mail-art.

10 années cela représente quelques :
1 702 mail-art reçus et 2 668 mail-art envoyés
4 794 articles publiés et 1 216 commentaires
± 53 correspondants actifs, dont certains présents depuis le début de l'aventure
20 abonnés
337 755 vues dans plus de 84 pays à travers le monde : 
la France, bien sûr, en tête, suivie des USA, Singapour et Hong-Kong

Aussi, permettez-moi, avec beaucoup d'émotion, de vous adresser à tous un très grand merci, pour m'avoir accompagnée et suivie depuis tout ce temps.

Cependant, même si je ne m'en lasse pas, je sens bien que je n'ai plus autant la pêche qu'aux premiers jours : si vous n'en avez pas idée, sachez que la manière dont je pratique le mail-art textile est terriblement chronophage, surtout que j'y rajoute la rédaction d'articles sur ce blog. En dehors des séries, je peux rarement créer plus d'un mail-art par jour et en cas de broderie, cela peut aller jusqu'à 4 jours. Tout ce que j'envoie est très rarement fortuit : je me documente car je cherche comment faire plaisir à chacun de mes correspondants en allant vers ce que je sais de leurs centres d'intérêt. Sinon, il m'arrive aussi de puiser dans une veine artistique que je viens de découvrir, que j'ai envie de vous faire connaître et de partager avec vous.

Boucler cette décennie m'a donné à réfléchir : je ressens le besoin de profiter des années qu'il me reste avec des mains encore alertes pour explorer d'autres techniques et pour prendre le temps de les expérimenter. 

Si j'aime nourrir le lien qui me rattache à vous d'une manière sincère (ces échanges étant pour moi une véritable arthérapie) j'y mets souvent trop d'énergie, ce qui finit par me fatiguer. Devant les réponses à fournir que je n'aime pas voir s'entasser, je me sens quelquefois comme le hamster qui sans arrêt fait tourner sa roue, jusqu'à, certaines fois ternir ma joie de mailarter.

L'an passé,  j'ai eu plusieurs soucis de santé qui ont ralenti et amoindri temporairement mes facultés créatrices, surtout au niveau de la broderie. Cela a été une sorte d'alerteur pour moi où j'ai pris conscience que je ne pourrai plus continuer sur le même rythme.

Aussi à partir de 2026,  en cette date anniversaire,  j'ai pris comme résolution d'en faire moins et surtout d'une manière plus apaisée, probablement aussi en restreignant le nombre de mes correspondants.  

Malgré tout,  j'espère que  l'aventure de ce blog va pouvoir continuer quelques belles années encore!

A présent, chers amis de l'art postal, je vous propose de partager virtuellement ce gâteau d'anniversaire et de lever mon verre avec ces quelques bulles pour trinquer avec vous au plaisir de la correspondance artistique (tant que la Poste française nous le permettra!)

A bientôt : rendez-vous dans vos commentaires et/ou dans vos boites à lettres.

23 janvier 2026

Les voeux questionnants de Daniella pour l'année 2026

Dans la boite aux lettres ce jour, j'ai aussi trouvé une carte originale pour les bons voeux de Daniella. 

Pour la réaliser, Daniella a exploité une photo particulièrement éloquente : "Y a quelqu'un ?" qui lui semble tout à fait poser la bonne question concernant la gouvernance actuelle de notre pays ... tout part tellement à vau l'eau, qu'on se demande s'il y a encore un pilote dans l'avion, ou un capitaine pour tenir le gouvernail de notre bateau qui prend de plus en plus l'eau.

Comme toi Daniella, je me fais beaucoup de souci avec tout ce qui se passe actuellement et pas seulement à l'intérieur de nos frontières, c'est le monde entier qui va mal, à la merci des trois chefs d'état les plus puissants du monde, prêts à tout pour prendre le pouvoir ultime, au mépris de toutes les conventions de droit et de toutes les organisations internationales censer protéger a minima les états souverains et leurs peuples.

D'où pourra venir notre salut?  Quelle providentielle personnalité sera capable de ramener le gouvernail vers le cap à tenir ?  Je n'ai pas la réponse à ces questions mais je veux continuer de regarder le soleil et vers le haut, pleine d'espoir pour que la raison finisse par l'emporter.

Merci Daniella, tiens-bon, toi aussi : ne nous croyons pas battues d'avance  et continuer à résister, autant que nous le pouvons.  

Les voeux d'Eric et son hommage à Ambroise Croizat, le père de notre Sécurité Sociale

Avec style bien à lui et le type d'enveloppe caractéristique qui le définissent, pas difficile de deviner qu'Eric Bensidon est l'expéditeur de cette nouvelle enveloppe.

En plus de m'apporter ses bons voeux, Eric tient à rendre hommage à un homme dont l'action fut capitale dans les avancées sociales d'après-guerre et pourtant il est quasiment un inconnu pour la plupart des gens à notre époque.
Ambroize Croizat était appelé par les français le 'Ministre des Travailleurs' 
Antimilitariste notoiren  Ambroise Croizat aurait certainement approuvé le mantra d'Eric
selon lequel les armées détruisent notre planète.
Merci, merci, Eric de tes bons voeux et aussi de tes abondants courriers, tous en rapport avec des thèmes qui me sont chers. Simplement, tu es tellement prolixe que j'ai beaucoup de mal à suivre ton rythme de production...et que je vais forcément te faire attendre pour une réponse.

***
Ambroise Croizat  (1901 -1951)

Qui était Ambroise Croizat ? 

À l’heure où la régression sociale est planifiée par le gouvernement, retour sur l’homme qui a créé le système de Sécurité sociale (dont les retraites) en France.

On croise son nom tous les jours dans la rue. Une avenue, une place ou un bâtiment public s’appellent Ambroise-Croizat, à Saint-Étienne-du-Rouvray et ailleurs, surtout dans les municipalités qui ont été ou sont encore communistes. Le 17 février 1951, une foule immense (on parle d’un million de personnes, comme dans une manif réussie) descend dans la rue pour accompagner son cortège funéraire jusqu’au cimetière du Père-Lachaise. C’est un héros du peuple, l’homme qui au sortir de la Seconde Guerre mondiale, devenu ministre, s’est battu pour inventer et instituer le système de Sécurité sociale moderne.

Ambroise Croizat fut surnommé le « ministre des travailleurs ». Sa biographie en bref : né en 1901 en Savoie, il est issu d’une famille d’ouvriers de la métallurgie et suit les traces de son père qui, en 1906, avait lancé une grève pour l’obtention d’une protection sociale. Il commence à travailler à l’âge de 13 ans, devient militant syndical puis député du Parti communiste à l’époque du Front populaire. Arrêté et emprisonné pendant la Seconde Guerre mondiale, Ambroise Croizat rejoint le gouvernement à la Libération, au poste de ministre du Travail entre novembre 1945 et mai 1947.

Avec son équipe et l’appui des organisations ouvrières, il met en oeuvre quelques-unes des plus importants acquis sociaux du XXe siècle : la Sécu, la médecine du travail, les allocations familiales, les comités d’entreprise, la formation professionnelle et bien sûr le système de retraites solidaires par répartition. Mais plutôt que d’acquis, Ambroise Croizat préférait que l’on parle de « conquis sociaux », parce que le combat fut rude et que rien n’est jamais gagné.

« L’invention sociale »
Après sa mort en 1951, le nom et le rôle d’Ambroise Croizat sont tombés dans un trou noir aussi opaque et injuste que celui de la Sécu. Les militants de gauche connaissent son importance, mais le « grand public » ne sait rien, faute d’information. Il faut attendre 2011 pour que son nom apparaisse dans le dictionnaire (cet ancêtre en papier de Wikipédia qui permettait aussi de se muscler les bras, pour les plus jeunes). À l’École nationale supérieure de Sécurité sociale de Saint-Étienne (dans la Loire, pas du Rouvray), on préfère mettre en avant Pierre Laroque, le haut fonctionnaire qui travaillait avec le ministre Croizat. L’histoire est écrite par les puissants, ceux qui ont le pouvoir, tiennent à le garder et cherchent à le reprendre. Ils ont du mal avec cet épisode de l’histoire où un homme venu de la classe ouvrière, affilié au Parti communiste et à la CGT, est devenu ministre et s’est illustré pour le bien commun et le service public.

« Croizat, c’est une fracture complète, c’est l’invention sociale », explique Michel Étievent, biographe de Croizat, dans le film La Sociale. «Il laisse un héritage considérable.» Cet héritage que les gouvernements libéraux cherchent à nier et liquider depuis une trentaine d’années à coups de réformes, pour mieux confier la politique publique et la protection sociale au secteur privé et aux logiques d’équilibre financier. La réforme des retraites proposée par le gouvernement Macron, profondément réactionnaire (un retour en arrière) et anti-sociale, est une nouvelle atteinte à l’héritage d’Ambroise Croizat, et pas la moindre.

Une longue histoire
Avant l’ère industrielle, seule une minorité de travailleurs bénéficie d’un système de retraite, comme les marins (dès le XVIIe siècle) et les militaires. Au fil du XIXe siècle, alors que l’industrie a besoin de bras, des mesures sont créées dans certaines branches par les employeurs, les organisations ouvrières et l’État. Mais il faudra vraiment attendre 1945 pour que soient posées les bases du système actuel : régime général et retraites par répartition. 
Source : article paru le 17 février 2023 dans une le Stéphanais n°303 une publication de la ville de Saint Etienne du Rouvray.

Depuis, les réformes se suivent…mais hélas ne vont pas dans le bon sens, tant cette avancée sociale contrarie tous les tenants du grand capital!
Vidéo publiée sur la chaine youtube de France3 : Ambroise Croizat, le batisseur de la Sécu
Ambroise Croizat, le batisseur de la Sécu

22 janvier 2026

Composition végétale haute en couleurs, de Patricia

Voici la quatrième et dernière missive reçue ce jour : si j'ai gardé celle-ci pour la fin, c'est pour me régaler plus longtemps du festival des couleurs de sa palette que  Patricia a utilisées pour m'offrir un vrai feu d'artifice sur et dans son enveloppe. 
 

Merci Patricia, pour ces touches de couleurs vibrionnantes, vivifiantes,  merci pour tes voeux magnifiques pleins de sagesse, et pour ton hymne à la VIE, plein d'espoir.

Déclinaison de bleus, pour un totem très généreux, de Jean-François

Pas de doute sur l'expéditeur de cette missive! C'est l'artiste Jean-François Rieux qui répond à mes voeux, à coup sûr.

Sur l'enveloppe, en plein centre, et en trois nuances de bleu, un nouveau totem : j'imagine ici une grande prêtresse si généreuse qu'elle ouvre largement ses bras et offre ses mains et son regard à toute l'humanité 

J'adore le courrier que je reçois de Jean-François, représentant toujours des figures symbolico-tribales, qu'il dessine avec finesse et talent généralement au bic bleu, plus rarement en couleurs. Il appelle cela ses "gribouillages", il est bien trop modeste. J'ai la chance de pouvoir échanger avec lui depuis que je l'ai rencontré en mars 2022 au dernier Festival du Mail-Art organisé par l'Ancienne version de l'Association Une Vie un Arbre. C'est un grand artiste et je suis très honorée de recevoir ses dessins. 

Merci Jean-François de tes bons voeux, je suis charmée et te remercie pour ce nouveau totem. 

Flocage et neige, pour les bons voeux de Fabienne

En blanc sur blanc, pas facile de bien vous montrer les dessins et les reliefs de cette carte de voeux floquée par les soins de Fabienne, pour qui la gravure et l'estampe sont des activités artisitiques récurrentes où elle excelle. 
J'imagine que cette fois-ci c'est le climat et les conditions météo rencontrés lors d'un récent voyage au Canada qui l'ont influencée, avec des séquences alternant chute de flocons très dense, et a-plats lorque le manteau neigeux bien lisse recouvre tout. 

Merci beaucoup Fabienne pour cette carte de voeux, comme toujours fort originale. 

Triptyque gagnant pour les bons voeux 2026 de Pascale

Un poisson, un bateau et une référence à la mer : pas de doute, cela ne peut me venir que des environs de Boulogne sur Mer!

Je reconnais bien là le support et les thèmes traditionnels si caractéristiques du mail-art de Pascalou, qui, s'il elle ne pratique plus depuis un bon moment, n'en oublie pas pour autant une ancienne correspondante et fait l'effort de lui donner une réponse en art postal pour lui adresser à son tour ses bons voeux.
Merci beaucoup Pascalou, tu aurais simplement pu répondre à mes voeux par un e-mail, cela n'a pas été ton choix aussi je te remercie beaucoup de t'être remise à l'ouvrage à mon seul profit. 

21 janvier 2026

D193 - Deux P'tits loups m'apportent les bons voeux de Michèle

Waouh! Quelle jolie réponse à ma carte de voeux lupine!

Michèle a choisi l'effet boomerang, pour illustrer sa jolie carte de voeux aux tons très hivernaux  avec un couple de doudous en forme de "P'tit Loup" suivant le modèle du héros des histoires enfantines.

Je suis très touchée par les attentions qu'elle a pour moi avec le morceau de dentelle ancienne, le timbre sur l'ours polaire en difficulté sur la banquise qui s'amoindrit, et le bleu glacé du fond. 

la photo des p'tits loups doudous a été publiée initialement sur le blog d'une couturière  

Merci infiniment pour tes bons voeux, Michèle, ils me font extrêmement plaisir. Je ne doute pas qu'en cette année nouvelle où tu vas pouvoir disposer librement de ton temps, tu vas trouver rapidement de quoi t'occuper et te distraire. 

19 janvier 2026

2026, année à marquer d'une pierre blanche? de la part d'Eric

Ce petit caillou glané sur l'Ile de Ré m'en envoyé par Eric dans une boite à camembert et a voyagé très rapidement jusqu'à Massy.   

Devenu tête d'une sirène grâce à son opulente chevelure d'algue fine,  il est chargé d'un fort symbole,  celui de faire de ce nouveau millésime une année exceptionnnelle, à marquer d'une pierre blanche.

On peut interpréter cela dans le sens que l'on veut selon qu'on est optimiste ou pas. Tout comme Eric, j'espère pour nous tous que ce sera bien une année exceptionnelle,  même si les premières semaines de 2026 nous laissent un peu dépités, il en reste une bonne cinquantaine d'autres pour rattraper le coup... et en faire une "bonne année". Gardons espoir.

Merci Eric pour tes bons voeux toujours présentés d'une manière qui n'appartient qu'à toi. J'ai maintenant un peu de ton île natale dans mes boites à trésors, je t'en remercie beaucoup.

T199 - La condition féminine dans les voeux de Cécile

Quel plaisir de recevoir un courrier de Cécile! Toujours engagée pour soutenir la cause féminine, j'y retrouve ce pourquoi elle s'est toujours battue, sur cette enveloppe bien colorée.

De la petite paysanne dans son champ, en passant par la villageoise active à tricoter,  puis la sportive déterminée  qui s'exprime en liberté sur un terrain de foot , nous arrivons à une représentation de femme moderne et libérée, qui colore ses cheveux, se pare de bijoux et se maquille, boit et fume : c'est une évolution vers plus d'autonomie, plus de liberté et plus de reconnaissance. Tout a peut-être démarré avec ces femmes courageuses qui ont initié une étape mal connue de la Révolution Française,  la marche des femmes en 1789, comme indiqué sur le timbre.  

S'il reste encore des progrès à faire, la condition féminine a évolué depuis la marche des femmes de 1789
 - mais elles ne le doivent qu'à elles-mêmes
J'aime aussi beaucoup la représentation très végétalisée de cette femme sur la carte, on dirait une Muse de la Nature, avec sa robe de mousse, magnifique!

Merci beaucoup Cécile de tes bons voeux  et merci également pour ton art postal toujours original et militant! Et ne t'inquiètes pas, il n'y a pas de retard... les voeux c'est quand on veut, on a tout le mois de janvier et même plus!

*** La marche des femmes en 1789 ***
Un peu d'histoire...

Le soulèvement parisien du 14 juillet 1789 avait signé la capitulation de la monarchie absolue devant l’Assemblée nationale. Depuis lors, le roi adopte une attitude de résistance passive : il refuse par exemple de promulguer la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. 
Avec le droit de veto et le projet d’un Sénat héréditaire sur le modèle de la Chambre des lords, il entend disputer le pouvoir àl’Assemblée. Les inquiétudes des révolutionnaires sont amplifiées par la disette qui sévit à Paris.
Le 5 octobre, des femmes du peuple se réunissent devant l’Hôtel de Ville et décident de marcher sur Versailles pour réclamer du pain au roi. Elles sont bientôt suivies par une foule plus masculine, ainsi que par la garde nationale entièrement acquise à la Révolution. En fin d’après-midi, Louis XVI promet aux femmes de faire livrer une grande quantité de farine dans la capitale. Dans la soirée, il se soumet aussi aux pressions politiques et ratifie les lois qu’il continuait à bloquer. La troisième revendication, celle de l’installation à Paris, est quant à elle repoussée à plus tard. 
Mais au petit matin du 6 octobre, des groupes envahissent le château de Versailles. Marie-Antoinette doit fuir en tenue légère dans la chambre de son époux. Devant cette démonstration de force, Louis XVI capitule.
Il paraît au balcon, avec sa femme et le dauphin, et dit : « Mes amis, j’irai à Paris. » Les acclamations retentissent, les députés votent immédiatement leur départ pour la capitale.Quelques heures plus tard, un cortège impressionnant de 30000 personnes prend la route, avec symboliquement, au centre, le carrosse royal, désormais prisonnier du peuple. Les femmes enthousiastes scandent : « Nous ramenons le boulanger, la boulangère et le petit mitron. » Le 6 octobre complète donc le 14 juillet. Désormais, le roi n’est plus en mesure de s’opposer à la marche en avant de la Révolution.
© La Poste – Jean-Yves Le Naour - Tous droits réservés

Qu'est ce que le "biais de notoriété" ? : la neurobiologiste Samah Karaki nous explique ce piège cognitif

Samah Karaki, née en 1984 à Dubaï, est une neurobiologiste et chercheuse franco-libanaise. Docteure en neurosciences (2011), elle vulgarise des sujets liés à ce domaine dans les médias.

Le "biais de notoriété" appelé aussi "effet de halo" ou "effet de contamination" est très couramment utilisé dans le marketing mais également en politique, comme vous allez pouvoir le constater. 
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Vidéo publiée sur la chaine Youtube de RadioNova

Dans sa chronique du 18 janvier dans La Dernière sur Radio Nova, Samah  nous éclaire scientifiquement sur la manière dont notre cerveau fonctionne et réagit à la masse d'informations qu'il reçoit. En voici la transcription écrite de son intervention au Théatre de l'Européen.

Alors voilà donc je vais vous parler d'un biais cognitif qu'on appelle « le biais de notoriété ».

Comment ça marche ? Dans une expérience menée à l'université de Yotborg, des participants observant des images strictement identiques. La seule différence tenait à l'étiquette. Certaines œuvres étaient attribuées à Rembrand  ou Picasso, d'autres à des artistes anonymes. Résultat, lorsque l'image était signée, le cerveau s'emballe. Les circuits de la récompense, de la mémoire contextuelle, de l'attention fusent dans tous les sens. Le plaisir esthétique ne venait pas de ce qui était vu, mais de ce de ce qui était cru. 

Même scénario avec Han van Meegeren, faussaire  génial  des années 30. Ces faux Vermeer furent admirés, expertisés, aimés jusqu'au jour où l'imposture fut révélée, les mêmes tableaux sont devenus soudain maladroits, lourds et gênants. Rien n'avait changé sur la toile. Tout avait changé dans la tête. C'est ça le biais de notoriété. 

Plus nous sommes exposés à une forme, plus elle nous paraît crédible, légitime et digne de confiance. Pourquoi ? Parce que dans un environnement culturel saturé, l'attention est une ressource rare. Trop de livres, trop de visages, trop d'opinions. Le cerveau panique un peu. Alors, il s'accroche à ce qu'il connaît déjà. Le familier devient confortable, le confortable devient vrai.

Attention, car ce biais fonctionne même lorsque le contenu nous déplaît. Une figure déjà connue inspire plus de crédibilité qu'une voix nouvelle, même si elle raconte n'importe quoi, mais avec aplomb.  La notoriété agit comme une autorité émotionnelle. Elle réduit l'effort cognitif. Le cerveau préfère alors le déjà vu à l'inédit, surtout quand l'inédit demande de réfléchir.

 Alors maintenant que ceux qui croient que la science n'est pas politique se sont endormis, je vais vous dire comment l'extrême droite utiliser ce biais pour gagner la bataille culturelle. Dans le haut des stands des rayons de la Fnac, des Relay de la gare, dans les recommandations de Cultura , sur les plateaux du journal de 20 heures, ce sont toujours les mêmes visages. Des figures d'autorité déjà consacrées, souvent réactionnaires, parfois ouvertement racistes, présentés comme des essayistes, des voix qui dérangent, ou formule magique, des auteurs à succès.

À force d'être là, ils deviennent des meubles cognitifs. On les écoute plus vraiment mais on les reconnaît. Et rappelez-vous ce que le cerveau reconnaît plus vite, il le juge plus vrai. Le mécanisme est simple, si un quelqu'un est invité partout c'est qu'il est important, et s'il est important c'est qu'il a de à dire, et s'il a des choses à dire, alors autant l'écouter. (cqfd neuronal).
Mais ce n'est que la première couche. La seconde est encore plus savoureuse. Si la notoriété fonctionne si bien, c'est qu'elle s'appuie sur le besoin du cerveau de voir du sens partout. Le cerveau adore croire qu'il ya quelqu'un derrière chaque signe, une volonté, une vision, une destinée. C'est pour ça que nous aimons croire que tout arrive pour une raison et que si vous avez croisé une personne dans la rue, c'est parce que vous avez pensé à elle la veille. Alors que souvent les choses arrivent sans raison, sans origine causale parce que c'est comme ça. Mais on cherche du sens car le hasard nous trouble.

Dans l'espace médiatique, ce biais est exploité à plein régime via les histoires que les figures d'autorité racontent sur elles-mêmes. Et là miracle, les politiciens se mettent à écrire des biographies. Jordan Bardella publie un livre, Marion Maréchal, Éric Zemmour, Matthéo Salvini, racontent qu'ils ont souffert, qu'ils ont douté, qu'ils ont échoué, qu'ils ont été incompris et qu’ils sont prêts aujourd'hui à tout casser.

C'est le storytelling entrepreneurial appliqué à la politique. L'échec devient une épreuve initiatique, la difficulté, une preuve de caractère, une validation cosmique. « Si j'ai réussi malgré tout, c'est que j'étais destiné à réussir. Et si je suis là aujourd'hui, c'est que j'ai quelque chose d'essentiel à dire au pays ». Le collectif disparaît, les structures sociales s'évaporent, reste un héros solitaire face à l'adversité.

Jobs, Musk, Bezos, Gates, Zemmour, Bardella, même recette, même moule narratif. Le système fabrique des figures d'autorité comme il fabrique des marques. Le problème, c'est que ces figures saturent notre espace perceptif. À force de les voir toujours partout expliquer comment ils ont souffert avant de triompher, on croit encore débattre d'idées alors qu'on ne fait que de s'habituer à des visages. Et le piège, c'est que pour le cerveau, le familier, c'est déjà à moitié vrai.

On ne se libère pas individuellement de ces biais. Le regard est calibré avant même que nous ayons un avis. Les figures d'autorité traversent nos perceptions, orientent nos émotions. Même quand on croit résister, on reconnaît. Et reconnaître, c'est déjà céder un peu. La réponse ne peut donc pas être seulement morale, elle est quantitative. Tant que les médias le permettent encore, il faut les inonder autrement. Il faut détourner notre attention, la contaminer d'autres figures collectives sans que ce soit des figures d'individus méritocrates.

Je pense aux paroles du vidéoaste Léo Lorini qui appelle à utiliser le contrepouvoir des réseaux sociaux pour propager d'autres récits, multiplier les voix, les analyses, les œuvres, rendre familier d'autres noms, d'autres pensées, d'autres histoires.

Je rajouterai aux espaces numériques, les espaces réels, les théâtres, les salles de spectacles, les cafés, les parcs, les rues où on peut créer du sens commun. Non pour produire de nouveaux héros, mais pour empêcher certaines figures de devenir des évidences.

Et la télé, on fait quoi de la télé ? Est-ce qu'on la jette ? Pas indispensable. On peut l'utiliser comme un miroir pour se coiffer, un tabouret. On peut criser et creuser au milieu, la vider et hop, vous avez un casque d'astronaute. Mais en vrai, chacun est libre de ce qu'il fait chez lui.

 Mais l'important, c'est de réaliser que ce que la culture répète, le cerveau consolide. 

Comme l’attention est un champ de bataille décisif, laisser toujours les mêmes la monopoliser, c'est déjà leur concéder une victoire.

Je remercie Samah Karaki de décrypter pour nous les mystères du cerveau humain , en mettant aussi l'accent sur la manière dont les connaissances en neurosciences sont exploitées par certains entrepreneurs ou politiciens, pour servir au mieux leurs intérêts en nous manipulant au maximum!
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Pour ceux qui sont intéressés à en savoir davantage, Samah Karaki sort prochainement le livre "Contre les figures d’autorité (Comment notre cerveau se laisse séduire par les auteurs, les génies, les héros, etc.)"

16 janvier 2026

T198 - Suivre Idéfix pour s'engoufrer dans l'année 2026, par Philippe

Il n'y a pas de doute, quand c'est un dessinateur qui vous écrit, cela se voit au premier coup d'oeil. Aujourd'hui, c'est bien Philippe qui m'adresse ses bons voeux (le papa de Fildefer, pour ceux qui connaissent) et cela me touche beaucoup. J'admire son talent.  

On voit immédiatement comment en deux coups de feutre, il vous pose une situation tout à fait explicite et raccord avec le timbre. Cette manière de croquer pourrait tout à fait  figurer dans de la bande dessinée mais je ne sais pas s'il pratique aussi cette discipline.


Je vois souvent passer ses petits personnages sur Instagram. Un grand merci à toi, Philippe, de me faire l'honneur de tes dessins, et de tes petits personnages, globuleux, hauts en couleurs : c'est tout plein de gaité et il nous faut bien cela pour tenir le cap, car dès les premiers jours,  2026 nous a déjà mis le coeur et la tête à l'envers. 

Des voeux 2026 en étoile, de la part de Michèle

Oh que voilà une manière bien originale et gaie de présenter ses voeux ! Et c'est Michèle de l'Isère qui a trouvé cette idée géniale.

Voici ce que je peux lire sur la première face, en tournant les branches de l'étoile : " Une étoile, symbole de lumière pour t'accompagner,  tout au long de l'année dans la joie et le respect de chacun, et que la nature soit notre alliée et pilier de nos ressourcements".

Sur la seconde face sont matérialisés par des icônes ses souhaits pour 2026, à savoir :  l'évasion (évocation d'un voyage avec les bulbes des églises moscovites), la protection (grâce à un totem bienveillant), la nature (la présence d'un cerf), la douceur de la musique (le chant d'un rouge-gorge) les couleurs et la joie avec la douceur du tissu.

Merci vraiment Michèle, pour cette belle attention, et bravo à toi d'avoir encore suffisamment de  créativité pour trouver une nouvelle manière originale de présenter tes voeux. 

Les bons voeux calligraphiés de Michel

Pour ceux qui ne s'en souviendraient plus, Michel est le calligraphe et enlumineur qui nous a tous sollicités l'an passé, pour le premier concours d'art postal qu'il organisait au sein de l'Association Rochefort Accueil.

Comme j'ai bien apprécié nos échanges de l'été passé et participer à son premier concours avec plusieurs envois, je lui avais adressé mes meilleurs voeux en lui demandant s'il recommencerai en 2026 l'expérience.


Et dans sa réponse, outre  ses meilleurs voeux présentés comme le fit Jacques Brel il y a déjà quelques années...

“Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques uns.
Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer et d’oublier ce qu’il faut oublier.
Je vous souhaite des passions. Je vous souhaite des silences.
Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil et des rires d’enfants.
Je vous souhaite de respecter les différences des autres, parce que le mérite et la valeur de chacun sont souvent à découvrir.
Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence et aux vertus négatives de notre époque.
Je vous souhaite enfin de ne jamais renoncer à la recherche, à l’aventure. à la vie, à l’amour, car la vie est une magnifique aventure et nul de raisonnable ne doit y renoncer sans livrer une rude bataille.
Je vous souhaite surtout d’être vous, fier de l’être et heureux, car le bonheur est notre destin véritable. “
Les vœux de Jacques BREL, 1er janvier 1968 (Europe 1)

dont je le remercie vivement, Michel me donne rendez-vous au prochain concours! Affaire à suivre, donc!

T197 - Le chat d'Agnès Varda, pour les voeux de Marc

Avec Marc, nous partageons l'amour des chats. Grosse différence néanmoins, Marc sait dessiner et peindre avec talent, ce qui n'est pas du tout mon cas. 

Aujourd'hui il vient me présenter ses voeux avec une enveloppe tout à fait bricolée maison : avec trois pages d'un vieux livre désuet de récup. il fait un grand format, en trois coups de feutre ;  il y dessine un bon gros matou, comme les aimait Agnès sur le timbre. Après un savant pliage et l'application d'un petit faux-timbre d'artiste à la gloire du chat, l'enveloppe est déjà prête à partir.



Bravo l'Artiste! Tu arrives à me surprendre toujours. Merci pour tes bons voeux et à de prochains échanges dans nos boîtes à lettres.